AGRICULTURE, INDUSTRIE MINIÈRE
les rues de Rio et bien plus rares dans les campagnes de l’intérieur. Les quelques colons asiatiques importés dans les plantations brésiliennes ue suffiront pas pour détourner les difficultés qui s’annoncent, et la lutte s'aggravera entre les grands propriétaires et ceux qui ne possèdent point.
L'agriculture a pris le premier rang dans la production brésilienne, mais au siècle dernier le travail des mines fournissait une exportation beaucoup plus considérable. Comparé au Mexique et au Pérou, les pays de l'argent, le Brésil était le pays de l'or. Dès le premier siècle de l'oceupation, les Portugais a aient découvert des mines aurifères, notamment à Taubaté, entre Rio et Säo Paulo, et bientôt les Paulistes, poursuivant leurs recherches vers le nord et vers l’ouest, signalèrent des rios de Ouro dans presque toutes les parties du territoire immense compris entre les Andes et le littoral de Bahia. La plupart de ces gisements sont abandonnés. Naturellement les mines que les aventuriers portugais possédaient au Pérou furent délaissées les premières, par suite de la jalousie des Espagnols et des persécutions que le vice-roi fit subir aux étrangers, accusés de préparer la conquête du pays. On dit que, pour éviter le tribunal de l'Inquisition, nombre de mineurs portugais s’enfuirent après avoir jeté leurs trésors au fond des lacs ou des rivières et comblé les galeries d'accès de leurs souterrains". Les mines de Goyaz, qui fournirent au siècle dernier de très fortes quantités de métal, ne sont plus exploitées que par un petit nombre de faiscadores ou orpailleurs, sans autres instruments que le pie et la batée. Dans le Paranä, le Rio Grande do Sul, Santa Catharina, Maranhäo, Piauhy, on trouve aussi de l'or, mais sans l’exploiter régulièrement.
La presque totalité du métal jaune exporté du Brésil provient de Minas Geraes, l'État minier par excellence. Le lavage des sables et des graviers ou cascalhos détachés des roches aurifères, recouvertes presque partout par le conglomérat ferrugineux de la canga, commença vers la fin du dix-septième siècle et, dès 1698, le pic entamait les montagnes d’Ouro Preto. Les chercheurs d'or s'étaient emparés des indigènes, qu'ils faisaient travailler sous le fouet au creusement et au lavage des terrains. Disposant de cette main-d'œuvre gratuite, ils firent accomplir des travaux prodigieux avec les moyens industriels les plus primitifs. On fouilla presque partout le sol sur une longueur de 450 kilomètres et une largeur de 220,
1 J, Tschudi, Peru.
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des deux côtés de la chaîne Épinière et dans les vallées tributaires du rio das Velhas. Du massif d'Ouro Branco à la Cidade do Serro, on marche presque constamment sur des monceaux de graviers qui ont passé, el souvent plusieurs fois, dans la batée de l’orpailleur. De la route, entre Ouro Preto et Sabarä, on aperçoit sur les collines une falaise qui se poursuit sur une longueur de plusieurs kilomètres : on dirait une paroi provenant du glissement des roches; mais c'est une tranchée à ciel ouvert, creusée par les mineurs à plus de 40 mètres en profondeur". Au-dessus de 'assagem, village minier voisin d'Ouro Preto, la colline est découpée en lours et en murailles que l’on croirait formées par des éruptions de lave : ce sont les restes de travaux faits par les anciens chercheurs. Pendant la période de prospérité, les potentats des Minas Geraes vivaient avec ce faste insolent qui de tout temps distingua les parvenus enrichis soudain. Des propriétaires se faisaient bâtir des palais où tous les jours la table était somptueusement servie pour les amis et les passants. Lorsque le capilaine général visitait un de ces riches mineurs, on lui offrait d'ordinaire un plat de cangita, où les grains de maïs étaient remplacés par des pépites. Pour la translation du Saint-Sacrement d’une église à l’autre on employait des chevaux aux sabots en or; les plaideurs appuyaient leurs suppliques en offrant des bananes pleines d'or à leurs juges.
On a évalué diversement la quantité de métal pur extraite des mines brésiliennes depuis les premières découvertes des Paulistes. D'après Gorceix, la seule province de Minas Geraes aurait livré au commerce, de 1700 à 1888, près de 660 000 kilogrammes d’or, correspondant à une valeur d'environ 1 850 000 000 de franes. La production totale pour l'ensemble du Brésil paraît n'avoir été guère inférieure à 3 milliards. Le rendement actuel est évalué de #4 à 8 millions par an. La plupart des compagnies qui exploitent le minerai sont constituées en Angleterre, et leurs opérations se limitent à la région des Minas située au nord du nœud de Queluz, et se prolongeant des deux côtés de la chaîne Épinière, entre Ouro Preto et Sabarä. Elles ne font plus exploiter les alluvions des rivières, mais attaquent les roches mêmes, en poursuivant les veines pyriteuses jusqu'à de grandes distances et à plusieurs centaines de mètres en profondeur. Des chemins de fer, des plans inelinés transportent le minerai jusqu'aux bocards où l’eau des rivières et des canaux permet le lavage et la lévigation de la pierre concassée. La diminution du rendement et le prix croissant de la main-d'œuvre ont graduellement ralenti les
1H. Gorceix, Bulletin de la Société de Géographie, séance du 18 octobre 1876.
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