N° 90. — PARANAGUA
__Duest de Paris
Üuest de Greenwich
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mais suffisant pour des navires calant de #4 à 5 mètres; pendant Îles périodes d'inondation, alors que les rivières débordées menacent de couper le chemin principal entre Morretes et Paranaguä, sur la rive méridionale du golfe, l’embranchement d’Antonina laisse au commerce de Curitibä une libre voie d'exportation.
La cité maritime de Paranaguä, bâtie sur un estuaire du golfe, à la bouche de la rivière Ituberé, ne donne plus accès aux navires d’un fort tirant d’eau : son port s'étant envasé, ils doivent s'arrêter à deux kilomètres au nord-ouest, dans une rade que défend à l'est l'ile montueuse
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de Cotinga : la ville se déplace, alignant ses maisons le long du nouveau port. Le commerce de Paranaguä, bien différent de celui de Santos, ne consiste guère qu'en produits forestiers, le bois d'araucaria et la yerba maté, provenant d’une espèce particulière, tlex coritybensis, congénère de celle du Paraguay: les denrées obtenues par la culture, le sucre et les céréales, ne représentent qu'une très faible partie de l'exportation". Les ruines de l'ancien collège des Jésuites, centre des missions du Paranä, se voient encore dans la ville. Diverses colonies agricoles sont éparses dans les clairières des forèts entre Paranaguä et Morretes. La principale est celle d'Alexandra, où des Italiens s'occupent principalement de cultures alimentaires; ils possèdent aussi quelques plantations de cannes et de cafiers. Dans l'intérieur des terres, à l’ouest de Curitibä, le peuplement se fait d'une façon méthodique par l'établissement de colonies, dont quelquesunes, très bien situées, se sont assez développées pour devenir des villes : telles Campo Largo, au sud-ouest de Curitibä; Palmeira, à l'ouest: Ponta Grossa, plus au nord, dans les hautes plaines que parcourt le Tibagy. L'histoire du Paranä, comme celle de l’État de Sûo Paulo, est l’histoire de la colonisation; mais ici elle prend un caractère particulier par suite de la division naturelle qui s’opère dans les courants d'immigration. Naguère, les colons allemands se dirigeaient presque tous vers Santa Catharina et Rio Grande do Sul; les Italiens se portent maintenant en foule vers Säo Paulo, tandis que le Paranä reçoit principalement des Polonais. Ce peuplement avait pourtant commencé d’une manière désastreuse en 1878. Les agents d’émigration introduisirent alors 1366 paysans slaves, pour lesquels ils n'avaient fait aucun préparatif de colonisation, et les malheureux se trouvèrent abandonnés sans ressources sur la place de Palmeira. Beaucoup moururent, d'autres réussirent à se faire rapairier par la voie de Hambourg, et le reste finit par se faire transporter aux États-Unis?. Cependant quelques-uns tinrent bon et devinrent le noyau de colonies nouvelles, qui gagnèrent peu à peu sur les solitudes dans les hauts campos que parcourt l’Iguazü. Presque tous ces iramigrants polonais, connus généralement dans le pays sous le nom collectif de « Russes », viennent de la Pologne prussienne et autrichienne; ceux que les persécutions religieuses ont chassés de la Lithuanie et des régions de la Vistule n’ont suivi que dans les dernières années le mouvement de migration vers le Paranä. Il
1 Mouvement commercial de Paranaguä, à l'entrée, en 1892 : 576 navires à vapeur et à voiles, Exportation du maté en 1892 : 19 351 tonnes.
Valeur : 6 000 000 milreis, soit, à 1 fr. 30 le milreis, 7 806 000 francs,
3 De Taunav, Revista do Instituto Historico, 1890.
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