‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 174 sur 401 · HAUT PARANA ET SES AFFLUENTS · texte numérisé non relu

HAUT PARANA ET SES AFFLUENTS

deux ou trois mètres l’unirait au continent par un pédoneule projeté entre les deux manches du nord et du sud.

A la pente rapide du territoire tournée vers l'Atlantique répond une longue contre-pente s'inclinant au loin vers le Paranä, Les pluies y sont moins abondantes, mais la zone d'écoulement y oceupe une étendue beaucoup plus considérable, et de grands fleuves y serpentent pour s'unir dans la vaste ramure dont le trone est formé par l'estuaire de la Plata. Mème une partie de la déelivité se tourne vers le nord, comme si à son origine

le bassin hydrographique cherchait à se rattacher au système amazonien : plusieurs des fortes rivières de l'État de Säo Paulo, le Tieté, le Mogy

guassü, coulent dans la direction du nord, Mais les hauteurs du faîte central rejettent définitivement les eaux vers ie sud et vers le sud-ouest, à la rencontre du Paraguay.

Par la masse du courant fluvial, le système hydrographique de la Plata appartient beaucoup plus au Brésil qu'aux territoires hispano-américains, Argentine et Paraguay. Si l'artère maitresse, par l'orientation du courant et par la jonction dans les terres basses avec les affluents de l'Amazone, est bien la rivière Paraguay, le Paranä brésilien apporte le plus grand volume liquide. Bien qu'il ne suive pas l’axe de la vallée majeure, il reçoit des faîtes voisins de l'Atlantique les affluents les plus abondants et les plus nombreux et se développe sur une longueur de cours notablement plus considérable que celle du Paraguay : à cet égard, le Paranä correspond au Missouri, dans l'Amérique septentrionale; dans le double système fluvial du sud, le Paraguay serait l'analogue du Mississippi.

La source principale du Paranä ou « Fleuve » n'est pas connue sous le nom que le courant prend en aval et l'on ne saurait pas même indiquer, parmi les branches maîtresses, celle qui a droit au premier rang, le Corumbä, le San Marcos ou le Paranahyba'. Ce dernier naît dans la partie du bassin ia plus éloignée de l'axe fluvial, et commence à couler dans la direction du nord, en formant éventail avec le Sûo Francisco. Encore faible, il se replie vers le nord-ouest, puis vers l'ouest, et s’unit au San Marcos venu du nord. Au delà, le courant tortueux va rejoindre, à 200 kilomètres plus bas, la forte rivière du Corumbä, issue des ravins pierreux que dominent les Pyreneos; le rio da Meia Ponte et le rio dos Bois, descendus du même faite avec de nombreux affluents, contribuent à grossir le courant, tandis que de l'autre côté une rivière dite rio das Velhas, comme Île cours d'eau plus connu appartenant au bassin du Säo Francisco, amène

! Orville À, Derby, Contribuigäo para o estudo da Geographia physica do valle do rio Grande

le produit des sources de la Canastra et de la Matta de Corda. Le fleuve Paranä est déjà constitué à la rencontre de l’abondante rivière dite rio Grande, qui naît sur les plateaux de Minas Geraes, au principal nœud de diramation fluviale à l’orient du Brésil.

Le rio Grande, plus abondant que chacune des autres branches du haut Paranä, s'en distingue par la nature montagneuse de son haut bassin. La source principale naît dans le massif de lftatiaya, à plus de 2500 mètres d'altitude. Le rio das Mortes, le Sapucahy, ses tributaires du nord, coulent aussi en des pays accidentés de roches et de collines: mais le rio Pardo, arrosant au sud les hautes terres de Säo Paulo, présente un cours plus régulier, Ayant à parcourir une région très inclinée, le rio Grande n'est point navigable dans son cours supérieur ou du moins n'offre que des biefs peu considérables au libre parcours des barques; de nombreuses cascades interrompent son courant, el parmi ces chutes plusieurs ont un aspect grandiose : tel le saut de Maribondo, en aval de la jonction du rio Pardo; en cet endroit, la masse liquide, déjà très abondante, plonge d'une hauteur de 20 mètres. D'autres cascades ont été graduellement déblayées par la destruction des roches qui barraient le flot : c’est ainsi qu'au sud d'Uberaba les masses schisteuses qui obstruaient le fleuve ont été peu à peu rongées; il n'en reste que des blocs de quartz solide formant îlots au travers du courant; les ingénieurs ont pu construire sur le rio Grande un pont d'environ 400 mètres, dont les vingt-cinq piles reposent toutes sur des saillies émergées.

Le Pardo et son affluent le Mogy guassüu, de même que la rivière Tieté, coulant plus au sud, parallèlement au rio Grande, offrent à la navigation une longueur de courant supérieure, grâce aux moindres accidents du sol qu'ils parcourent et aux travaux de régularisation. Le Mogy guassü, qui serpente dans la région la plus prospère des caféteries paulistes, présente, en une ligne continue de 230 kilomètres, un chenal navigable, à peine interrompu de rapides dont on a su prolonger et adoucir la déelivité par des jetées latérales de pierres perdues. Le Tieté, de tous les affluents paraniens, est celui qui naît le plus près de l'Atlantique : telle haute source jaillit à une douzaine de kilomètres seulement du rivage de la mer, mais à mille mètres au-dessus. Les ruisseaux supérieurs, unis dans un ancien lac ramifié que l’envahissement de la végétation a graduellement changé en tourbière, forment une rivière imposante déjà sous le « Grand Pont » de Säo Paulo. Le cours du Tieté, rattaché par les chemins de fer au port de Santos, comme le Mogy guassü, permet au trafic, mais

à un moindre degré, de pénétrer dans les régions, désertes naguère, des

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