VILLES RIVERAINES DU SÂO FRANCISCO
Dans la partie septentrionale de l'État, deux villes, éloignées du fleuve l'une et l'autre et situées dans une région de campos, sont devenues des centres de commerce importants pour l'exportation du bétail : à l'est, Montes Claros das Formigas, aux sources du rio Verde; à l'ouest, Paracati, l'ancienne Piracaté ou « rivière Poissonneuse », sur un affluent du rio de mème nom, près des frontières du Goyaz, Paracatü expédie des sucres et une eau-de-vie fameuse, extraite du jus de la canne, Les rochers de Montes Claros sont, comme ceux de Lagôa Santa, percés de cavernes nombreuses où l'on a trouvé les restes du mégalonyx et d'autres animaux d'une faune disparue.
Le port, encore bien peu fréquenté, de Guaicuhy garde le confluent du rio das Velhas et du rio Säo Francisco qui, en amont du saut de Pirapôra, vient de traverser la région diamantifère d'Abaëté, En aval, quelques villes s'échelonnent le long du fleuve. Januaria ou Salgado, la dernière qui se présente dans l'État de Minas, s'est développée d'une manière inattendue : c'est le centre le plus actif dans la région septentrionale. Dans l'État de Bahia, immédiatement en dedans de la frontière, se montre Carinhanha ; plus loin vient Bom Jesus de Lapa, dont le rocher calcaire, haut de #8 mètres, hérissé de cactus dans toutes ses fissures, est percé d'une profonde grotte « miraculeuse » transformée en église de pèlerinage : c'est le «saint des saints » de la région de Säo Francisco’. Urubü, la ville du « Vautour », située sur la rive droite du fleuve, en face du mont Pernambuco, s’entoure de cultures. Plus bas, au confluent du rio Grande, s'élève la métropole des régions occidentales de Bahia, la ville de Barra, entrepôt des denrées du fleuve moyen et point de départ des traitants qui se rendent dans la vallée du Parnahyba ou dans celle du Tocantins par le rio Preto. La serra do Assuruä, à l'est de Barra, possède des gisements aurifères exploités, et plus bas, sur la rive gauche du fleuve, Piläo Arcado fait un grand commerce de sel recueilli sur les rives argileuses du
Säo Francisco. Ses puissantes couches de sel gemme n'ont pas encore été allaquées par le mineur. La contrée que l'on traverse au delà et qui est riche en « pierres gravées » des âges préhistoriques, est moins peuplée de nos jours qu'au temps des missionnaires jésuites.
En amont des cataractes de Paulo Affonso, sur la rive droite, Joazeiro, ainsi nommée d'une espèce de zizyphus ou jujubier qui résiste aux plus grandes chaleurs, a été choisie comme terminus du chemin de fer qui du port de Bahia se dirige au nord-ouest vers le rio Säo Francisco. Déjà le
1 James W. Wells, ouvrage cité.
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commerce y est fort considérable et son port s'emplit d'embareations qui apportent du caoutchoue, des gommes, du minerai et viennent prendre le sel recueilli près de là sur les bords du rio Salitre, En face, à l'endroit où doit aboutir un jour le pont-viadue du fleuve, dans l'État de Pernambuco, se montre le village de Petrolina, où jaillissent en effet des sources de pétrole. Bôa Vista, autre station riveraine, deviendra, comme Joazeiro, un entrepôt fluvial en amont des escaliers de cataractes : une voie ferrée doit la rattacher à Pernambuco par Cabrob6, Aguas Bellas et Garanhuns, De ces divers projets pour le contournement des cataractes, un seul est achevé, le chemin de fer tracé sur le territoire de Pernambuco et d'Alagôas, entre le bourg de Jatobä et celui de Piranhas, tête de la navigation sur le bas Sûo Francisco.
En aval, le commerce à fait surgir deux villes très animées, Propria, dans l'État de Sergipe, et Penedo, dans celui d’Alagôas. Cette dernière ville, qui doit son nom, — le « Roc » — au massif de rochers sur lequel s'élèvent ses constructions, est l’une des anciennes colonies du Brésil : fondée en 1620, à cause de l'importance stratégique de sa position, elle fut capturée par les Hollandais, qui dressèrent un château fort, dont on voit quelques restes. Tous les navires qui franchissent la barre du Sûo Francisco remontent au port de Penedo pour y porter des marchandises européennes et y charger du coton, des peaux, du riz ou autres denrées. Piassabussü, l’avant-port de Penedo, situé également sur la rive gauche du fleuve, dans l'État d'Alagôas, au milieu de plantations de cannes, fabrique d'excellents tafias.
La population assez dense du Sergipe, le plus petit État et le « paradis
de l'Union brésilienne », se groupe dans la région que traverse la rivière du même nom, affluent du Cotinguiba : elle descend en grande partie des Tupinaes et Abacatuara, de race tupi', La capitale actuelle, Aracajt, située sur la rive méridionale de ce fleuve, à 12 kilomètres de l’'embouchure, fait un commerce très actif, quoique les navires calant plus de 2 mètres aient quelques dangers à courir en traversant la barre. Aracaji est le deuxième port du Brésil pour l'exportation des sucres*. Des embar- ‘ations à très faible tirant d’eau vont chercher le sucre, le coton, les eaux-de-vie dans les rivières d’amont, à Maroim, à Larangeiras, et des chemins de fer poussent dans l'intérieur, au nord, jusqu'à Capella, à l'ouest jusqu'à Simäo Diaz, futur centre de voies ferrées convergentes. Sûo
! Alfonso Lomonaco, Sulle razze indigene del Brasile. ? Sucre exporté d'Aracajü en 1892 : 188 660 sacs on 11 520 tonnes,
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PENEDO, ARACAIU. 287 Christoväo, l'ancien chef-lieu du territoire qui était alors la provinee de Sergipe, a moins d'avantages qu'Aracajt : l'estuaire du Vasa Barris, qui borde ses plages, communique avec la mer par une barre assez profonde,