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N° 413. — DIVISIONS POLITIQUES DU BRÉSIL

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des habitants. Ainsi le Sénat se compose de 65 membres, soit 3 pour chaque État et pour le municipe nevtre. Camme dans le République du nord, 1l se renouvelle par fractions, Sa durée légale étant de neuf années, un tiers de ce corps électif achève son mandat après trois ans d'exercice et de nouveaux élus le remplacent; à la fin de ‘a sixième année, des élections ont lieu pour le deuxième tiers des enateurs.

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Quoique le président et le vice-président de la République aient été élevés au pouvoir à la suite d'une révolution de caserne, la constitution donne aux chefs de l'exécutif une origine élective et populaire. Président et vice-président sont nommés au suffrage direct, à la majorité absolue des voix; si, parmi les candidats, nul n'a obtenu la majorité, le Congrès décide. Quatre années est la durée fixée pour l'exercice du pouvoir présidentiel, qui ne peut être brigué par le même personnage pour le terme suivant. Le président désigne et renvoie à son gré les ministres d'État, commande l’armée de terre et de mer, nomme aux charges civiles dépendantes de la fédération, choisit les membres du tribunal suprème, les ambassadeurs et consuls, déclare la guerre et conclut la paix. Il approuve et publie les lois votées par le Congrès, mais il possède le droit de veto, obligeant ainsi les chambres à discuter les questions à nouveau et à les trancher, non à la simple majorité, mais par une proportion des deux tiers. De son côté, le Sénat possède le droit presque illusoire de juger le président de la République sur la proposition de la Chambre des députés. En fait, celui-ci est armé de pouvoirs monarchiques bien supérieurs à ceux que s’arrogeait le souverain. Le corps judiciaire, qu'une fiction légale considère comme égal en influence au pouvoir législatif et au pouvoir exécutif, se trouve en réalité entre les mains de celui qui en nomme les membres.

Fait curieux, l'école positiviste d’Auguste Comte à pris une part considérable dans la révolution brésilienne qui renversa l'Empire. La doctrine avait fait de grands progrès, surtout dans les instituts militaires, et c’est à la ferveur de quelques positivistes engagés dans le mouvement révolulionnaire, que doivent ètre attribués plusieurs décrets promulgués pendant les premières semaines de la république : séparation de l'Église et de l’État, institution de la fête nationale du 14 juillet, coïncidant avec celle de la France, adoption des devises Ordre et Progrès sur les draperax, Salut :1 Fraternité dans les correspondances officielles. Toutefois cette vaine figuration ne change rien aux mœurs politiques. La constitution brésilienne, pour avoir imité presque servilement celle des États-Unis du Nord, ne donnera point aux Brésiliens l'esprit anglo-saxon : chaque article de la charte sera interprété d’après le mode de penser, les traditions, les mœurs ét passions des Portugais sud-américains.

C’est ainsi que les pouvoirs royaux donnés au président des États-Unis, et par imitation à celui du Brésil, ont rapidement mené le gouvernement

t Miguel Lemos, Apostolat positiviste au Brésil.

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à l'exercice de la dictature. D'ailleurs, dès ses débuts, le pouvoir issu de la Révolution fut une autocratie militaire. L'armée se plaignait depuis longtemps d'être tenue à l'écart, et lorsque l'Empereur, malade, ne prit plus qu'une faible part au gouvernement, les principaux chefs militaires, objets de méfiance, furent systématiquement éloignés, même en des régions insalubres, comme le haut Amazone et le Matto Grosso. Cependant l’armée, fière de ses victoires au Paraguay, avait longtemps souffert de son rôle subordonné et réclamait la première place. Les quelques hommes. qui dirigeaient le mouvement républicain profitèrent de ces dispositions des chefs ; ils leur offrirent le pouvoir en échange du nom de « République », et la révolution, plus apparente que réelle, se fit sans effusion de sang, comme un simple changement de décor. Depuis la fin de l'Empire, le pays a été gouverné par des soldats; en 1895, plus de la moitié des gouverneurs de province sont des militaires. Mais la marine, qui avait eu sa part de gloire dans l'expédition du Paraguay, en forçant le passage des fleuves, se trouva négligée à son tour dans le partage de la puissance, et c'est à cette rivalité entre les deux armes, diversement influencées par la pression de l'élément civil, qu'il faut attribuer la succession des événements récents. :

D'ailleurs l’armée n’est point une force issue de la nation par un fonctionnement régulier. Quoiqu'il existe une loi réglant le tirage au sort, les régiments se recrutent par engagements volontaires et moyennant une prime que paye l’État pendant six années, durée légale du service : la plupart des recrues sont des hommes de couleur, tandis que les cadres se composent surtout d'officiers blanes ou considérés comme tels. Pendant la guerre du Paraguay, le Brésil eut jusqu’à 70000 soldats, en y comptant les gardes nationales mobilisées, les corps de police et les garnisons des lrontières'. Depuis cette époque, l'effectif a varié de 15 000 à 20000 hommes; en cas de guerre, il peut s'élever rapidement à 30000. Quant à à garde nationale, d'existence purement fictive, elle comprend un milhon de citoyens. La flotte de guerre est relativement considérable’, Au début de l'empire, la plupart des vaisseaux étaient commandés et montés par des étrangers. Actuellement la marine recrute ses marins au Brésil, mais la plupart des navires sont encore construits sur les chantiers d'Europe; dans les divers arsenaux de la marine, à Rio, Bahia, Recife,

! De Rio Branco, dans le Brésil, par E. Levasseur.

