RIO DE JANEIRO
Dessin de Taylor, d'après une photographie.
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de bateaux à vapeur, commerçant directement avec l'Europe, touchent aux principaux ports du Brésil', Le premier rang dans le mouvement des échanges avec Rio appartient à la Grande-Bretagne, puis viennent par ordre d'importance les États-Unis, la France et l'Allemagne. Parmi les navires au long cours qui entrèrent en 1892 dans le port de Rio, 507 étaient anglais; la marine française, la plus fortement représentée après celle de l'Angleterre, comprenait 152 navires; puis venaient les Allemands, avec 117 bâtiments. Les Brésiliens suivant les Norvégiens, avec 40 navires’. Le gros de l'importation anglaise consiste en charbon. Outre les objets manufacturés, Rio achète des vivres, farines de froment, riz, viandes desséchées, morues, vins; sa grande exportation consiste en cafés, expédiés surtout aux États-Unis du Nord. Le trafic avec l’intérieur se fait presque exclusivement par les voies ferrées‘; cependant on voit encore quelques caravanes de mules descendre des hauteurs environnantes sur les chemins poudreux. L'outillage des chemins qui dessert la capitale reste très incomplet. Les deux voies principales de l'intérieur, celles de Säo Paulo et de Minas Geraes, n’ont qu'un seul tronc, d’un parcours de 108 kilomètres, se bifurquant dans la vallée du Parahyba, à Barra do Pirahy, et le chemin de fer de ceinture, qui doit réunir autour de la baie toutes les lignes divergentes, n’est pas même en voie d'achèvement.
En revanche, Rio de Janeiro peut être dite une ville modèle pour la facilité des communications entre le noyau de la cité et ses faubourgs. Peu de rues qui ne soient sillonnées de rails pour le passage des omnibus à traction de mules ou à force électrique; sur les avenues principales,
1 Valeur des échanges du port de Rio de Janeiro en 1890 :
Importation . . .. . . . . 167 224 881 milreis, soit, à 2 fr. 50 le milreis, 418 000 000 francs. Exportation, . , . . , . . 1383571433 » » D 346 000 000 »
Ensemble du commerce. , 305 596 314 milreis, soit, à 2 fr. 50 le milreis, 764 000 000 francs. Recettes douanières en 1892. 91 300 155 milreis, soit, à 1 fr. 30 le milreis, 119 000 000 francs. * Mouvement de la navigation dans le port de Rio de Janeiro, y compris le cabotage, en 1892 :
Entrées. . . 2726 navires, jaugeant 2 745 604 tonnes. Sorties. . . . 2626 » » 2867030 »
Ensemble. . 5 352 navires, jaugeant à 612 634 tonnes.
Part du long cours. . 2566 navires et 3 894 894 tonnes.
Part de la vapeur... . 2786 » 4660027 »
3 Importation du charbon de terre à Rio de Janeiro en 1892 : De l'Angleterre . . . . . . . . . . . 446 722 tonnes. Des États-Unis. . 4 . . . . . . . . . 7891 »
4 Tonnage du chemin de fer Gentrai à la gare de Rio en 1892 : 524110 tonnes.
les voitures se suivent presque sans intervalle et chaque arrêt de véhicule condamne à l'attente toute la procession qui suit. Néanmoins les voyages se font rapidement : les mules sont agiles, les cochers actifs; en moyenne, le chemin parcouru est de 10 kilomètres à l'heure. Grâce aux avantages et au bas prix de ce mode de locomotion, la population des Fluminenses est extrêmement mobile : on saute sur un siège de la voiture en marche pour se faire transporter à trois, quatre îlets de distance; le Brésilien s'étonne presque de voir un de ses amis aller à pied. La révolution pro-
duite par l'usage des omnibus à même contribué singulièrement à modi-
fier les mœurs : jadis les dames, respectant les anciennes coutumes de la mère patrie, sortaient peu de leurs demeures, sinon pour aller faire des visites en grande cérémonie. L'omnibus les à émancipées de cette contrainte, en même temps qu'il a démocratisé la population en plaçant le noir à côté du blane, le fils de l’eselave à côté du fils de l’ancien maître !. D'introduction britannique, lomnibus de Rio à gardé un nom anglais : on l'appelle bond, d'après les bonds ou « obligations » qu'émit la Compagnie lors de sa fondation. De mème, les bacs à vapeur qui servent d'omnibus maritimes entre Rio, Nietheroy et les autres escales de la baie sont toujours désignés par le nom anglais de ferry, que l’on emploie au singulier?.
