‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 199 sur 401 · RIO GRANDE DO SUL · texte numérisé non relu

RIO GRANDE DO SUL

près 500 kilomètres de côté, que les explorateurs ont parcouru dans tous les sens, si ce n’est dans les campos septentrionaux, mais qui ne possède pas encore de carte définitive et n’a pas même, comme Säo Paulo et Minas, procédé aux levés préparatoires. Ses habitants s’accroissent à la fois par l'immigration et par un excédent de natalité considérable, qui témoigne de la parfaite salubrité du pays’.

La population d'origine étrangère a fait en partie l’histoire du Rio Grande, Les premiers colons ne furent point des Portugais continentaux comme dans la plupart des autres provinces, mais des Açoriens chassés de leur archipel par la famine ; les deux villes de Rio Grande et de Porto Alegre leur durent naissance en 1737 et en 1742. Les immigrants allemands vinrent dès les premières années de l'indépendance brésilienne : en 1824, plus de cent vingt s’établissaient sur un domaine impérial, près de l’endroit où s'élève la ville de Säo Leopoldo, et recevaient des lots de culture; puis des soldats mercenaires se retiraient dans la même contrée, el vers le milieu du siècle on y comptait déjà plus de 7000 colons allemands*. Les révolutions européennes eurent leur contrecoup dans cet État par l'immigration de plus d’un millier de Brummer ou soldats volonaires enrôlés à Hambourg par le Brésil dans sa guerre contre le dictateur Rosas, mais ayant pour la plupart pris part aux soulèvements révolutionnaires de l'Allemagne en 1848. Plusieurs hommes éminents qui se trouvaient parmi ces nouveaux citoyens du Rio Grande ont illustré la contrée hospitalière et fourni le levain d'instruction qui a donné à l'État un rang si élevé dans l’Union brésilienne. Bien que les anciennes colonies agricoles aient perdu l’organisation que leur avait imposée le gouvernement central ou provincial et que légalement tous les immigrants et fils d’immigrants soient devenus des Brésiliens, l'élément germanique n'est pas encore complètement assimilé, et la cohésion que donnent la langue, l'instruction, les mœurs, se maintient en divers endroits; mais cet « État dans l’État », constitué par des étrangers pensant autrement que les gens du pays, diminue en proportion de l'accroissement rapide des autres éléments ethniques, Italiens, Espagnols, Slaves, hommes de toute race absorbés dans la nation brésilienne. Les esclaves y étaient plus de 90 000 en 1875 : avant le décret définitif d'émancipation, le Rio Grande do Sul

! Superficie et population du Rio Grande do Sul en 1888 : 236 555 kil. carrés; 968931 habitants; 4,1 hab, par kil, carré Population probable en 1893 ; 1 050 000 habitants. * Hermann von Thering, Rio Grande do Sul.

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en avait libéré plus de la moitié; en 1885, la province fêta le jour anniversaire de l'Indépendance par dix mille affranchissements.

Le quadrilatère du Rio Grande do Sul se divise naturellement en quatre régions, indiquées par le relief général. Comme dans les États voisins, un « pied-mont » de terres basses longe le littoral atlantique, et une « montagne » d’un millier de mètres sépare la zone cûtière des hautes terres s’inelinant d’une pente égale vers Uruguay. Mais ces deux régions, la basse et la haute, sont elles-mêmes partagées par une dépression profonde, dans laquelle srrpentent, du côté oriental, la rivière Vacacahy,

‘uée par le Jacuhy, et du côté occidental, l'Ibicuy Grande, tributaire de !'Üruguay. Les montagnes du nord-est gardent le nom de serra do Mar qu on leur donne jusque dans l’État de Rio de Janeiro, mais au sud du Jacuhy elles prennent successivement d’autres noms. Entre le Jacuhy et le Camacuam la montagne côtière s'appelle serra do Herval; au sud, entre le Camacuam et le Jaguaräo, on la dit serra dos Tapes, et divers chaînons portent d’autres dénominations. De même que la serra do Mar proprement dite, les serras du sud se composent de roches cristallines de gneiss et de granit.

La dépression transversale creusée entre la mer et l’Uruguay a laissé debout, comme la berge d’un fleuve, le rebord du plateau septentrional, et ce versant rapide, chaîne de montagne par une de ses faces, est généralement qualifié de Serra. Il se décompose en plusieurs massifs, de moins en moins escarpés dans la direction de l’ouest. Tandis que dans le voisinage de la mer la Serra dresse de pittoresques rochers coupés de précipices, on ne voit guère au-dessus des campos inclinés vers l’Uruguay que des collines aux pentes très adoucies, ou même de simples renflements comme ceux d'une mer faiblement ondulée. Les chaînons qui se détachent de la serra majeure, de même que les élévations des terres du sud, voisines de la Banda Oriental, sont connus sous le nom de « coxilhas » (cuchillas), terme d'ailleurs détourné de sa signification primitive. Les coxilhas de cette partie de l'Amérique ne sont pas des arêtes aiguës comme le tranchant d'un « couteau », mais au contraire des croupes aux longues déclivités, les collines d’un « pays d’Arcadie ».

Des couches tertiaires de sable recouvrent en maints endroits les roches de granit qui forment l'ossature de la contrée, mais les formations relalivement récentes sont représentées surtout par des masses éruptives, des trapps, qui se décomposent à l’air, prennent une écorce brune ou jaune

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