‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 210 sur 401 · BL AL SAEET XIE I AUTEURS EMPIRE · texte numérisé non relu

BL AL SAEET XIE I AUTEURS EMPIRE

elle dut opérer sa retraite, constamment poursuivie par un infatigable ennemi, qui lui disputait les passages des rivières et cherchait à l'enfermer dans les savanes par un cercle d'incendies. Le choléra se Joignit aux persécuteurs et il fallut abandonner les malades en pleine forêt, à la faim, aux ennemis, aux vautours. Quand les Brésiliens atteignirent un poste de ravitaillement inattaquable à l'ennemi, il ne restait plus que sept cents hommes : les autres avaient succombé aux privations, aux maladies, au feu et aux balles',

Le triomphe du Brésil sur le Paraguay lui ouvrit toutes grandes les portes d'accès : par la pente naturelle du sol et l'écoulement des eaux, le Matto Grosso se rattache au bassin de la Plata, et, grâce à la liberté de navigation des fleuves, assurée par la victoire, des services réguliers de bateaux à apeur s’établirent de Rio de Janeiro à Cuyabä par Buenos Aires. Mais, trop longue et trop coûteuse, cette voie ne peut guère servir qu'aux gens riches et aux fonctionnaires” : on ne peut la parcourir en moins de 51 jours. Quant à l’autre route fluviale, celle du Guaporé, du Madeira et de l'Amazone, on l'utilise moins qu'au siècle dernier, après l'exploration conduite en 1742 par Manoel de Lima. Avec cinq compagnons, il descendit en pirogue du Matto Grosso à l'Océan et son exemple trouva de nombreux imitateurs; mais le grand obstacle à une navigation régulière, l'escalier des rapides du Madeira, n'a pas encore été tourné, le projet de voie ferrée n'ayant pas abouti, à cause du manque de fonds et du conflit des intérêts. Les rares voyageurs qui se hasardent en barque sur les eaux du Guaporé doivent se soumettre à la fatigue des longs portages avant d'atteindre l'escale de Santo Antonio, tête de la navigation à vapeur sur le Madeira. La voie directe de la cité de Matto Grosso vers l’Amazone et Parä franchit le faite directement au nord et redescend le Juruena et le Tapajoz: mais cette voie, explorée à grand'peine par quelques voyageurs depuis Francis de Castelnau, est beaucoup trop pénible pour que le commerce puisse l'utiliser. On ne l'emploie, comme celle du Madeira, que pour l'importation des fèves du guaranä (paullinia sorbilis), recueillies par les Mauhé sur les bords de l'Amazone : la poudre de guaranä, mêlée à l’eau, fournit la boisson préférée des habitants du Matto Grosso.

Cependant l'amoindrissement graduel des distances rapproche le Matto Grosso des États du littoral, et bientôt cette contrée, isolée jadis, se rattachera matériellement au reste du Brésil. Une ligne télégraphique relie

‘ A. d'Escragnolle-Taunay, La Relraile de Laguna.

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