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mais en détruisant l'équilibre naturel entre les sexes, car dans le municipe de Rio le nombre des hommes dépasse celui des femmes d'au moins soixante mille. Les Italiens, les Portugais constituent le gros de l’immi-
gration des hommes de peine et petits trafiquants, tandis que les pro- NIX,
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fessions libérales sont représentées principalement par des Anglais et Américains du Nord, des Français, des Allemands, des Suisses. Tel est le caractère cosmopolite de l'immigration, que chaque bateau d'Europe amène un ou deux « Turcs », marchands maronites, qui s’adonnent au commerce des étoffes, et par leur habileté au négoce, leur intime solidarité, arrivent à détenir une part notable du colportage et du commerce de détail à Rio et sur les plateaux.
Les habitants de la capitale sont d’origine trop diverse et, en majorité, de race trop mêlée pour qu'on puisse les considérer comme les vrais représentants de la nation brésilienne. Les mœurs se modèlent sur celles de toutes les grandes villes et les types sont en général assez effacés. En quelques districts bas, notamment au nord, dans les fonds marécageux qui séparent Sûäo Christoväo de la cité proprement dite, et au sud, dans le voisinage de la lagune Rodrigues de Freitas, règnent les fièvres paludéennes, dont on remarque les effets sur les figures hâves, aux yeux ardents, aux traits étirés. La mortalité des enfants est très considérable, et chaque année la tuberculose fait des milliers de victimes. On sait que, depuis 1849, Rio de Janeiro est aussi visitée fréquemment pendant les mois d'été et quelquefois même en hiver par la fièvre jaune et que la terrible maladie y a fait d’épouvantables ravages, surtout dans le quartier du commerce, désigné par une ironie inconsciente sous le nom de Saüde ou « Santé » ; elle serait même devenue endémique". Pour échapper au fléau, ceux auxquels leur fortune et leurs occupations le permettent vont s'établir dans les faubourgs salubres, sur les promontoires élevés, ou même dans quelque ville de plaisance de la montagne, Petropolis ou Nova Friburgo, au-dessus de la zone d'altitude que ne dépasse pas le redoutable microbe. Évidemment le meilleur moyen de combattre la maladie serait de nettoyer les rues, dont le système d’égouts est très incomplet, et qui mème en certains endroits sont dépavées, coupées de fondrières; mais le budget municipal n’est pas toujours employé aux choses les plus utiles, ct l'on craint de remuer le sol de la ville basse, d’où s’échappent des cxhalaisons dangereuses. Un canal nauséabond, creusé en 1858 pour dessécher des terrains marécageux à l’ouest de la gare centrale, reste ouvert à l'air libre, empestant le quartier par ses vases noirâtres.
Le rideau de montagnes qui défend Rio de Janeiro contre le vent de mer
4 Mortalité moyenne causée par la fièvre jaune de 1873 à 1886 : 1139,
Plus grande mortalité, en 1873. . . . . . . . . 3604 Moindre D». 6h 1881, ,, ,, , , 38
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