FLORE, FAUNE, HABITANTS DU PARAGUAY
Ja tige dure et les arêtes coupantes rendent la marche très pénible, même
dangereuse pour les voyageurs qui ont la moindre blessure.
Pour la faune de même que pour la flore, le Paraguay est une province brésilienne : il a trois espèces de singes, les vampires qui sucent le sang des bestiaux, le jaguar et le puma, le tapir, les sarigues, le capyvara, le boa, le crocodile, les termites, les fourmis et leur ennemi le tamanoir. L'autruche fandu vit dans les campos, beaucoup plus rare que dans l'Argentine. Le fleuve est une limite pour certaines espèces, et depuis l'époque où l'homme blanc a établi sur la rive gauche une lisière presque continue de villes ct de bourgades, tandis qu’il se hasarde à peii® sur la rive opposée, un grand contraste de la faune s’est fait de part et d'autre. D'après Gareilaso de la Vega, le mot Chaco signifie en guarani « champ de chasse », et en effet ces plaines sont parcourues par des multitudes d'animaux, que poursuivent les Indiens sauvages. Il faut dire toutefois que cette étymologie du mot Chaco est contestée. Habité par des Guarani et non par des Quichua, ce nom ne serait-il pas guarani, et dans ce cas n'aurait-il pas le sens de bañado ou « marécage »'?
ITT
La nation paraguayenne par excellence, celle à laquelle appartient la race métissée des villes et des distriets populeux, est la nation guarani. Leur civilisation devait, même avant l'arrivée des Jésuites, avoir conquis un certain ascendant, puisque leur langue était assez répandue pour avoir été adoptée comme un parler commun, lengua geral, entre les populations de diverse origine, des bords de l'Oyapok à ceux du Paraguay : ce n'est point dans le monastère jésuite de Porto Seguro, comme le dit Martius, c’est dans les marchés indiens, de peuplade en peuplade, que naquit le « langage général ». Dans les forêts orientales du pays se maintiennent encore quelques familles pacifiques de Coagua ou Coyagua et autres Indiens, qui se tiennent à l'écart, non sans avoir conscience de leur parenté avec les autres Guarani, et qui les imitent grossièrement dans leurs cérémonies religieuses, legs des missionnaires jésuites. Les Apitare ou « Gens de l'Intérieur », tribus de potiers et de fisserands*, qui vivent entre les sources du Jejuy et Le saut de Guayra, appartiennent aussi à la même race.
1 Luis L. Dominguez, Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, 1889. * Sandalio Sosa et de Pourgade, Proceedings of the R, Geographical Society, 1888.
Les Guarani sont au nombre des indigènes américains qui se rapprochent par le type de celui des Asiatiques orientaux : presque tous petits, de 1,97
en moyenne, gros et trapus, larges de poitrine et d'épaules, ils ont la
figure d’un jaune brun, ronde sous un front bas et étroit, entourée de gros cheveux plats et noirs, avec des pommettes saillantes et des paupières légèrement obliques.
Les Payagua, dont le nom, d'après Bonpland, serait devenu, sous une forme légèrement modifiée, celui du fleuve Paraguay, habitaient les bords du cours d’eau en amont d'Asuncion, qu'ils approvisionnaient de poisson, de bois et de fourrage pour les bestiaux. Hommes vigoureux, de taille plus élevée, de figure moins large, d'attaches plus délicates que les Guarani, ils se défendirent avec vaillance contre les Espagnols et périrent presque tous en ces guerres continuelles. Les survivants durent se soumettre, et on les amena dans la banlieue de la capitale pour leur imposer les travaux d'alimentation de la eité, comme pêcheurs, bücherons, éleveurs de bétail. Sous le gouvernement de Francia, ils étaient chargés de la police du fleuve pour empêcher l’arrivée des étrangers et prévenir tout commerce interlope'. Avant la guerre ils étaient environ cinq cents, mais presque tous succombèrent dans les batailles, sous le commandement d'officiers paraguayens : en 1878, il n'en restait plus que dix-sept. On ne peut sans tristesse voir leurs figures douces et mélancoliques. Avec eux disparaissent les plus artistes des Indiens de la plaine : ils tissaient des nattes, des corbeilles, des étuis de jone recouverts de dessins et d'arabesques, tournaient des vases élégants et même sculptaient dans l'argile ou le bois des statuettes offrant une expression de vie très remarquable? Leur langue, très différente du guarani, était d'une extrême difficulté de prononciation : aucun Paraguayen n'avait pu l'apprendr:. Certains mots ressemblaient à de profonds gémissements.
Les Lenguas et les Mbaya ou « Méchants », qui appartenaient jadis à la nation des Guayeurt, n'ont pas complètement disparu comme les Payagua : on en voit encore quelques-uns dans le Chaco, en face de Villa Concepelon, non loin des Angaites, qui, au nombre de 1500 environ, vivent un peu plus au nord, vis-à-vis du confluent de l'Apa, près de la frontière brésilienne”, Ce sont les restes des peuplades guerrières qui, au début de la colonisation, enveloppèrent la petite bande armée d'Ayolas et la massicrèrent en entier, Mais ces tribus s’éteignent peu à peu, Dans la foule Alfred Demersay, Histoire du Paraguay.
* Luis Jorge Fontana, El Gran Chaco.
5 Albert [lans, Notes manuscriles.
l'approchent tits, de 1,97 es, Ils ont la , entourée de
et des pau-
nu, SOUS une ent les bords it de poisson, de taille plus les Guarani, rent presque mettre, et on r les travaux rs de bétail.
a police du it commerce ais presque it d'officiers On ne peul : eux dispat des naltes, arabesques, gile ou le iable*, Leur ulté de prons mots r'es-
nt jadis à la e les Payae Villa Con-
1, vivent un
mère brédébut de la EL la massans Ja foule