PARANA, SANTA CATHARINA
voisin, au point de croisement de la vallée du Paranä et de la ligne la plus courte entre le littoral atlantique et le Matto Grosso, centre du continent".
L'État de Santa Catharina, ainsi nommé de l'ile allongée, le Jurû Mirim des Indiens, qui se prolonge parallèlement au continent, au devant de la partie la plus saillante de la côte, est la contrée du Brésil qui a le plus largement profité de la colonisation dirigée officiellement, et dont la population comprend le plus de natifs étrangers et fils d'étrangers. Les patriotes allemands voyaient avec bonheur naître la Germanie future du Nouveau Monde dans Santa Catharina et le Rio Grande do Sul. Du moins leur langue prévaut en maint district, et, grâce à l'éducation plus compréhensive et plus approfondie donnée par leurs compatriotes, Santa Catharina, encore si faiblement peuplée, a pris dans la confédération brésilienne une part d'influence que n’ont pas acquise de grands États,
En 1849, une société commerciale de Hambourg y importa des eultivaleurs allemands, qui s'établirent aux bords de la rivière Cachoeira. Le village naissant reçut le nom de Joinville, en l’honneur du prince français auquel un territoire d'environ 152000 kilomètres carrés avait été concédé, comme douaire de dona Francisca, sœur de l'empereur du Brésil. Les colons, plus favorisés que ne le furent beaucoup d’autres, reçurent des lots bien choisis, accessibles par de bonnes routes, et bientôt le pays prit l'aspect d'une riche campagne allemande, avec des cultures soignées comme celles de la mère patrie; la ville, aux rues droites, larges, bien ombragées, aux maisonnettes entourées de jardinets et fleuries de plantes grimpantes, semble s'être donné pour modèle, mais en l’embellissant, le type d'une ville rhénane. Sur 19000 habitants du municipe, plus de 14000 sont d’origine allemande ou polonaise. Des brasseries, distilleries, charronneries et autres fabriques sont nées autour de Joinville, et des chariots par centaines transportent au port de Säo Francisco le maté, le tabac, le maïs, le tapioca, le beurre et autres denrées agricoles. Une route carrossable, s'élevant sur les pentes de la serra do Mar, monte au nordouest vers Säo Bento et d’autres colonies situées sur la frontière du Paranä, et se rattache à Rio Negro au chemin de fer de Curitibä. Le port de Säo Francisco, où vient se concentrer le commerce local, est un des meilleurs de la côte et pourrait accommoder de grandes flottes. La rade,
1 Max. Emerich, Petermann's Miltheilungen, 1876, Heft IN,
profonde de 6 mètres, qui sépare la terre ferme et l'ile de Sûo Francisco Navier, ouvre aux navires qui viennent mouiller devant la rive insulaire un chenal abrité de tous les vents.
Le centre colonial de Blumenau, au sud-ouest de Joinville, sur les bords