POPULATION DES ÉTATS PARANIENS
un profil d'aigle qui rappelle les traits des Peaux-Rouges de l'Amérique septentrionale, les Coroados de Säo Paulo présentent un type analogue à celui des Asiatiques mongols, Ni Cayüa ni Chavantes ne comprennent la langue des Coroados, Ceux-ci posséderaient où auraient possédé, dit-on, un genre de figuration symbolique, dont l'interprétation n'est pas encore connue des blanes et qui se perdra peut-être avant que les signes en aient été déchiffrés, En parcourant les forêts limitées en forme de quadrilatère par les rivières Paranapanema, Parand, Ivahy et Tibagy, on rencontre souvent, dans le voisinage de huttes abandonnées, des cordages de lianes tendus intentionnellement et décorés de bizarres appendices, morceaux de bois, plumes, ossements, griffes d'oiseaux, mâchoires de singes et de pores sauvages. Ces divers objets composent évidemment par leur juxtaposition tout un récit ou un message à l'adresse de tribus alliées, Parfois les Coroados se servent de cette écriture mystérieuse pour menacer les blanes : des armes plantées dans le sol, des ailes d'aras, pareilles à celles dont ils empennent les flèches, sont des symboles sur le sens desquels on ne peut se méprendre.
Les voies ferrées ont changé les attractions, Grâce à elles, les populations du haut Säo Francisco et leurs cités principales, Ouro Preto, Sabar4, Pitanguy, gravitent vers Rio de Janeiro, malgré la pente naturelle du sol qui en ferait les satellites de Bahia. À plus forte raison les villes mineiras situées au sud-est, dans le bassin du Parahyba, et celles du sud-ouest, parcourues par les hauts affluents du Paranä, se trouvent dans la dépendance économique de Rio et de Säo Paulo. Plusieurs ont déjà pris de l'importance comme centres secondaires et dépassent par leur commerce et leur activité industrielle la cité d'Ouro Preto, qui garde encore (1895) le rôle de capitale, mais qui reste à l'écart des grandes voies, dans une étroite vallée tributaire du Rio Dôce.
Sur le versant du Parahyba, l'agglomération urbaine qui a le plus rapidement progressé porte le nom bizarre de Juiz de Féra ou « Juge du Dehors », en mémoire d'un fonctionnaire qui y résidait. La ville est située à 700 mètres d'altitude environ sur la rive droite du Parahybuna, encore simple ruisseau, dans'un cirque naguère marécageux qu'entourent des collines à pente douce. Quelques maisonnettes à peine se groupaient au bord de la rivière, lorsque la construction de la route carrossable Uniäo et Industria rattacha Juiz de Fôra à Petropolis et l'engloba dans le cercle d'attraction de Rio de Janeiro. Une colonie de paysans allemands vint
nome ment
s'établir dans le voisinage et noua des relations de commerce avec les cilés naissantes de la vallée de Parahyba; puis le chemin de fer central en fit un de ses entrepôts. Maintenant Juiz de Fôra, principale station du versant parahybien en amont de Campos, est le centre agricole le plus actif de l'Etat de Minas et devient même une cité industrielle pour la fabrication de la bière, celle N° 00. — JUIZ DE FÜR. de tissus et le travail du bois. Ses rues grandissantes, aux maisons basses, ont déjà dépassé les bords de la plaine et montent à l'assaut des collines environnantes. Juiz de Fôra a pris rang parmi les cités ambitieuses qui briguent l'héritage d'Ouro Preto commefuture capitale de l'État de Minas.
D'autres villes de la contrée s'accroissent aussi en population et en industrie : Parahybuna, aux petites maisons blanches et roses s’alignant au bord du fleuve du même nom, à la base du superbe rocher rayé de lichens blancs et noirs qu'on appelle la Fortaleza; Mar de Hespanha, qui s'élève sur une terrasse couverte de caféteries au nord du Parahyba ; Leopoldina, qui a donné son nom à tout un réseau de voies ferrées ayant pour point de départ Nictheroy, sur la baie de Rio de Janeiro, et se ramifiant en branches nombreuses dans l'Espirito Santo et le Minas. Ubä, ainsi nommée d'une sorte de graminée fort commune appelée aussi canna brava, s'élève au milieu des caféteries sur les pentes méridionales de la serra de Säo Geraldo, que traverse un chemin de fer par des rampes sinueuses et un seuil de 752 mètres.
Sur le versant paranien de Minas Geraes, Barbacena occupe un rang analogue à celui de Juiz de Fôra sur le versant du Parahyba. Située à la
Ouest de Greenwich
AUIZ DE FRA, BARBACENA. 6
ec les forte altitude moyenne de 1120 mètres, non loin du faite de partage ral en qui constitue le nœud majeur du Brésil, elle commande l'aigueverse de n du quatre grands fleuves, le Parahyba do Sul, le Rio Dôce, le Säo Francisco et plus le Parand : on peut done la considérer comme la cité centrale du Brésil, ur la comme le point autour ducelle quel s’équilibre la population N° 81, — DARDACENA. bois. de l'immense territoire, Aussi , aux Barbacena prétend-elle comù dé- me Juiz de Fôra au titre de ine et apitale et même at-elle déjà lines désigné un de ses édifices pour ‘érn n servir de palais au futur cons am- grès. Du reste, elle présente l'héri- un fort bel aspect, déployée future en demi-cercle sur la croupe as. d'une longue colline couverte ontrée de bananiers et d'orangers, ppula- qui prospèrent malgré l'alti- Para- tude. Sa principale industrie aisons est la céramique. Plusieurs nt au vallées des environs sont frénom, quentées par les Fluminenses ocher comme sanatoires pendant la noirs saison chaude.
aleza ; Le rio das Mortes, qui rapélève pelle les batailles sanglantes te de livrées autrefois par les Pau- \yba; listes aux mineurs des autres son provinces, naît sur les hauvoies teurs voisines de Barbacena dde et coule à l’ouest, dans une bran- vallée où se succèdent les aprés d'Oliveira PER nmée deux villes de Tiradentes —— nee men de élève l'ancienne Säo José del Rey Sño — et Säo Joûo del Rey. Les cités jumelles, élevées par les Paulistes dans tun la deuxième moitié du dix-scptième siècle, n’ont plus d'importance comme centres miniers, quoique la poussière mème des routes y soit aurifère, rang mais sont devenues des marchés agricoles, et des colons étrangers, alleà la mands, belges, italiens, s’y livrent à la culture des céréales et du tabac,
EPSON PTE TSEP CE
à l'élève du bétail, à la préparation des fromages. La vigne y prospère, moins pourtant que dans le municipe industrieux dé Campanha, situé au sud-ouest, dans une autre vallée tributaire du rio Grande. Säo Joño del Rey est aussi l’une des villes de Minas qui prétendent au titre de « cité fédérale » : la commission d'études nommée pour la recherche de l'endroit le plus favorable à l'établissement de la cité future a repris