RIO SÂO FRANCISCO
autre chute, le nom de Casca d’Anta où « Écorce du Tapir », d'après un
arbre (drymis granatensis) à vertus médicinales. Le filet d'eau, grossi rapidement par de petits gaves latéraux, descend dans la vallée par une succession d'escadinhas où « gradins » et devient rivière, puis un fleuve où déjà des embarcations se hasardent entre deux rapides. Un premier grand affluent, venu de la droite, à gardé le nom de Parä, qui appartint jadis à tout le cours d’eau; ensuite le Säo Francisco se mêle à un autre rio beaucoup plus abondant, le Paraopeba ou « rivière Plate », qui recueille les eaux dans la partie sud-orientale de la vallée. Au confluent, les courants unis représentent une masse liquide dépassant déjà 200 mètres cubes à la seconde, et les crues d'hivernage élèvent le riveau fluvial de 8 à 12 mètres suivant les années : il en résulte la formation de nombreux marécages temporaires qui rendent le climat fort dangereux. C'est à la violence des fièvres locales qu’il faudrait attribuer la rareté des habitants riverains dans toute la vallée du haut rio Säo Francisco; même les pores souffrent de la fièvre après l’inondation.
Le rio das Velhas, — Guaicuhy ou « rivière des Vieilles », — le jumeau du Säo Francisco, prend son origine dans la région minière, au nœud de Queluz, ajoutant en moyenne plus de 200 mètres cubes d'eau par seconde aux 450 mètres cubes du courant majeur et en faisant une rivière plus puissante que la Garonne ou la Loire. Des ruisseaux souterrains, issus des cavernes de la roche calcaire, alimentent partiellement le rio das Velhas dans son cours supérieur. Des lagunes, appartenant au même système hydrographique, dorment dans les cavités des montagnes : telles sont la Lagôa Santa et les Sete Lagôas. Une de ces mares fameuses, dite Lagôa de Sumidouro parce que ses eaux se perdent dans les grottes, est un réservoir alternativement empli et desséché suivant les pluies et les sécheresses : des fissures naturelles, dites sangradouros, unissent au lit du rio le labyrinthe des cavernes, riche en débris préhistoriques. Plus égal dans son cours, moins coupé de cachoeiras et traversant une région beaucoup plus salubre et plus peuplée, le rio das Velhas est aussi, en attendant le prolongement prochain de la voie ferrée, plus utile au transport des denrées et des métaux que le Säo Francisco.
En aval du confluent, le fleuve coule dans un lit large et profond, portant en toute saison des embarcations d'un assez fort tonnage, mais surtout des a)6jos ou radeaux'. Il reçoit de puissants tributaires, également navigables dans la partie inférieure de leur cours : à l'ouest, le Paracatt
! Durand, Bulletin de ia Société de Géographie, 1874, NL.
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ou « rivière Blanche », l'Urucuia ou « Terre Fertile », le Carinhanha; à l’est, le rio Verde. Mais de tous les affluents le plus considérable porte le nom de rio Grande et rejoint le fleuve majeur à l'endroit où la vallée change de direction pour s'infléchir vers le nord-est. Le rio Grande, on le sait, est le courant qui, par son affluent le rio Preto, son sous-affluent le Sapäo, un lac de faite à double versant et le rio Somno, présente une ligne d'eau continue avec le Tocantins, et par conséquent avec l'Amazone!,
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