‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 123 sur 401 · MONTAGNES DE MINAS · texte numérisé non relu

MONTAGNES DE MINAS

cades. Le plus fameux de ces groupes est celui de Lagôa Santa ou

de la « Sainte Lagune », bien connu dans l'histoire géologique et préhislorique du Brésil. Ce pays calcaire est percé d'innombrables cavernes, les unes simples fissures, les autres vastes galeries, voûtes énormes, avenues lortueuses, se ramifiant en un dédale infini. Les croupes de

ces roches perforées en tous sens semblent montrer que les assises

furent d'abord brisées par quelque puissante pression latérale, et que les eaux évidèrent ensuite leurs lits souterrains. Des concrétions calcaires pendent aux voûtes des grottes et s'élèvent du sol en piliers. Des

couches argileuses, d'épaisseur diverses, recouvrent les fonds contenant des coquilles terrestres et fluviatiles, identiques avec les espèces con-

temporaines : c'est dans ces couches que l'on a trouvé des ossements en

quantités énormes, étudiés d'abord par Claussen, puis avec plus de succès encore par Luna.

La chaine Épinière, à l'orient de la vallée de Säo Francisco, se compose surtout de gneiss, passant en certains endroits au granit, au syénite, au micaschiste. Les croupes en sont partout bien arrondies, et même les masses coniques escarpées qui se dressent çà et là au-dessus des rangées présentent toujours un profil recourbé. Les roches cristallines qui les consituent sont d'une matière grenue avec de grands eristaux de feldspath,

très faciles à désagréger, et formant les couches arénacées et rougeàtres étendues en longues pentes au pied des hauteurs : cette couche décomposée, recouverte de sol végétal, présente en certains endroits 275 mètres d'épaisseur", Nulle part .on ne voit de dépôts sédimentaires au-dessus des amas de gravier produits par la désintégration des montagnes, restes

de saillies qui furent autrefois d'une hauteur prodigieuse, « dépassant probablement par leurs sommets les crêtes les plus élevées du monde

actuel”, » Les plateaux dans lesquels le Paranä et ses affluents ont érodé leurs vallées supérieures sont formés jusqu'à une profondeur considérable, mais non encore déterminée, par les fragments menuisés de l'antique * Himalaya brésilien; les plaines du Paraguay, du Gran Chaco, les pampas de l'Argentine, les banes de sable de l'estuaire platéen m'ont pas autre origine, Dans ce laboratoire, les roches ont changé de forme et de place :

de montagnes cristallines, elles sont devenues plaines stratifiées.

L'épaisse couche rougeûtre, mêlée de grains siliceux et de quartz en crislaux, qui recouvre presque tous les plateaux de l'intérieur, est assez

I, Charles Dent, A Year in Brasil.

? John Ball, Notes of a Naturalist in South America.

XIX

compacte pour ne pas se désagréger facilement sous l'action de Fair : toutefois les tourbillons de sable, l'un des fléaux de l'Afrique et de

l'Asie, ne sont pas inconnus dans cette région de l'Amérique : les trains

des voies ferrées passent dans une nuée de poussière. Le terrain, d’une

grande fertilité naturelle, se prête à toutes sortes de cultures et contient

en réserve d'immenses trésors agricoles, Le sol renferme aussi de la

poudre d'or en abondance, de mème que le minerai de fer et en certains endroits les diamants : on exploite surtout les mines revêtues de ranga,

: ; ; Fe w conglomérat moderne formé par les débris des montagnes et eimenté par des eaux ferrugineuses. On donne le nom de cascalho au gravier sous

lequel se découvre le diamant.

Le rio Säo Francisco, la grande artère de Minas Geraes et de Bahia, explorée surtout par Halfeld de 1852 à 1854, par Liais en 1862, était connu des aventuriers paulistas dans sa vallée supérieure avant qu'on sût où débouchait ce fleuve et s’il était bien le même cours d'eau déjà visité à son entrée et baptisé Säo Francisco en l'an 1501. Comme tant d'autres

courants fluviaux du Brésil, celui-ci était désigné sous le nom de Parä, « Fleuve » où « Mer ». Par son cours supérieur, il appartient encore

au versant amazonien, comme l'Araguaya et le Tocantins, car il commence à couler du sud au nord, parallèlement à ces deux fleuves, qui

de leur côté suivent la même direction que le Xingü, le Tapajoz, le Madeira, les puissants tributaires de l'Amazone. Mais, après avoir fourni

la moitié de son cours, le Säo Francisco, cessant de s'épancher vers le

nord, se reploie vers le nord-est, puis vers l'est, et, tombant des plateaux de l'intérieur par la superbe cataracte de Paulo Affonso, s'incline même vers le sud-est avant de s'unir à l'Océan. Dans l'ensemble de sa vallée, ,

le rio Säo Francisco développe une courbe très sensiblement parallèle à

"celle du littoral atlantique *.

La source à laquelle une convention de pure mnémotechnie conserve le

nom du fleuve jusqu'à son jaillissement de la roche, naît au sud-ouest du

bassin, dans liserra da Canastra : d'un cirque de murailles à pie, fissurées

au sommet, s'élance une colonne d'eau qui, dans la vasque d'en bas, bouil-

lonne en écume et se brise en vapeurs. C'est la cascade à laquelle Auguste de Saint-Hilaire a donné par erreur”, en la confondant avec une

1 Gorcceix, Revue de Géologie, 1874 et 1875.

? Emmanuel Liais, Hydrographie du haut rio San Francisco. 3 Orville À. Derby, Boletim da Sociedade de Geographia do Rio de Janeiro, 18Ko,

aut arb rap suc où grai jadis

rio recu les fluvi:

de n C'est habit pores Le du S; Quelu aux 4

puissa cavern dans hydrog Lagôa Sumid voir àl r'esses le laby son Co!

plus sa le prol denrées En à portant surtout

navigab

! Duran

de ins ane ent Ja ins TUE par

sous

hia, était sûl isité itres ar'à, Core comMqui , le urni rs le eaux

ème

llée,

de à

re le t du rées uilelle

une

Page 1