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oc de l'Itajahy, se développa péniblement. Fondé en 1852, aux risques et fe périls de l'Allemand dont il porte le nom, il eut beaucoup à souffrir qi dans les premières années et ne se releva que grâce aux subsides du gou- pl
vernement, Émancipé maintenant de toute tutelle, il prospère, et les routes rayonnent aux alentours, dans une riche campagne parsemée de
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BLUMENAU, DESTERRO. 393
moulins et d'usines, Des bateaux à vapeur montent et descendent la mvière lajahy. Jadis strictement allemande et contenant encore autant de Ger-
mains que le municipe de Dona Francisca, la colonie de Blumenau a pour port depuis 1870 la ville de Nova Trento, où les Allemands sont en majo-
vité, mais qui à pris son nom d'une colonie de Trentins; l'ancienne Hajahy n'est plus guère qu'un faubourg de la cité nouvelle, Une srande crue, en HS880, à détérioré le lieu d'ancrage, accessible seulement pour des goélettes',
Au sud de l'Itajahy, quelques petits ports se succèdent jusqu'au détroit de Desterro, au bord duquel commença l'histoire coloniale de la contrée, Juan de Nolis pénétra en 1515 dans ce magnilique canal, suivi, dix années plus tard, par Sébastien Cabot, mais Île pays ne se peupla que lenlement; la capitale de l'ile, devenue celle de l'État, ne prit naissance qu'en 1650, L'exilé Velho Monteiro donna à sa fondation le nom de Nossa Senhora do Desterro ou « Notre-Dame de l’Exil », et l'île s'appela Santa Catha-
N° 08, — ILE DE SANTA CATHARINAe
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rina, en l'honneur d'une fille de Monteiro. Desterro, située sur la rive
occidentale de l'ile, à l'endroit où elle se rapproche le plus de la terre
ferme, s'agrandit de décade en décade, mais sans prendre l'importance
que semblerait lui mériter son port, admirable quand le commerce n'em-
ployait que des bâtiments à faible tirant d'eau’. Les navires, pénétrant
! Hugo Züller, Die Deutschen im brasilischen Urwald. # Importation en 1891 : 1022 102 milreis, soit, à 1 fr. 60 le milreis, 1 655000 francs
XIX
dans la manche par la voie du nord, trouvent encore de 8 à 10 mètres d'eau à une petite distance; mais dans l'étroit de 550 mètres qui s'ouvre au sud, entre la pointe de Desterro et celle de Piedade, sur le continent, le seuil, formé de vase molle, se relève jusqu'à À mètre et demi de la surface : il faudrait creuser un canal entre les deux « langues de mer » du uord et du sud pour permettre à la grande navigation de faire le périple de l'île. D'ailleurs les bons lieux d'ancrage sont nombreux dans ce bras de mer, long de 60 kilomètres, qui s'étend de la Barra do Norte à la Barra do Sul. Sur la rive continentale, deux havres principaux sont visités par les embarcations : Biguassü, près de l'embouchure d’une rivière de même nom, et Säo José, située presque en face de Desterro, sur une crique de la manche méridionale. L'ile Santa Catharina, jadis couverte de caféteries très productives, n'a plus qu'un sol épuisé et ses collines se sont revêtues de broussailles".
Les plaines qu'arrose la rivière Tubaräo ont pris dans ces dernières années une certaine importance, grâce aux gisements de houille qu'on a découverts dans les hauts de la rivière, sur les pentes de la serra Geral. Le charbon, ‘ui du reste n'est pas d’une qualité comparable à celle des bons combustibles anglais, se présente par affleurements très faciles à exploiter, et les couches déjà reconnues représentent une masse d'au moins 50 millions de tonnes. Une voie ferrée de 111 kilomètres, construite spécialement pour le transport des houilles, parcourt la vallée du Tubarâo, puis traverse un marigot littoral sur le pont-viaduc das Larangeiras, long de 1450 mètres : c’est le plus important travail de ce genre que possède l'Amérique du Sud. Au delà le chemin se bifurque pour atteindre les deux ports d'Imbituba au nord et de Laguna au sud. On avait espéré que l'exportation pourrait se faire par ce dernier port, situé à l'extrémité d'une péninsule sableuse, qui limite à l’est une lagune sans profondeur : les dangers de la barre et le manque de fond ont obligé la compagnie à faire choix du port d'Imbituba, plus accessible et mieux abrité, mais menacé aussi par les dunes qui, sous la pression des vents du sud, cheminent lentement vers le nord. Les marées de Laguna sont extrêmement irrégulières, par suite de l'interférence de deux vagues de flot : n'atteignant pas même À mètre de hauteur, elles semblent dépendre surtout de la direction des vents, et fréquemment l'oscillation complète des marées ne se fait qu’une fois en un jour*. La flèche de Laguna est, à l'ouest de la
1 Hugo Zoller, ouvrage cité.
2 Relatorio apresentado peios Engenheiros.
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TUBARÂO, LAGUNA, LAGES. 395
ville, recouverte presque en entier par un énorme tambaqui, dépôt préhistorique de coquillages.
Dans l'État de Santa Catharina, la zone littorale de Serra Abaixo ou du « Pied-mont » à beaucoup plus de large:> que dans les États plus septentrionaux de Paranä et de Säo Paulo et les conditions du climat y sont meilleures : aussi presque toute la population s’y trouve concentrée et la région des plateaux n’a pas, comme dans les États voisins, de ville considérable formant un seul organisme urbain avec une cité du littoral. Lages, la principale agglomération des campos, est surtout un centre d'élevage et son bétail s’expédie par les routes de terre dans la direction de Sorocaba. On évalue à trois cent mille les bêtes à cornes que possèdent les propriétaires de Lages dans les pâturages de l'État, s'étendant au loin vers les savanes de l’ouest, revendiquées par l'Argentine".