N° 73. — RIO DE JANEIRO, NICTHEROY ET LEURS ENVIRONS
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étant pour la plupart des propriétés privées ou des terrains vagues encombrés d’immondices.
Heureusement, le sommet principal qui commande la cité au sud-ouest, le roc du Corcovado ou du « Bossu » (710 mètres), est d'accès facile. La cime de ce roc, formée de blocs énormes aux contours arrondis, repose sur une paroi cannelée de 500 mètres en hauteur, au pied de laquelle s'étendent des croupes boisées. Une route de voitures aux nombreux lacets et un chemin de fer à crémaillère, long de # kilomètres, montent du faubourg de Larangeiras jusqu’au sommet du rocher en traversant les bois : la voie ferrée, dont les rampes atteignent 50 degrés d’inclinaison près du sommet, traverse successivement trois vallons sur des viadues en fer, à la hauteur des branchages de la forêt touffue qui s’élance des
profondeurs; puis, au delà d’un col où se trouve une station intermédiaire, il contourne au bord même du rocher la corniche qui surplombe le gouffre au fond duquel s'étend le Jardin Botanique. De la cime, on voit d’un coup d'œil circulaire ‘ensemble prodigieux que présente la cité, avec ses places, ses clochers et ses dômes, la nappe bleue de la baie et ses navires, et par delà les îles et les montagnes. La marche du soleil, des brumes et des nuées change incessamment le merveilleux tableau.
De même que les collines de la terre ferme, les îles de la baie, qui font partie des mêmes chaînes, offrent des sites charmants; mais plusieurs, appartenant à la douane, à l'administration militaire, à la marine ou aux hopitaux, ne sont pas accessibles aux visiteurs. La plus grande, dite du Governador, d’après un personnage qui en fut le propriétaire, occupe la partie médiane de la baie, au nord de la capitale : le fondateur de Rio, Estacio de Sä, y fut mortellement blessé dans un combat contre les Indiens alliés des Français. On y a trouvé de nombreux ossements et autres objets des temps préhistoriques; ses habitants ont des tuileries et des fabriques de chaux pour les constructeurs de Rio. Plus au nord-est, se prolonge l'ile charmante de Paquetä, la plus ornée de villas et de jardins, la plus fréquentée par les visiteurs ; les insulaires fournissent Rio de poissons et de iégumes, Parmi les diverses iles qui parsèment la baie, il en est une qui pendant les trois derniers siècles a été plus d’une fois rattachée à la côte orientale par un isthme de sable : c’est la colline de Boa Viagem ou « Bon Voyage », ainsi nommée d’une chapelle, lieu de pèlerinage que les marins saluent en mettant à la voile. Elle occupe l'extrémité de la péninsule qui sépare Nictheroy et son faubourg d’Icarahy. La petite ilha das Flores, très rapprochée de la côte, entre Nictheroy et Säo Gonçalo, porte l'hôtellerie des immigrants, marché du travail où les planteurs viennent louer la « main-d'œuvre »; près de quatre mille travailleurs nouvellement débarqués s’y sont trouvés réunis‘, mais elle ne peut en contenir commodément qu'un peu plus de mille*.
Telles villes, éloignées de Rio, doivent en être considérées comme de simples dépendances : Santa Cruz, par exeraple, qui se trouve à une soixantaine de kilomètres à l’ouest, sur un embranchementt du chemin de
? Henrique Raflard, Instituto Historico, tome LV, 1892. * Immigration à Rio de Janeiro en 1899 :
527 navires portant 54 507 immigrants, dont 58 820 aux frais du gouvernement
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