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VOIES FERRÉES DU BRÉSIL

dant elles ont déjà quelques viadues imposants, notamment celui qui traverse le Paraguassü, entre Cachoeira et Säo Felix, le pont du rio Grande, sur le chemin de fer d'Uberaba, et le viaduc de plus d'un kilomètre où passent les houilles de Tubaräo.

Le Brésil ne possède encore que deux réseaux proprement dits de voies ferrées, ayant pour points de départ l’un Rio de Janeiro, l'autre Santes : d'ailleurs ces deux systèmes sont rattachés par une ligne de 596 kilomètres qui remonte la vallée du Parahyba et redescend à Säo Paulo. Le réseau de Rio pénètre au loin dans les Minas Geraes et chaque année se prolonge d'une ou deux étapes dans la vallée du Rio das Velhas, où commence la navigation de la ramure du Säo Francisco. Les progrès de la viabilité sont encore beaucoup plus rapides dans le Säo Paolo, où les voies, traversant la région du café, ont atteint déjà les cours navigables du rio Grande, du Pardo, du Mogy guassü, du Tieté, du Piracicäba. Dans les autres régions, il n’y a encore que des lignes isolées ou des chemins rayonnant en éventail, comme ceux de Recife et du golfe de Bahia. Une grande voie maîtresse qui unirait toutes ces lignes isolées, du nord au sud, est une entreprise à la hauteur de laquelle ne se trouvent pas encore les finances brésiliennes. Les projets qu'il serait nécessaire d'exécuter au plus tôt pour donner au pays une assiette politique plus solide sont ceux qui rattacheraient Rio de Janeiro et les Minas Geraes au versant du Matto Grosso, et l’État de Säo Paulo à l'extrémité méridionale de la République. Actuellement le Rio Grande do Sul se trouve par ses voies de communication dans la dépendance économique des États platéens. Pour ses relations avec l'Europe, le Brésil devrait aussi se donner une voie littorale de Campos à Recife, le premier port d'arrivée des paquebots transatlantiques.

Les chemins de fer brésiliens n'ont pas été construits suivant un plan uniforme, et sur telle ligne, notamment sur le Central, axe commercial des Minas Geraes, la voie étroite succède à la voie large : sur la plupart des nouveaux chemins l'écartement des rails ne dépasse pas un mètre. Le gouvernement ne possède qu'un petit nombre de chemins. La plupart des lignes appartiennent à des compagnies privées, nationales ou étrangères, dont quelques-unes n’ont demandé ni subvention, ni terrains, ni garantie d'intérêts; mais les principales sociétés se sont fait donner, outre la concession, des bandes latérales de terres et ont obtenu du gouvernement des garanties de recette ou des subsides suffisants pour que l’entreprise ne présente aucun risque: de plus, elles ont stipulé que nulle société rivale n'aurait le droit de construire de ligne parallèle ou convergente dans une

zone déterminée. Ainsi se constituent graduellement des monopoles, comme celui du chemin de fer de Santos à Jundiahy, qui, ne pouvant satisfaire aux transports commerciaux de la région, prétend interdire aux producteurs d’expédier leurs denrées par d’autres voies. Dans les distriets écartés

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