2? Flotte brésilienne en 1893 :

8 cuirassés: 3 croiseurs blindés; 7 croiseurs non blindés; 17 canonnières; 98 autres navires: 63 navires, portant 250 canons, Équipage normal : 700 officiers et 4000 marins.

Bebe ‘Till

492 SOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE,

Maranhäc et à Ladario, près de Corumbä, on ne lance que des bateaux d'un faible tonnage.

La guerre du Paraguay a coûté au Brésil un milliard et demi, somme qui représente à peu près le total actuel de la dette nationale, en caleulant la monnaie fiduciaire brésilienne au taux du change, qui, par son avilissement graduel, a diminué de plus de moitié les créances; toutefois le service des emprunts contractés à l'étranger est payable en or, et le Brésil a toujours rempli ses engagements au temps voulu, quoique son budget se solde d'ordinaire en déficit". La plus forte part des recettes budgétaires provient des taxes de la douane, qui augmentent de 60 pour 100 en moyenne la valeur des objets d'importation, et les plus fortes dépenses sont consacrées à l’armée et à la flotte, sans compter les ressources extraor-

is employées en dehors des prévisions du budget*. Par suite de la notelle répartition des impôts douaniers”, dont une certaine part, atiribuée jadis au gouvernement central, appartient maintenant aux États particuliers, plusieurs de ceux-ci disposent de finances très prospères. On peut citer en exemple l’État central du Brésil, les Minas Geraes. Ses recettes ont triplé dans les vingt dernières années, mais les dépenses ne se sont point accrues dans les mêmes proportions‘. Les finances de l'État de Rio de Janeiro présentaient un spectacle analogue, par suite de la majoration des tarifs douaniers. Mème des États presque déserts ont dû

! Budget de l'année 1892 :

Recettes en milreis.. . . . . . . . 201 664 000 #, à À fr. 30 le milreis 262 163 200 francs. Dépenses » 6... + + + 229 848 000 # » » 289 702 400 » DORE sm dtran tem aucal 21 184 000 #, à 1 fr. 50 le milreis 27 539 600 francs, Dette intérieure au 31 décembre 1892. 541 674 500 # » » 704176850 » » extérieure » 756 337 500 »

PROMOD ne vtr lu ee 1 440 514 550 francs, 3 Dépenses militaires en 1892 :

(ENT RS TT SE En 64 531 059 milreis.

MAIN Nu dan em mr 32718029 p»

Ensemble, , . . . . . . . . 87 308 838 milreis.

Soit, à 1 fr. 50 le milreis, 113 406 289 francs. 3 Revenu des douanes en 18992 : 195 000 000 francs. # Budget de l'État de Minas :

Reeettes de l'année fiscale 1851-1859, soit à 3 fr. » le milreis. . 305 708 # 914 195 fr. » » 1891-1892, » 1 fr. 30 » ,. 19199890 # 24 960 000 » Dépenses » » » » » 43776959 # 17 900 000 »

Surplus D » » » » 5422931 # 7 060 000 »

# Recettes de l'année fiscale 1891-1892, 16 358 433 9, à 1 fr. 30 le milreis. 24 537 649 francs. Dépenses » » 10 691 132 # » » 16036698 »

Surplus » » h 667 3401 # » » 8500 951 »

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à un accroissement d'exportations des recettes imprévues. Ainsi la plusvalue des perceptions douanières de l'État d'Amazonas s’est élevée à plus de à millions de milreis en 1899, et le trésor de Manaos, loin d’avoir des intérêts de dettes à payer, possède un excédent considérable’. D'autre part, certains États, tels que Goyaz, Piauhy, Parahyba, incapables de subvenir à leurs dépenses, ont été obligés d'avoir recours au Congrès pour des subventions nationales. Presque tous demandent une partie de

PALAIS DE L'ÎLE FISCAL, DÉPENDANCE DE LA DOUANE DANS LA BAIE DE RIO, Dessin de Boudier, d'après une photographie,

leurs ressources budgétaires à la folie du jeu, qui hante la plupart des Brésiliens : le tirage des loteries d'État est la principale préoccupation pour des millions d'hommes. A Rio de Janeiro et dans les autres grandes villes des kiosques s'élèvent à chaque coin de rue pour la vente des billets.

La plus petite division du territoire a gardé sa dénomination religieuse : c'est la frequezia, qui a pour sens originaire « réunion des fidèles »: en 1887, on comptait dans tout l'empire 1886 de ces paroisses, quelquesunes formant un simple quartier de ville, d’autres embrassant un terriloire immense : en moyenne, elles occupent une superficie de 4220 kilomètres carrés, les deux tiers d’un département français. Au point de vue

! Budget de l'État d'Amazonas en 1892 :

Recettes, . . . . . 6807 660 milreis, soit à 1 fr 30 le milreis 8 849 958 francs. Dépenses, . . . . . 4123528 » » » 5360326 »

Excédent, , . . . ,. 2684332 » » ) 5489651 »

Dr PS

religieux, le Brésil se divise en douze diocèses, deux archevéchés, Bahia et Rio de Janeiro, 19 vicariats généraux et 253 comarcas ecclésiastiques. Au point de vue civil, une ou plusieurs freguezias sont groupées en termos qui correspondent pour la plupart aux municipios; cependant quelques termos se divisent en « municipes », le corps politique correspondant le mieux, malgré son étendue considérable, à la « commune » française, Dans les statistiques brésiliennes, la population s’énumère par municipes,

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