Capitale du Brésil depuis 1765, Rio possède les musées et les institutions principales de la République. Une des écoles les plus importantes du Nouveau Monde est la Faculté de Médecine, située dans un endroit écarté et cependant tout à fait central, à la base occidentale du morro do Castello, sur la péninsuie même où naquit la cité, mais en dehors des grandes artères du trafic. Elle présente un ersemble de constructions distinctes et sans architecture, que l'on remplacera par un édifice, non encore achevé (1895), bâti près de la crique de Botafogo, entre un hospice et l'école militaire. À côté de l’école de médecine actuelle se trouve le très vaste hôpital da Misericordia, bfti sur la plage même où débarqua Magellan, avant la découverte du détroit. Ce bel édifice, que l'on dit admirablement tenu et qui peut contenir 1200 malades, en reçoit environ 12000 chaque année, étrangers en majorité, Il appartient à une irmandade où « confrérie » fort riche, qui possède en outre, en divers quartiers de la ville ou des alentours, des hôpitaux destinés au traitement de
*E. Allain, Rio de Janeiro; — Ch, Morel, l'Empire du Brésil.
* Longueur des voies ferrées dans la ville de Rio et ses alentours. . .’, 350 kilomètres. Cavalerie des omnibus . . . . , ., . . . .., , , ,. ..,. , . 7000 mules. Voyageurs transportés en 1892 par les omnibus de Rio et les Bacs à vapeur : 60 000 000.
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la phtisie et des maladies contagieuses. Chacune des nations représentées à Rio de Janeiro a fondé également des hôpitaux et dispensaires.
L'École polytechnique, qui forme des ingénieurs, est considérée comme une des fondations remarquables de l'Amérique. Académie des beaux-arts, conservatoire de musique, collèges de garçons et de filles, instituts pour les aveugles et les sourds-muets, Rio possède les établissements divers qu'on s'attend à trouver en toute capitale. L'école de la marine occupe, tout près du port de commerce, l’ilha das Enchadas, qui, entre tous les navires, paraît elle-même comme un navire à l'ancre. Le musée d'histoire naturelle, transféré dans l’ancien palais impérial de Boa Vista ou Säo Christoväo, au nord de la cité, contient des objets fort curieux, malgré le désordre de ses collections. La principale bibliothèque, riche de 200 000 volumes, mais trop étroite pour ses trésors, date des premières années du siècle, le régent ayant transporté avec lui les livres du palais d’Ajuda, très riche en documents rares : on y trouve, comme dans les bibliothèques d'Europe, des incunables, des manuscrits, des collections de dessins originaux, et toute la série des ouvrages relatifs au Brésil; elle édite de précieuses Annales. En outre, des associations particulières et les diverses sociétés savantes, parmi lesquelles l'Institut historico-géographique et la Société de Géographie, ont fondé d'importantes bibliothèques spéciales. L'observatoire, qui publie chaque année de savants mémoires, occupe le sommet du morro do Castello, dressant ses guérites et ses dômes sur les ruines pittoresques d’une ancienne église inachevée des jésuites. Prochainement l'observatoire doit être transféré sur un pie de la serra do Mar, à 1050 mètres d'altitude, non loin de Petropolis.
La splendide flore brésilienne à permis à Rio de se donner d’incomparables jardins, entre autres le Passeio Publico, au bord de la mer, le Largo de Constituçäo, près duquel s'élèvent les principaux théâtres, et le Largo da Republica, entre l'ancienne ville et les nouveaux quartiers qui s'étendent à l'ouest : le naturaliste qui disposa cette promenade y à reproduit avec un rare talent d'observation les groupes rocheux de la serra, Une autre merveille de Rio est le Jardin Botanique, situé non loin de la lagune Rodrigues de Freitas, à la base des escarpements de la Gävia, à la cime tabulaire. Le domaine appartenant au jardin comprend une surface énorme, plus de six cents hectares; mais les neuf dixièmes de cette vaste étendue sont encore recouverts d'une brousse impénétrable, Le jardin proprement dit, déjà fort considérable, embrasse une soixantaine d'hectares, et s'accroit chaque année aux dépens de la forêt vierge, dont les arbres remarquables sont respectés. Récemment le Jardin Botanique