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PRE ERANEES
sèche ils brûlent les savanes et tuent avec des branches les bestioles qui cherchent à fuir l'incendie; ils passent parfois des journées entières à creuser le sol pour ÿ chercher le miel d'une petite abeille, et à cet effet ils emploient des morceaux de fer qu'ils ont volés aux colons.
Les Cayüa, qui vivent au nombre d'environ trois mille dans le bassin du Paranapanema, sur les deux territoires de Sûo Paulo et de Paranä, sont très certainement d'origine tupi : leur dialecte abanheenga diffère très peu de la lingua geral. Plusieurs familles de cette tribu se sont associées aux blancs et participent à leurs travaux, mais on dit les Cayüa très ombrageux, et les colons ont à se tenir sur la réserve pour ne pas les offenser. Ces Indiens restés libres sont d'admirables bateliers, des nageurs intrépides, et franchissent les cataractes avec une incomparable adresse. Ils tissent avec soin la fibre d'ortie et en fabriquent des couverlures très appréciées. Enfin ils sont habiles potiers et cultivent le maïs, entre autres une variété inconnue des blancs. Leur système de numération est septennal'. Beaux hommes pour la plupart, ils ont un teint plus clair que les autres Indiens; encore de nos jours, un article d'ornement nécessaire à tout Cayüa qui se respecte est le tembetä, appelé aussi cherimbita, bâton d'une espèce de résine que l’on introduit dans la lèvre inférieure, et qui de loin ressemble à une longue épine. On sait que des objets du mème genre, mais en quartz transparent ou autres pierres dures, ornent encore ou jadis ornèrent les lèvres indiennes en divers endroits du Brésil, et l’on. peut supposer que l’usage de se percer ainsi la lèvre était beaucoup plus général, et peut-être universel, parmi les tribus de l'immense domaine qui s'étend des bords de l’Amazone à ceux du Paranä*. Les Cayüa pratiquent la couvade.
Le nom de Coroados ou « Couronnés » que l’on donne à la troisième peuplade indigène du Säo Paulo s'applique à des Indiens d’une origine différente de celle d’autres Coroados, notamment ceux qui vivaient dans l'État de Santa Catharina et qui ont laissé des appellations tupi à tous les cours d'eau de la contrée*. Ce terme de Coroados indique seulement que chez les Indiens ainsi désignés les cheveux sont disposés en forme de couronne autour d'une tonsure. Les « Couronnés » du Paranapanema sont des hommes trapus et vigoureux, à larges épaules, à grosse tête, avec de puissantes mâchoires et de petits yeux. Tandis que les Tupi ont souvent
1 R. Ewerton Quadras, ouvrage cité.
# Theodoro Sampaio, Consideragoes geographicas e economicas sobre o valle do rio Paranapanema ; — Keller Leuzinger, ouvrage cité,
3 De Capanema, Jornal do Commercio. fevereiro 1893.
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