ANCIENS HABITANTS DU LITTORAL
des y avait de ménages séparés. À chacun son hamac, le ‘ong du corridor s de commun : le vaste dortoir ressemblait à l'entrepont d’une galère. Ils nélis vivaient en paix : l'ami de l’un était l'ami de tous, et celui qui avait de n », quoi manger, si peu que ce fût, partageait avec ceux qui l'entouraient". ent Le mariage était strictement endogame et les Tamoyos épousaient de nnes droit leurs nièces, filles de frères ou de sœurs. D'après Gandavo, quelques dans femmes, dédaignant les occupations de leur sexe, s’habillaient, s'ornaient cette comme les hommes, portaient l’are et les flèches pour chasser avec eux ains de compagnie; chacune prenait à son service une autre Indienne, qu'elle s'en- disait sa femme. Lorsqu'un étranger se présentait dans un village, les m de jeunes filles se précipitaient au-devant de lui, échevelées et pleurantes, ‘aient faisant mine de s’apitoyer sur les fatigues et les souffrances qu'il avait le ce subies dans son voyage. Les épreuves d'endurance étaient fort en honneur urant chez les Tupinamba. Le chef, passant dans les cabanes, faisait aux gar- 1es el çons des entailles à la jambe avec une dent de poisson très aiguë, afin 10YOS. qu'ils apprissent à souffrir sans se plaindre et à mériter le nom d'hommes taient et de guerriers. Pendant les batailles, les combattants s’insultaient et se ai est criaient de camp à camp des malédictions : « Que tous les malheurs fonta, el dent sur toi! Aujourd'hui je te mangerai! » Et le vainqueur mangeait en , mots effet la chair du vaincu. Telle était la gloire attachée à cet exploit, qu'à partir de ce jour-là l’Indien changeait de nom et en donnait un autre à
hanes sa femme, d'oiseau, de poisson, de fleur ou de fruit”. ral, et Les Ouateca ou Goytacazes, les « Coureurs », dont le nom s'applique laude encore aux régions basses, « Campos dos Goytacazes », que parcourt le pe de Parahyba à la sortie des montagnes, n'appartenaient point à la race tupi u, en et vivaient à part; c'étaient des Tapuyas, frères des Aimores*, et constitudos, tuant une sorte d’enclave au milieu des populations d’origine différente. u du Ennemis de tous leurs voisins et mème se disputant entre eux, les Oua-
peu à leca, vrais « diablotins » dit Jean de Léry, étaient les plus sauvages de tous les Indiens du littoral et la frayeur qu'ils inspiraient les faisait apparaître d’une taille gigantesque et d’une force extraordinaire. Habitant un pays tout autre que celui des autres Indiens, ils contrastaient aussi avec eux par les habitudes. Au milieu de leurs plaines rases, ils combattaient à découvert ; les lacs, les étangs, les rivières en avaient fait des êtres à demi amphibies, se jetant à l’eau et plongeant comme des loutres; leurs huttes, perchées sur un pieu au-dessus de la terre fangeuse, ressemblaient à
bois ; rista}, artifiesque
teux, ndes qu'il 1 Magalhanes de Gandavo, Histoire de la province de Santa-Crus, collection Henri Ternaux.
# Hans Staden : Description d'un pays habité par des hommes sauvages, collection Ternaux. 5 Gandavo, ouvrage cité.
certains colombiers; pour les pointes de leurs armes, ils employaient les dents aiguës du requin. Près de leurs campements, ils amoncelaient en ilots les ossements des ennemis vaincus. Pendant près d'un sièele ils résistèrent à toutes les attaques des Portugais; mais, en 1650, ils durent enfin céder, Plusieurs périrent dans la lutte, d’autres se laissèrent parquer dans une colonie agricole, et les plus heureux s'enfuirent dans les forèts, sur les confins de Minas Geraes. Quittant les libres savanes pour les fourrés épais, ils coupèrent leurs longues chevelures et se rasèrent au sommet de la tête; d’où le nom de Coroados ou « Couronnés » que leur donnèrent les Portugais comme à tant d'autres tribus indiennes qui se coiffent de la même manière’.
Si l'élément aborigène, très mélangé, ne se retrouve maintenant qu'en
de rares endroits du littoral et des forêts dans la population de l'État et du
district où s'est bâtie la capitale, l'Ancien Monde s'y voit représenté par des Africains et les émigrants de toutes les contrées européennes. En aucune pitie du Brésil la race n'est plus cosmopolite dans ses origines, et le grand mouvement d'affaires que la capitale entretient avec les pays d'outre-mer lui donne dans l'ensemble de la République un caractère presque etranger; en outre, quelques colonies fondées à l'intérieur par des immigrants venus d'Allemagne et de Suisse ont encore un reste de leur physionomie européenne.
Telle est l'importance de la cité prépondérante en comparaison des autres agglomérations du district et de l'État, que celles-ci peuvent être considérées comme de simples dépendances de Rio, à l'exception des villes qui se succèdent dans le fond de la vallée du Parahyba et qu'un rempart de hautes montagnes sépare de la baie. Lieux de marchés locaux pour l'approvisionnement des caféteries environnantes, elles doivent leur prospérité à la récolte brésilienne par excellence : chaque hausse, chaque baisse du café, se révèle aussitôt dans leur aspect. Elles se succèdent nombreuses le long du fleuve : Rezende, que commandent les massifs les plus élevés de la Mantiqueira; Barra Mansa, où les rapides sont assez faciles à franchir, ainsi que l'indique le nom mème de la localité; Barra do Pirahy, à la bouche de la rivière du même nom; Parahyba do Sul, désignée d'après le fleuve qui en lave la berge; Entrerios, au confluent du
* Anchieta; — Max. de Wied-Neuwied, ouvrage cité; — Auguste de Saint-Hilaire, Voyage dans le district des Diamants.
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