N° 83. — 810 PAULO
Due ct de Paris
D'après Donvicini. C, Perron.
0 4 kil.
d'Italiens, s'étend au loin dans la plaine basse et contraste par ses usines, ses rues malpropres, ses égouls vaseux, avec les constructions élégantes et les villas des quartiers occidentaux. Il serait urgent de drainer le sol et d'aménager de vastes espaces en pares et en jardins; mais les constructions empiètent incessamment sur les terres marécageuses et pourries d'immondices, où se rejoignent les ruisseaux pour aller se déverser au nord dans la rivière Ticté. Quoique située à 750 mètres d'altitude moyenne, sur le haut plateau que la serra do Mar sépare de l'Océan, el quoique alimentée d’eau pure en abondance, par l’aqueduc de la serra
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Cantareira, Säo Paulo n'est pas complètement saine, et dans ces dernières années, la fièvre jaune, partant du foyer de Santos, y a fait quelques apparitions, Un beau jardin publie s'étend au nord de la ville, près de la gare « anglaise », et l'on travaille à la création d’un jardin botanique à côté du musée d'histoire naturelle.
L'ancien collège des jésuites a été transformé en palais du gouvernement, et la maison qu'ils avaient bâtie pour Tebycirä, le cacique des Indiens soumis, a été remplacée par le couvent de Säo Bento. Dans le voisinage de ces deux édifices s'élèvent les principaux monuments, églises, hôtel des postes, banques, école de droit, « nid d'aigles » d’où sortent en nombre les futurs politiciens du Brésil; déjà comme étudiants, ils prennent une part considérable aux événements. Malgré son importance comme cité dirigeante, Säo Paulo n'a pas d'écoles supérieures pour l'enseignement des sciences, et son musée d'histoire naturelle est encore en voie de formation. Du moins donne-t-il asile à un groupe d'hommes d'élite qui étudient la contrée avec méthode et dont les mémoires constituent déjà une précieuse bibliothèque. Grandissant d’une manière presque vertigineuse, puisque sa population a peut-être triplé dans les dix dernières années, Säo Paulo n’a pas eu le temps de s'accommoder à ses destinées futures, et sa population n’a pu se fondre encore en une société urbaine ayant conscience de sa vie commune. Près de la moitié des habitants de Säo Paulo sont des Italiens, qui se sentent encore étrangers dans ce milieu du Nouveau Monde.
L'industrie pauliste comprend déjà toutes les manufactures et les usines qui produisent les objets de consommation et d’usage ordinaire. Quelques colonies, Säo Bernardo, Säo Caetano, Sant’Anna, dites nucleos, « noyaux », parce qu’elles servent de centres de groupement aux cultivateurs immigrés, fournissent de légumes et de fruits les marchés de la ville, et dans la zone montagneuse qui au nord domine la cité, les nombreux établissements de Cayeiras, peuplés de 4000 ouvriers, taillent les pierres, fabriquent les tuiles, préparent les argiles, les terres et autres matériaux de construction qui servent à élever les quartiers nouveaux. Säo Paulo cherche même à conquérir l’industrie du verre : des couches siliceuses constituent le fond des anciens lacs où se ramifient les eaux du Tieté et de ses affluents; les usines peuvent s’y fournir en abondance de la matière première et utiliser comme combustible les tourbes qui ont graduellement empli les lacs et les marais de la plaine. Depuis longtemps les mines d'or de Jaraguä sont abandonnées.
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