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mètres et demi —, mais il est obstrué de bancs et de vasières, et l’on ne peut se rendre qu'en barque à Säo Christoväo. Enfin, à l'extrémité sud de l’État s'ouvre un troisième estuaire, celui du rio Real, vers lequel convergent plusieurs cours d'eau, entre autres le Piauhy,
qui passe près de la ville d'Estaneia, un des principaux centres de culture dans la zone côtière.
Sur le littoral de Bahia, quelques ports se succèdent, visités par des caboteurs et des jangadas; mais le mouvement des étrangers tend à se concentrer en entier dans le havre, San Salvador de Bahin ou simplement Bahia, à l'entrée de la baie où mer intérieure de Todos os Santos. La ville, la deuxième du Brésil par le nombre des habitants, occupe l'extrémité du promontoire qui protège à l'est un golfe magnifique développant ses rivages à perte de vue, Le cap qui porte Bahia est la partie la plus élevée de l'immense pourtour et la haute ville domine de 40 à 50 mètres la rade, ses navires et les îles lointaines. En bas, les rues du commerce se prolongent parallèlement au rivage, dans l'étroit espace compris entre la mer et les escarpements de la colline. Une zone intermédiaire, où les rares constructions sont entou.ées de jardins, sépare les
deux villes de sa bande verte, et de toutes parts on voit s'élancer les
hampes des palmiers, s'arrondir les branchages touffus des manguiers, contrastant avec les clochers et les dèmes. De loin, les deux cités parallèles, qu'unissent des rampes, un ascenseur vertical, deux « plans inclinés » avec locomotives, et dont les rues se poursuivent à 6 et même à 8 kilomètres de la pointe, présentent un aspect imposant : la nuit, deux lignes parallèles de lumière indiquent la position des deux cités. Un jardin public de faible étendue sépare Bahia proprement dite du faubourg élégant de Victoria, qui s'étend au sud jusqu'aux collinettes du promontoire boisé et couronné d'églises. Le phare de San Antonio dresse sa haute colonne sur la dernière saillie du granit.
Bahia est l’une des vieilles cités du Brésil, quoique les Portugais n'aient pas fondé de colonie sur les bords de la baie aussitôt après sa découverte par Christoväo Jaques et Amerigo Vespueci : suivant les chroniques, un traitant, Diogo Alvares, connu par les indigènes sous le nom de Caramurü, s'y serait établi en l'année 1510; une vingtaine d'années plus tard, quelques colons vinrent le rejoindre, mais une ville ne surgit sur la colline du Salvador qu'en 1549, lorsque Thomé de Souza, gouverneur des capitaineries, y construisit sa résidence. Bahia, visitée régulièrement par les navires de l'Inde, qui venaient s'y ravitailler avant de se diriger vers le cap de Bonne-Espérance, garda son titre de capitale jusqu'en 1765, pendant plus de deux siècles, et resta longtemps sans rivale pour le nombre des habitants et l'importance commerciale en 1585, d'après une « information » du missionnaire jésuite Anchieta, près de la moitié des blanes domiciliés au Brésil, soit 12000 sur 25000,
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