HABITANTS DU LITTORAL, VILLES DU PARANYBA
arahyba et du Parahybuna. Barra do Pirahy et Entrerios ont pris une importance exceptionnelle comme points de diramation des voies ferrées; Barra do Pirahy est même une sorte de faubourg avancé de Rio sur les deux routes de Säo Paulo et des Minas, et possède les principaux ateliers de la voie : on y internait jadis les immigrants étrangers, pour les sousl'aire aux atteintes de la fièvre jaune.
D'autres villes ct bourgades, telles que Rio Claro, Vassouras, Valença, Cantagallo, sans être situées dans la vallée proprement dite, font partie de la même zone agricole et n'ont qu'une importance locale, tandis que Petropolis, Therezopolis et Nova Friburgo, quoique situées sur le versant du Parahyba, appartiennent à Rio de Janeiro, faubourgs avancés et sana- Loires dans l'air pur des montagnes. D'ailleurs, les sites occupés ne sont pas loujours ceux où des agglomérations urbaines seraient nées spontanément. La vallée jadis si féconde du Parahyÿba, qui pourrait alimenter une population considérable de petits cultivateurs, a été accaparée par quelques grands propriétaires, planteurs de cannes et de cafiers, qui ont désigné l'emplacement des marchés et dicté aux ingénieurs la direction des routes et chemins de fer'. Chose plus grave, leur mode de culture a détérioré la terre, et dans cette vallée du Parahyba que, par une ironie involontaire, les Mineiros continuent d'appeler la Matta ou la « Forêt », presque tous les bois sont abattus et les collines chauves s'élèvent au-dessus des maigres ‘ampagnes”?. Sûo Fidelis garde la sortie des gorges au-dessous du confluent des Dous Rios. Ce fut autrefois un village peuplé d'Indiens, Coroados et Puri. Ceux-ci, dont le nom, donné par leurs voisins, avait le sens de « Brigands », existaient encore en tribus au commencement du sièele : ils étonnaient par la petitesse de leur taille et leur physionomie mongole*.
La cité de Campos, qui borde la rive méridionale du Parahyba, à une soixantaine de kilomètres de l'Océan, dans le pays des anciens Ouataca ou Guaytacazes, ne doit point son existence au caprice : aussi a-t-elle pris un développement rapide. Située dans une plaine d'une extrème fécondité, à la tête de la navigation fluviale et en aval de tous les affluents, non loin d'un promontoire, le cabo Säo Thomé, qui est l’une des saillies majeures de la côte brésilienne, Campos occupe un lieu indiqué pour la naissance d’une grande ville; à s'élevèrent les entrepôts pour lapprovisionnement de la vallée et pour la réception des denrées, puis les planteurs y construisirent leurs palais, les ingénieurs y firent converger les
1 James Wells, Three Thousand miles through Brasil. * Americo Werneck, Problemas Fluminenses.
5 Maximilien de Wied-Nceuwied, ouvrage cité,
routes et les chemins de fer, et jetèrent un beau viaduc sur le fleuve, remplaçant l’ancienne barca-pendula. L'industrie locale, celle du sucre, est centralisée en quelques puissantes usines ou engenhos, appartenant les unes à des particuliers, les autres à des compagnies subventionnées par l’État, et broyant par année cinquante ou soixante mille tonnes de cannes. La plus importante, celle de Quissaman, possède une vaste étendue