N° 74 — PETROPOLIS
ET NITSR
Quest de Crash
d'apres Massow et Comes .
0 10 kil.
solitude. Autrefois elle fut beaucoup plus peuplée : les jésuites et de grands personnages y possédaient de vastes concessions, qu'ils faisaient cultiver par des esclaves et des engagés. Pour rendre ces espaces à la culture, il faudrait d’abord régulariser le cours des ruisseaux et dessécher les marais, qui se sont répandus dans la plaine en foyers de pestilence. On redoute surtout les fièvres du Macacü".
Petropolis, quoique située en dehors du municipe neutre, sur le versant septentrional de la serra dos Orgäos, incliné vers le bassin du Parahyba, se trouve aussi dans la zone d'attraction de Rio : elle en est le Versailles. Les deux milliers de Badois et de Bavarois que le gouvernement brési-
! Antonio Martins de Azevedo Pimentel, Subsidios para o Estudo da Hygiene do Rio de Janciro.
lien y établit en 1845, près de la résidence impériale, eurent le privilège de se voir assigner pour demeure une région très salubre, et ils durent en outre à la proximité du château d'été des faveurs qu’on ne fit point aux colons introduits dans les autres parties de la contrée. On leur livra des terres à bas prix, ou avec des avances de sommes considérables, et pour faciliter le transport des denrées on leur construisit une belle route qui contourne superbement les corniches des monts et qu'on a longtemps désignée sous le nom de « Simplon » de l'Amérique; elle se continue en lacets vers Juiz de Fôra, dans l’État de Minas Geraes. Depuis, un ‘chemin de fer, dont une partie, celle qui escalade la pente méridionale de la montagne, par une rampe de 15 centimètres sur 100, et qui franchit le seuil à 855 mètres d'altitude, est établie en crémaillère, unit Petropolis à la baie et à la capitale. L'ancienne population allemande, fondue maintenant avec les éléments brésiliens, a légué aux habitants une instruction plus substantielle que celle des communes environnantes; plusieurs collèges et pensionnats, où les familles fluminenses et étrangères envoient leurs enfants, et dont l’un occupe l’ancien château impérial, donnent à Petropolis un rôle considérable dans l’enseignement. La ville a changé d'aspect : ce n’est plus une colonie agricole, mais un ensemble de palais, de résidences et de maisonnettes d'agrément : les riches négociants de Rio, les étrangers y ont leur demeure, et maints diplomates sont censés y remplir, hors des atteintes de la fièvre jaune, leurs fonctions auprès du gouvernement brésilien. Des brasseries, héritage des colons allemands, constituent la spécialité industrielle de Petropolis. Une importante filature utilise les eaux de la Piabanha, en aval d’une belle cascade, et sur les monts des alentours se voient des plantations de chinchonas (succirubra).
Nova Friburgo, qui se trouve dans une position géographique analogue à celle de Petropolis, sur le versant septentrional des monts côtiers, connus dans cette partie de leur parcours sous le nom de serra da Boa Vista, prit aussi son origine comme colonie. Elle date de 1819. A cette époque, deux années avant que le Brésil se détachât du Portugal, arrivèrent près de dix-sept cents paysans suisses du canton de Fribourg, raccolés par des agents d'immigration. Le gouvernement leur fit de grands avantages, et la proximité de la cité maritime assura la vente de leurs produits. Cependant, dix ans après l’arrivée des colons, leur effectif avait diminué déjà de plus d'un tiers par la mort et par la désertion : dès le milieu du siècle, Nova Friburgo était une ville complètement brésilienne, comme les localités voisines, et ne renfermait plus qu'un petit nombre de familles fribourgeoises. Les habitants cultivent des légumes, élèvent des bestiaux
se :
Man vall rou est
apri hp
esc]
pou bor Gra par dan tion mai pro!
la 1 ville
d’ur
de le
Rio dl Nicth Cam Rio B Itabo Reze Sio
To Bar Reis,
ège rent oint ivra , €t Jute mps en min loneuil à la ant plus s et 2urs trol'asais, s de nsés du nds, ture les ra).
)Œue nus sta, que, près par ges, aits.
inué 1 du les illes aux
PETROPOLIS, NOVA FRIBURGO, ANGRA DOS REIS. 330
et des volailles, dont ils approvisionnent Rio par le chemin de fer en plan incliné qui descend de leurs montagnes à Nictheroy. La cité de Therezopolis, dont la législature de l'État a fait choix pour y établir le chef-lieu à la place de Nictheroy, n'a pas encore l'importance de Petropolis et de Nova Friburgo : elle n'a point (1895) de voie ferrée qui la mette en communication avec la baie et Rio de Janeiro.
Des ports, presque aussi favorisés que Rio pour la profondeur et l'abri, se succèdent sur la côte occidentale, au delà au municipe neutre. Jadis Mangaratiba était destiné à devenir le havre d’exportation pour la haute vallée du Parahyba, et l’on construisit, en vue des charriages futurs, une route magnifique, un « Simplon », qu contournait le flane des monts. Elle est presque abandonnée depuis l'inauguration du chemin de fer de Rio et, après l'abolition de l'esclavage, les plantations des alentours furent pour la plupart rendues à la brousse. Aussi longtemps que dura la traite des esclaves, le port de Mangaratiba, les criques et les plages voisines, masquées par la flèche de Marambaia, étaient des lieux de rendez-vous pour les négriers et leurs clients les planteurs. Angra dos Reis, située au bord d’un golfe parfaitement abrité que couvre au large la haute ilha Grande, est une des anciennes villes du Brésil : dès 1932, la baie, visitée par Aflonso de Souza, avait reçu son nom. L'eau, suffisamment profonde dans les rades protégées par l'ilha Grande, reçoit les navires à destination de Rio condamnés à la quarantaine’. Plus à l'ouest, une autre ville maritime occupe l'extrémité d’un golfe au sud duquel se recourbe un promontoire très élevé, plus haut que l'ilha Grande et faisant partie de la mème chaîne, prolongement des montagnes de Rio de Janeiro. Cette ville maritime, Paraty, fait un petit commerce de vivres, de poissons et d’une eau-de-vie fameuse, distillée du suc de canne*.
* Mouvement de la quarantaine à ilha Grande en 1892 (du 23 juillet au 31 décembre) : 295 navires jaugeant 345 362 tonnes, avec 55 296 passagers et 11841 hommes d'équipage.
# Villes importantes dej l'État de Rio de Janeiro avec la population approximative ou recensée de leur « municipe » en 1892, d'après Favilla Nunes : Rio de Janeiro, . . . . . . . b15 000 hab Barra Mansa, cidade. , . . . . 12930 hab,
Nictheroy, cidade. . . . . . . 356050 » Petropolis Er TR 12110 » Campos Dares 0 4 « 20000) Pirahy De en + 12060) Rio Bonito » . . . . . . 20950 » Säo Pedro d’Aldeia, villa. . . 11870 » Itaborahy RE PIS) Macacü » ,. . . 11980 »
Rezende Penser + 10100 ) Sumidouro » ... 140550 » Säo Fidelis » . . . . . . 14550 » | Vassouras, cidade.. . . . . . 9400 »
Toutes les autres « cités » ou « villes » de l'État, soit, par ordre d'importance, Paraty, Cabo Frio, Barra do Parahy, Parahyba do Sul, Nova Friburgo, Valença, Magé, Cantagallo, Macahé, Angra dos Reis, Therezopolis, ont moins de 10 000 habitants dans leur municipe.