MATTO GROSSO
déjà Rio de Janeiro et Cuyabä, et le chemin de fer, décrivant un vaste détour par Sûo Paulo, a poussé jusqu'au delà du rio Grande, à plus du tiers de la distance totale qui sépare Cuyabä du littoral. Des voies de prolongement se préparent sur toutes les lignes du front d'attaque, et l'on travaille à des routes mixtes comprenant des courants navigables par bateaux à vapeur et des chemins de passage entre les rivières, Ainsi les deux rios Ivahy et Paranapanema, dans les États de Paranä et Süo Paulo, se continueraient au delà du Paranä par la remontée de l'Ivinheima et du Brilhante jusqu'aux montagnes voisines de Miranda, dans le Matto Grosso du sud, Toutefois ces chemins ne suffisent pas pour qu'une forte immigration se porte vers ces magnifiques régions des faites et des versants paraguayens et amazoniens, qui promettent d’être dans un avenir prochain un grand centre de peuplement. La colonisation se fera sans doute par la voie du sud, du côté du Paraguay et de l'Argentine. Si faible que soit la population actuelle du Matto Grosso, on constate que, des deux extrémités du territoire, celle du versant méridional contient la très grande majorité des habitants : en dehors d'une bourgade et de sa banlieue, presque tout le versant amazonien reste désert.
Le Matto Grosso est une des parties les moins saillantes du continent sud-américain et l'on n'y voit point de hauteurs qui constituent de vraies montagnes, quoique les gens du pays énumèrent les « serras » par dizaines. Les hautes terres du Brésil, dont les points culminants se trouvent dans les chaînes orientales, dans la Mantiqueira, les Aimores et l'arête de l'Espinhagço, s'abaissent graduellement à l’ouest du Goyaz méridional, et d'autre part les hautes masses andines inclinent vers l'est leurs contreforts et leurs terrasses. Entre les deux systèmes orographiques serpente en forme de vallée la plaine intermédiaire qui fut jadis un détroit maritime, séparant les deux grandes îles, Brésil oriental et Andes. Des eaux fluviales coulent dans la dépression où passaient autrefois les eaux marines, et leurs alluvions emplissent maintenant la plaine. Le seuil de partage qui sépare les sources du Guaporé et les rivières maîtresses du Paraguay n'atteint ou ne dépasse guère 500 mètres d'altitude : il ne paraît exister qu'un isthme très étroit de roches anciennes, unissant les hautes terres brésiliennes et celles du pays des Chiquitos'. Là, entre les deux chefs-lieux de
! Francis de Castelnau, Exploration dans les parties centrales de l'Amérique du Sud; — Orville A. Derby, Geologia e Paleontologia de Matto Grosso.
l'État, Matto Grosso et Cuyabé, se trouve le véritable centre de l'Amérique du Sud,
L'ignorance de la contrée fait confondre parfois les aigue-verses avec les serras, et sur les cartes on dessine une chaîne de montagnes continue entre les bassins du Madeira et du Tapajoz, puis entre les sources du Tapajoz et du Paraguay, enfin entre le Tapajoz et l'Araguaya. Cependant il est certain que cette saillie semi-cireulaire n'existe que par fragments, Les hauteurs qui dominent les plaines du haut Paraguay et de ses aflluents sont en réalité le rebord d'un plateau à strates horizontales ou très faible-