‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 161 sur 401 · XIX. ê · texte numérisé non relu

XIX. ê

n’était guère qu'un endroit de promenade : c'est maintenant aussi un lieu d'étude, contenant environ 2000 espèces de plantes régulièrement classées; des eaux captées dans les montagnes voisines ruissellent sous les ombrages. Au milieu d’un fourré de verdure se montre un oreodoxa de 50 mètres, apporté de Cayenne par des fugitifs portugais et planté par Joäo VI, en 1806 : de ce premier palmier qu’ait possédé le Brésil descendent tous ceux qui existent dans le pays. On projette d'établir sur la plage voisine une ville balnéaire, désignée d’avance sous le nom de Gävia : les plans lui donnent #4 kilomètres de façade sur l'Océan.

Outre ses jardins, le chef-lieu du Brésil a les admirables points de vue que présentent les collines et les montagnes surgissant du sol de la cité comme les îles du milieu de la baie. Rio n'est pas, comme Rome ou Byzance, une « cité des sept collines »; elle en a bien davantage, et l’on ne saurait même en indiquer le nombre, car tel renflement du sol peut être considéré comme une butte isolée ou comme un simple promontoire, et d’ailleurs plus d’une saillie de roc, entamée par les carriers, est en voie de disparaitre : la solide pierre de granit, rose ou grise à grains noirs, fournit d'excellents matériaux pour la construction des édifices. On à déjà rasé plus de la moitié du morro de Säo Diogo, au nord de la ville ; en outre, certaines collines ont été déblayées pour donner à Rio une meilleure ventilation et pour combler des marais côtiers ou des criques de la baie : c'est ainsi qu'on abat maintenant (1895) le morro do Senado, presque au centre de la cité; les déblais serviront à supprimer la baie dite Praia Formosa, rattacheront à la terre ferme les deux anciennes îles dos Melôes et das Moças, combleront même tout l’espace maritime de 328 heclares, d'environ 5 mètres en profondeur moyenne, qui s'étend de la plage de Saüde à la pointe de Cajü, sur une longueur de plus de # kilomètres. Le quartier commerçant trouvera là un vaste champ d'expansion. Au devant du quai extérieur et dans le dock de 13 hectares qu’il protégera, l'eau n'aura pas moins de 9 mètres au-dessus de la mer moyenne‘. Un autre projet consisterait à enfermer par une digue semi-circulaire tout l'espace compris à l’est de la ville entre l'ile Fiscal et l'arsenal militaire.

On a proposé aussi de raser les deux morros de Santo Antonio et do Castello; mais, à supposer que ce travail gigantesque s'accomplisse, il restera encore des mornes nombreux et de telles dimensions qu'on écornera seulement leurs saillies avancées. De toutes parts, on voit l'horizon limité par ces hauteurs, les unes couvertes d'arbres, les autres se dressant en

* Alfred Lisboa, Notes manuscriles.

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roches lisses, revêtues de lichens noirâtres. Quelques-unes s’arrondissent avec une telle régularité, qu'elles ressemblent à des cloches de bronze posées sur le sol; la plupart se développent en gibbosités inégales. Des maisons s'accrochent aux pentes ou se posent sur les terrasses; des chemins, des aquedues rayent les parois de leurs coupures droites ou légèrement inclinées. Pas une colline qui n'offre d’admirables panoramas de la ville et de la baie : mais cet élément d'incomparable beauté qu’envicrait toute autre cité, est presque entièrement ‘perdu, les sommets des mornes

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