‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 188 sur 401 · SÂO PAULO, SANTOS · texte numérisé non relu

SÂO PAULO, SANTOS

que par des colonies agricoles et des établissements industriels. Aux jours de fête, la population se porte vers les hippodromes et vers la Penha, chapelle de pèlerinage oceupant le sommet d’un rocher à l’orient de la ville; tôt ou tard elle se dirigera vers le beau palais d'Ipiranga, qu'édifia, sur la croupe d’un coteau, l'architecte italien Bezzi, en mémoire du serment d'indépendance que jura l’empereur Pedro I“; mais l'édifice imposant, la plus belle œuvre architecturale du Brésil, reste encore vide, attendant les fresques, les tableaux, les statues qui en feront un jour le Panthéon brésilien.

La ville de Santos — jadis Todos os Santos ou « Tous les Saints » — forme un même organisme commercial avec Sûo Paulo, dont elle est l’entrepôt et le havre maritime. Dès les temps primitifs de l'immigration portugaise, ce littoral était connu et servait de point d'attache aux relations avec l’intérieur, Säo Vicente, qui n’est plus aujourd'hui qu'un faubourg de villégiature pour les négociants de Santos, à 9 kilomètres de cette ville, élevait en 1532 ses cabanes de jones sur la plage et recevait l'or qu'on lui envoyait de Piratininga. On y fabriqua le premier sucre du Brésil, extrait de cannes qu’on avait apportées de Madère et, en 1566, les jésuites y élevèrent la première école d'enseignement primaire'. Ce port extérieur, situé comme Santos dans une île qu’un étroit bayou sépare du continent, transmettait ses denrées sur la terre ferme par le petit port de Cubatäo, situé au pied de la montagne en arrière de Santos : un môle, graduellement transformé en isthme, rendit ce deuxième port inutile et désormais les navires jetèrent l’ancre en eau profonde dans le golfe au bord duquel s’est bâti Santos. Jusqu'à l’année 1709, Säo Vicente maintint son titre de capitale pour tout le littoral brésilien qui s'étend sur une distance d'environ mille kilomètres, entre Macahé et Cananea.

Santos, régulièrement construite, mais encore très malproprement tenue, aligne ses îlots de maisons au pied de la colline escarpée de Monserate qui occupe le centre de l'ile et que couronne une église de pèlerinage au merveilleux panorama. Pour transformer Santos en une cité salubre, — si cette œuvre est possible, — il serait indispensable d’exhausser le sol boueux, où l'eau des pluies se mêle à celle des égouts et au reflux des marées; des vasières que la mer couvre et découvre emplissent une partie de l’espace où viennent s’amortir les eaux du golfe, et les cadavres enlizés des bestiaux y pourrissent, livrés aux charognards. Aussi nulle ville du Nouveau Monde n'a eu plus à souffrir de la fièvre

1 Pires de Almeida, Instruction publique au Brésil.

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jaune que Santos, en proportion du nombre des habitants : dans les grandes épidémies, tous les travaux étaient interrompus par la mort ou la fuite des ouvriers; on a vu des navires flotter sans équipages, inertes sur les eaux de la baie. Dès que la mauvaise saison s'annonce, la ville se dépeuple pour le plateau et les plages de bains. Un de ces villages d'été, fort luxueux, Balnearia, est né dans le voisinage mème de Santos, sur un ilot sableux proche de l'île Santo Amaro. Quelques sanatoires s'élèvent sur les terrasses des montagnes avoisinantes.

Malgré la fièvre, Santos centralise un très grand commerce. Jadis elle exportait les produits de Minas Geraes et mème de Matto Grosso; maintenant, elle ne dessert plus que l'État de Sûo Paulo, mais elle doit subvenir à un mouvement de marchandises qui s'accroit d'année en année. On travaille à l'aménagement du port en vue du trafic croissant, et un mur vertical permettra bientôt aux plus forts navires de charger et de décharger à quai'. Vingt lignes régulières de navigation à vapeur ont Santos pour escale. Les Anglais, puis les Norvégiens font la plus grosse part du commerce. Une seule voie ferrée apporte de Säo Paulo les cafés que Santos entrepose et lui rapporte les marchandises et le charbon d'Europe et des États-Unis, le riz de l'Inde et la morue de Terre-Neuve : ce beau chemin de fer, de construction anglaise, traverse la forèt vierge de Cubatäo, puis, arrivé à la « Racine de la Montagne », — Raiz da Serra, — monte à l'escalade des hauteurs par quatre plans inelinés successifs, d’une pente de 104 millimètres par mètre, où les trains sont remorqués par les machines fixes. La rampe, partie de 19 mètres et gagnant le rebord du plateau à 799 mètres d'altitude, est une des merveilles du Brésil, grâce à la beauté du cirque boisé que l’on voit se dérouler et grandir au pied de la montagne; mais comme voie de transport elle se montre tout à fait insuffisante : les machines ont une force limitée, et les trains, si nombreux qu'on les fasse, doivent se décomposer pour monter ou descendre par groupes de deux ou trois; le tonnage journalier reste inférieur

1 Mouvement commercial annuel à Santos, pendant la dernière décade :

Importation... . . . . . , ., 75 000 000 francs, Exportation. . . . . . , . . . . 3500000000 » Valeur des échanges. . . . . . 575 000 000 francs.

Mouvement de la navigation, à l'entrée, en 1899, sans le cabotage :

1054 navires, portant 537 000 tonnes.

Exportation du café : 2 500 000 sacs, ou 150 000 tonnes, valeur 190 000 000 francs Recettes de la douane de Santos, en 1899 :

24 170 975 nulreis, ou, à 1 fr. 30 le milreis, 51 492 265 francs.

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