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PARANA ET IGUAZÜ. 359
masse et l'épaisseur d’eau. Le nom populaire de ces chutes est Sete Quedas (en espagnol Siete Caidas), mais il ne faut voir dans cette appellation de « Sept Chutes » aucune énumération précise, car dans les basses eaux le fleuve se partage en de nombreux courants partiels, quelquefois plus d'une vingtaine, tandis que lors des grandes crues la puissante masse liquide, recouvrant toutes les saillies de la roche, plonge en une seule nappe entre les deux rives. Les troncs d'arbres flottés, que l'on aperçoit à diverses hauteurs dans les anfractuosités des berges, indiquent de saison en saison les niveaux successifs de la chute. Des groupes d’araucarias, s’élevant au-dessus de la cascade, dans l'île et ses ilots, se montrent ça et là sur le demi-cercle que forme l’ensemble des eaux plongeantes. En 1651, lorsque les jésuites du haut Paranä furent obligés d'évacuer leurs missions de la Guayra, ils perdirent dans ces parages, en amont et en aval des chutes, ‘plus de trois cents de leurs embarcations. Depuis cette époque on donne aussi aux Sete Quedas le nom de chutes de la Guayra.
Au-dessous des Sept Chutes le fleuve glisse encore en rapides, qui rendent le canotage très difficile à la remonte, puis il se calme peu à peu. Dans cette partie de son cours il reçoit son dernier grand tributaire, dit autrefois le rio Grande de Curitibä, mais plus connu sous le nom guarani d'Iguazü (Y-guassü). Parallèle au Paranapanema, au Tieté et autres forts affluents brésiliens du Paranä, l'Iguazü est également coupé de cascades aux gradins correspondants et finit son cours au saut de Victoria, offrant comme les Sept Chutes un vaste hémicyele de cascades avec leur décor de rochers et d’araucarias : la plus haute colonne d’eau a 60 mètres d'élévation. Les navigateurs qui remontent cu descendent le Paranä, à 8 kilomètres de distance, entendent le grondement continuel de la cascade. C’est là que le gouvernement du Brésil a installé sa colonie militaire et son arsenal pour commander la navigation de tout le cours inférieur du Paranä jusque dans les eaux argentines. Dès l’année 1542, le fameux conquistador Alvar Nuñez « Tête de Vache » avait suivi cette route dans son voyage aventureux du Brésil au Paraguay".
En aval de l'Iguazü, le Paranä, désormais sans cascades ni dangereux rapides, passe en d’étroites cluses : tel le défilé d'Ttanguaymi, où le courant, ample en certains endroits de quatre et cinq mille mètres, se rétrécit à moins de 140 mètres’. Plus bas, le fleuve s’élargit définitive-
! Theodoro Sampaio, Consideraçôes geographicas e economicas sobre o rio Paranapanema. * Domingo Patiño, Bulletin de la Société de Géographie, août 1868.
ment et, cessant de couler parallèlement au littoral océanique du Brésil, comme s’il devait emprunter le cours inférieur de l'Uruguay, se rejette vers l’ouest et déroule son flot jaunâtre autour d'iles basses, entre des berges marécageuses. À l'endroit où il rencontre le fleuve axial du bassin, le Paraguay, il roule une quantité d'eau souvent dix fois supérieure à celle de son rival.
Le elimat de Säo Paulo, du Paranä, de Santa Catharina, régions à littoral océanique étroit et à vastes plateaux accidentés s'inclinant doucement vers l'intérieur, ressemble d'une manière générale à celui des Minas, avec cette différence essentielle, que ces contrées, se développant partiellement au sud en dehors de la zone tropicale, présentent un contraste saisonnier plus tranché, suivant la position du soleil au zénith. Les hivers de Säo Paulo, et surtout ceux des deux États situés plus au sud, sont de véritables hivers, aractérisés par un abaissement notable de température, par d'âpres vents froids d'origine polaire, par la chute du thermomètre au-dessous du point de glace, et quelquefois même par des neiges. Mais le principal contraste n’est pas celui du nord au sud : l'opposition tranchée se montre de l'est à l'ouest, suivant les altitudes. La zone du littoral, au pied des monts, appartient encore en partie à la région torride, et se continue vers le sud par des contrées subtropicales qui rappellent l'Italie aussi bien par le climat que par les découpures et les hauteurs verdoyantes des côtes. Une autre zone parallèle, celle de la « Serra » ou de la montagne, diffère de la zone des rivages par sa température plus basse, mais elle se trouve encore sous l'influence directe de la mer, qui lui envoie ses brises et ses averses : presque journellement pendant l'été, on ressent à Säo Paulo un vent du sud-est, causé par l'appel du plateau sur l'air plus chaud du littoral. La zone de l'intérieur ou des campos, beaucoup plus large, présente les conditions normales du elimat continental avec ses extrèmes de température : dans l’année, les écarts, très considérables, comportent de 30 à 49 degrés. A l'ouest des ondulations qui continuent la serra Mantiqueira, les chaleurs de l'été, les froidures de l'hiver sont plus fortes que dans les deux zones orientales; les brumes, très communes sur les hauteurs qui dominent la région côtière, deviennent rares dans ces contrées occidentales, si ce n’est au-dessus des marécages et des rivières.
Sur les campos, que conquiert graduellement l'agriculture, les geiées sont fort redoutables : on voit souvent les champs couverts de givre, et à ces froidures de la nuit succèdent des chaleurs diurnes qui atteignent ou
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