INDUSTRIES DU BRÉSIL, CYS
son côté, le gouvernement a imposé des droits très élevés sur la plupart des produits de l'industrie étrangère. Il est rationnel qu'on cherche à obtenir directement les objets qu'on avait l'habitude d'importer; mais il y a perte évidente dans l'ensemble du travail humain, car le prix de fabrication s'élève beaucoup plus haut au Brésil que dans les pays industriels de l'Europe, et l'écart doit être compensé par des droits « proteeteurs » très onéreux. Les filatures et les fabriques de tissus tiennent Île premier rang parmi les établissements qu'a fait surgir la nécessité de suppléer aux marchandises étrangères trop enchéries par le fise. Chacune des grandes villes brésiliennes a plusieurs manufactures et il s'en élève dans les districts les plus reculés de l'intérieur, La suppression ou seulement la diminution des droits de douane ferait abandonner la moitié de ces usines,
Mais, en dehors de ces fondations dues au système protecteur, le Brésil « les nombreuses industries nécessaires à l'entretien des cités, briquetevies, fabriques de chaux et de ciment, ateliers de meubles et de charpentes, carrosseries et charronneries, brasseries et distilleries, chantiers de construction. Il lui faut aussi tout le magnifique outillage qu'exigent ses principales cultures, le cafier et la canne à sucre; enfin l'immensité du territoire demande un nombre croissant de locomotives, de wagons, de bateaux à vapeur. Le réseau des voies de communication s’aceroit el par. tout l'activité nationale augmente en proportion. On peut juger de ce qu'elle était sous le régime colonial par ce fait que rapporte Auguste de Saint-Hilaire : sur la route maitresse de Rio à Minas, reniplacée maintenant par le chemin de fer Central, qui transporte sept milions de personnes, pas un seul voyageur ne traversa la frontière des provinces du 19 février au 28 mai 1819. D'Ouro Preto à Rio de Janeiro, le voyage des muletiers, cheminant presque toujours par lotas ou groupes de sept hommes et sept animaux, durait un mois en moyenne. Une compagnie anglaise ayant proposé la construction d'une route, il lui fut répondu, comme on le ferait actuellement à Madagascar, que des chemins pourraient faciliter la conquête du pays par une puissance étrangère".
Depuis la fin du régime colonial, le commerce brésilien a certainement décuplé, car, si gènants que sojent les tarifs des douanes, du moins les échanges avec l'étranger ne sont pas interdits, comme ils le furent jus-
qu'à l’année 808, Pendant longtemps une compagnie financière posséda le monopole du trafic avec le Brésil et disposa d'une flotte de guerre
! Friedrich von Weech, Brasiliens gegenwärtiger Zustand und Colonialsystem. xIx, 60
montée par des fantassins et des artilleurs. Mais les richesses du pays, or, diamants, denrées coloniales, bois de teinture, forçaient qutnd mème les étrangers à recourir aux négociants de Lisbonne, et l'on dit qu’au commencement du siècle ce commerce, ménopolisé par le Portugal, s'élevait à près de 150 millions de franes'. Au milieu du sièele, il atteignait 500 millions. Vers 1880, l'ensemble des échanges avait déjà dépassé un milliard, et, depuis, l'accroissement à continué malgré les révolutions et la guerre civile, malgré les spéculations effrénées, malgré le jeu et les malversations de toute sorte : on a vu des sociétés à capital nominal, constituées coup sur coup, demander en quinze jours un ou même deux milliards. En 1891, les diverses entreprises mises en actions représenlaient onze fois la fortune totale du Brésil.
L'importation consiste principalement en objets manufacturés, mais elle comprend aussi des articles que le pays pourrait très bien fournir : des briques, des carreaux et des tuiles, des farines et des viandes, surtout le riz de la Barmanie et la carne secca ou xarque des États platéens; il n’est pas de boutique de détail, dans la plus pauvre bourgade de l’intérieur, où l’on ne trouve des biscuits anglais, des sardines de Nantes et des bouteilles de pale-ale. L'exportation, plus considérable en moyenne que l’importation, se compose, pour les quatre cinquièmes ou même davantage, de café, la denrée brésilienne qui gouverne les marchés du monde. Après le café, le pays exporte du caoutchouc pour une valeur de 125 millions”, du sucre, du coton, du tabac, et, pour une valeur bien moindre, du cacao, les « noix » ou « châtaignes » du bertholletia, de 4000 à 20 000 tonnes de maté suivant les années, l'or et les diamants”.
Grâce à des tarifs spéciaux, l'Amérique du Nord occupe le premier rang dans le commerce avec le Brésil. Une forte part de la récolte du café se dirige toujours vers les États-Unis. En 1892, plus de 2400000 sacs y ont été expédiés de Rio, et le reste du monde n'a reçu du même port qu'une quantité de café brésilien inférieure à un million de sacs. Santos,
t Adolpho de Varnhagen, Historia geral do Brasil. 3 Exportation du caoutchouc du Para en 1891 : 125 540 000 francs. 5 Commerce du Brésil avec l'étranger en 1890 :
Importation : 260 100 000 reis, soit à 2 fr. 2Ù le milreis 572 220 000 francs.
Exportation : 317 822 000 reis, soit » » 690 208 460 » Ensemble, , . . . . . . . . . . . 1271 498 400 frunes. Exportation du café. . . . . . . + 400 000 tonnes.
Valeur moyenne du café brésilien en 1892 : 100 francs le sac, soit à 1 fr, 66 le kilogramne, 664 000 000 francs,
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