CLIMAT DES ÉTATS PARANIENS
mème dépassent 50 degrés. Des observations faites en 1886, à Itapetininga, dans le haut bassin du Paranapanema, ont constaté 1# apparitions de la gelée pendant les mois d'hiver, de mai en septembre. Les gelées se produisent surtout après les pluies abondantes, lorsque le ciel, très elair, facilite le rayonnement; mais on a constaté qu'elles sont peu à craindre dans les parties les plus élevées du plateau. Dans les creux où repose une atmosphère tranquille, les planteurs de cafiers sont exposés à perdre leurs récoltes par la gelée, tandis qu'à trois et quatre cents mètres plus haut, sur les hautes croupes de Batataes et de Franca, situées à un millier de inètres en altitude, leurs cultures sont épargnées".
L'influence du relief et de l'exposition du sol sur la chute des pluies est bien clairement démontrée par les mesures udométriques faites dans la province de Säo Paulo. Tandis qu'à Santos la quantité d’eau recueillie, de presque 3 mètres en 1867, dépassait # mètres sur la crête des monlagnes voisines, elle n'atteignait pas même À mètre à Säo Paulo, sur le versant opposé. Toutefois, dans les années ordinaires, le contraste est beaucoup moins marqué. La saillie d’abri n'est pas assez haute pour que Säo Paulo soit ordinairement privé de pluies. Loin de là, on y compte dans l'année de 150 à 190 jours pluvieux, auxquels il faut ajouter de 40 à 127 jours de brumes*, Quant à la direction moyenne des vents, elle reste sensiblement la même : la nuit et le matin, le vent dominant est celui du sud-est, la brise de mer, et le soir celui du nord-ouest, la brise de terre. Ainsi Säo Paulo, quoique sur le plateau, jouit d'un elimat semi-maritime : à quelques kilomètres au delà, les conditions ont déjà changé, La ligne d'égale déclinaison magnétique passe dans l'État de Sao Paulo, en se portant graduellement vers l’ouest; en 1885, elle atteignait le littoral au-dessus d'Iguapé, à une petite distance à l’ouest de Santos.
Quand on parcourt les campos pendant les mois d'hiver, juin, juillet, août, les squelettes d'arbres, les herbes sèches ou non fleuries donnent un triste aspect aux campagnes; mais dès les premières pluies la nature se transforme, et comme par enchantement apparaissent les pointes vertes de plantes nouvelles, mème des corolles éclatantes. Suivant les saisons
1 Theodoro Sampaio, ouvrage cuté.
* Alberto Loefgren, Dados climatologicos do anno de 1890, 5 Conditions météorologiques de quelques villes des États paraniens :
Température Jours Latitude, Altitude. moyenne. Pluie, pluvieux. Säo Paulo (5 années) 93033 740 mèt, 180,3 (319; — 00,7) 1",38 152
Campinas . . . . . 22058 660 » 190,8 (350,1; — 20,3) 4",45 171 lapetininga . . . . 2503% 647 » 180 (320,3; —10,0d) 1,376 9 Blumenau (7 années) 260 55 50 » 219,6 1,103 113
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s’épanouissent des fleurs différentes, et prédominent d'autres couleurs, le bleu, le jaune ou le rouge‘. Loefgren évalue à deux mille le nombre des végétaux qui croissent dans les campos de Säo Paulo. Comme arbre forestier, l'araucaria paranensis commence à se montrer sur les hauteurs qui séparent le bassin du Parahyba et celui du Tieté. Il se présente d'abord en arbre d'avant-garde, et prospère grâce à quelque circonstance favorable, l'excellence du sol ou celle de l'exposition; il devient de plus en plus commun avec la prédominance du climat tempéré, et déjà dans le Säo Paulo méridional, sur les plateaux onduleux, il caractérise le paysage : de toutes parts on aperçoit les magnifiques candélabres se dressant audessus de la ligne uniforme des forêts.
Dans les États paraniens s'entremélent les deux grandes aires de l'Amérique du Sud, la selve tropicale et le campo platéen. La forêt touflue des arbres se prolonge sur tout le littoral et sur la pente maritime des monts: elle déborde par delà les hauteurs côtières et se continue dans les vallées, sur les bords des cours d’eau qui descendent au Paranä; elle forme mème des iles de verdure, opposant aux colons une barrière difficile à franchir. Cependant on l'attaque par la hache et par le feu, car les meilleurs terrains sont ceux que recouvre la forêt la plus haute et la plus épaisse, et les planteurs ont hâte de remplacer par des cafiers ces essences forestières, qui auraient une valeur si grande en tout autre pays. En maints endroits pourtant, on s’est trop pressé d’abattre la forêt : les terrains mal défrichés ont été abandonnés après une culture rudimenlaire, et une nouvelle forêt, composée d’autres espèces, croît à la place de la selve primitive : la capoeira, moins belle, moins pittoresque que la forêt vierge, mais plus difficile à parcourir. Ces fourrés, obstrués de ronces, sont impénétrables à tous autres qu'au tapir et au chasseur qui le poursuit.
L'aire des forêts se ramifie du littoral vers l’intérieur ; c’est au contraire de l'intérieur vers la côte que s’avancent en zones parallèles les régions herbeuses des campos, peu différentes par l’aspect et la végétation des pampas argentines. Les campos paraniens sont pour la plupart parsemés d'arbres peu élevés et perdant leurs feuilles pendant la saison sèche. De vastes étendues sont complètement privées de végétation arborescente, soit parce que l’herbe épaisse n’a pas laissé pointer les tiges ligneuses, soit parce que les incendies périodiques les ont brûlées. Mais les plantes basses offrent une grande variété d’espèces, ressemblant par leur aspect
* Alberto Loefgren, Contribuiçôes para a botanica paulista.
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