C. Perron
Säo Paulo on donne le nom de serra do Mar ou « rangée Côtière ». Dans l'État de Rio de Janeiro elle perd cette appellation pour en prendre successivement plusieurs autres, selon les contrastes de hauteur, de direction t d'aspect. Parmi ces divers fragments de la chaîne du littoral, le plus fameux est celui qui se profile au nord-est de Rio de Janeiro, et que l’on désigne, d’une manière un peu exagérée, comme la serra dos Orgäos ou la « chaine des Orgues » d'après la forme de ses escarpements columnaires, peut-être aussi à cause des bandes alternées de lichens noirs et blancs que présentent les parois de rochers suintant l'humidité. Près de Therezopolis, une aiguille isolée, laissée debout par l'érosion des roches avoisinantes, a reçu le nom de « Doigt de Dieu » : en forme d’index, elle pointe vers le ciel. La cime la plus haute des Orgues, la Pedra Assû ou
« Grande Pierre » atteint 2252 mètres, d'après Glaziou. Au nord-est, là où la chaine se rapproche du bas Parahyÿba, qui se perce une ouverture à travers les monts, un morne isolé, le Frade de Macahé, s'élève à 1750 mètres, et dans la serra das Almas les trois pics de Matheus sont évalués à 1880 mètres. Une voie ferrée, de Nictheroy à Nova Friburgo, traverse l'arête des Orgues à 1096 mètres d'altitude,
La serra de Tinguä, qui continue les Orgues à l’ouest et dont le point culminant s'élève à 1690 mètres, contraste avec les montagnes voisines, formées de gneiss et de granit, par des roches d'origine volcanique, aux cratères oblitérés', À l'occident du Tinguä, un chemin de fer, que l'on considéra longtemps comme la merveille de l’industrie brésilienne, sousfranchit la serra do Mar par de fortes rampes et dix-huit tunnels, atteignant le faite à 412 mètres. Cependant des cols, moins élevés, entaillent la chaine plus à l'ouest, au-dessus des golfes d’Angra dos Reis et de Paraty, qui échancrent profondément le littoral. Plus loin, sur les fronüères de Säo Paulo, le massif presque isolé de la serra Bocaina élève ses hautes cimes (1500 mètres) en face du groupe superbe de l'Itatiaya, dont le sépare la vallée supérieure du Parahyba. Enfin, encore à l'extérieur de la chaine côtière, quelques étroits massifs se dressent brusquement au-dessus de la mer, îles dont les anciens détroits se sont asséchés : telles les cônes et les croupes qui entourent la baie de Rio de Janeiro. Le mont de la Tijuca, terminé par son « bec de Perroquet » (1025 mètres), où Agassiz croit avoir vu des traces d'action glaciaire, est la pointe suprême de ces massifs péninsulaires qui dominent l'entrée du port. Quelques îlots en pleine mer indiquent les affleurements des
crêtes marines parallèles à celles de la terre ferme. Le Parahyba ou Parahyba do Sul, la rivière qui coupe si nettement l'Etat dans le sens de sa longueur, nait à l'extrémité sud-orientale du Säo Paulo
de diverses sources très voisines de la mer. Le courant descend d’abord
au sud-ouest, en sens exactement inverse de la direction qu'il prend après
avoir échappé aux parois de rochers qui le resserrent. Gave interrompu de cataractes, il s'élance de roche en roche à la base de l'Ttatiaya, qui par son versant opposé lui envoie le rio Preto, coupé de cascades; il reçoit ensuite le Parahybuna ou la « rivière Noire », qui roule des paillettes d'or, puis, beaucoup moins incliné, il descend jusqu’à la gorge de Säo Fidelis, en amont de laquelle il se mêle au torrent des Dous Rios, formé par le rio Negro et le rio Grande. En entrant dans ce défilé, le Parahyba
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