‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 213 sur 401 · MONTAGNES ET PLATEAUX DU MATTO GROSSO · texte numérisé non relu

MONTAGNES ET PLATEAUX DU MATTO GROSSO

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du plateau qui blanchissent aux premiers rayons du soleil l'appellation d'Araxd, mot guarani qui indique les points eulminants baignés de lumière et d'air pur.

Déjà d'Orbigny avait reconnu dans les hauteurs du Matto Grosso septentrional l'existence de couches appartenant à l’âge carbonifère et correspondant aux roches de même nature qui, de l'autre côté de la région, se montrent dans les avant-monts boliviens de Santa Cruz de la Sierra, Après d'Orbigny, Hartt et Derby ont constaté que les parties méridionales de l'Araxä datent probablement des âges paléozoïques, et que les couches carbonifères, dévoniennes et siluriennes y sont représentées : des lits fossilifères trouvés par le géologue Smith au-dessous des collines de Chapada, à cinquante kilomètres à l’est de Cuyabä, ont mis ces faits hors de doute. Plus au nord, dans la zone de rochers que traversent en cataractes le Madeira, le Tapajoz, le Xingü, le Tocantins et leurs affluents, les parois mises à nu par l'érosion sont toutes de formation cristalline, granits, gneiss, porphyres et quartzites.

Les hauteurs qui se développent dans la direction du sud entre les sources du Paraguay et celles de l'Araguaya, puis entre le premier fleuve et le Paranä, ne présentent pas le même caractère que les plateaux du nord. Ceux-ci n'ont été déblayés par les eaux que sur leur face méridionale, tandis que les saillies du Matto Grosso oriental ont été ravinées des deux côtés, à l’est et à l’ouest, et, rétrécies par ces affouillements latéraux, prennent en certains endroits l’aspect de véritables chaînes de montagnes. Ainsi se profilent du nord au sud la serra de Säo Jeronymo, celles de Maracajü et d’Anhambahy : le tracé futur du chemin de fer de Curitibä à Miranda traverse cette dernière chaîne à la hauteur de 618 mètres. Des roches éruptives, dites basalte dans le pays, mais probablement porphyriliques, ont percé les couches de grès qui composent les montagnes et paraissent avoir formé par leur désagrégation des « terres rouges » analogues à celles qui donnent aux planteurs de Säo Paulo de si belles récoltes de café’. Dans l'espèce de cirque délimité par le demi-cerele des hauteurs s'élèvent des massifs isolés, roches dont les strates, visibles de loin, ont une régularité parfaite. Les mornes eux-mêmes ont pour la plupart des formes géométriques : on dirait que de vastes pans se sont écroulés, laissant des parois lisses pareilles aux flancs d’une pyramide, Les sommets, horizontaux comme si la pointe en avait été coupée par un instrument tranchant, correspondent à d'autres sommets, et l’on voit qu'ils faisaient

! Orville A. Derby, Nota sobre a Geologia e Paleontologia do Matto Grosso,

autrefois partie d’une même terrasse. Les lignes d’affleurement des strates sur le pourtour des mornes semblent indiquer le plan suivant lequel se continueront les phénomènes de destruction. D'après de Taunay, qui parcourut le pays et y résida pendant plusieurs années, ces massifs de grès aux assises horizontales et régulièrement superposées sont formés de sédiments lacustres que tamisa la mer d’eau douce recouvrant jadis la contrée".

Les débris entraînés des parois et des escarpements ont aussi contribué à changer la physionomie du paysage. Les talus de décombres, repris par les rivières et les fleuves, ont, sur de grandes épaisseurs, revêtu le sol de couches nouvelles. Mainte saillie de rocher a disparu sous les restes menuisés des montagnes, et d'autres ne montrent plus que leur pointe au-dessus des terrains de formation plus récente. Des massifs qui se rattachaient aux plateaux et aux chaines de l'intérieur en sont maintenant séparés, parce que leurs bases sont enfouies et se dressent abruptement hors du sol, sans talus de transition. Ces mornes distincts, auxquels on donne le nom d’itambé, comme à la grande montagne de la serra d’Espinhaço, près de Diamantina, érigent leurs portes ou leurs dômes audessus de la mer d'arbres, comparables à des édifices gigantesques élevés

de main d'homme. A l’est du Matto Grosso méridional, ils s'alignent en ( rangées, se groupent en archipels, puis, de moins en moins hauts et à moins nombreux dans la direction de l’ouest, ou complètement solitaires \ dans le cercle de l'horizon, ils se montrent jusqu'aux bords du Paraguay, à ou même par delà le fleuve, au-dessus de la rive gauche. Les hauteurs chi- | quitéennes, ainsi que le disait déjà d'Orbigny*, appartiennent plutôt au système brésilien qu'à celui de la Bolivie.

Le haut Guaporé, l'Itenez des Boliviens, quoique compris dans le bassin de l’Amazone comme affluent du Madeira par le Mamoré, appartient spécia- À lement au Matto Grosso, puisque la ville de ce nom a été fondée sur ses bords et que la population presque entière de l’État s'est groupée dans la | dépression dont ce fleuve parcourt la moitié occidentale : il doit son nom ( de Guaporé à une iribu éteinte depuis longtemps. Sa principale source, très ferrugineuse, jaillit dans.une grotte ou corira, qui s'ouvre au bord de 1'Araxä, et coule d'abord dans la direction du sud, parallèlement à

d'autres rivières qui descendent au Paraguay; mais à l'issue des dernières collines le ruisseau se recourbe vers l’ouest, puis vers le nord-ouest et,

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1 Scenas de Viagem.

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