‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 283 sur 401 · SAR DIN EASICS IE · texte numérisé non relu

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Au-dessous de la ville de Paysandt, où sa largeur n'atteint pas 600 inètres, il prend le caractère d'un estuaire par l'écartement de ses rives, qui se développent parallèlement, à plusieurs kilomètres de distance. Les deux rivages contrastent nettement dans cette partie du cours : celui de l’ouest, terre argentine, est bas, en certains endroits marécageux, et se poursuit sans la moindre saillie jusqu'à l'extrême horizon ; le rivage de l'est au contraire s'étage en terrasses et en collines de formes variées, Évidemment l'Uruguay allait autrefois rejoindre le Paranä à travers la plaine unie, puis il a graduellement gagné dans la direction de l'est, rongeant sans cesse la base des promontoires pour en rejeter les débris le long de sa rive droite : exemple de ce phénomène d'érosion normale qui, conformément à la « loi de Baer », fait empiéter les fleuves de l'hémisphère méridional à gauche de leur courant, tandis que dans l'hémisphère du nord ils gagnent sur la droite.

Un autre contraste des deux versants est celui que présentent les rivières affluentes, dont le flot roule beaucoup plus abondant du côté de la Bande Orientale. Le rio Negro, le plus fort de ces tributaires, comprend dans son bassin une moitié du territoire de la République : il a reçu son appellation, non à cause de la couleur « noire » de son eau, comme ses homonymes du bassin de l'Amazone, mais parce qu'il reflète nettement les ombres; clair et limpide, il diffère des rivières diversement limoneuses appelées rio Verde, rio Colorado, rio Vermejo'. Le rio Negro de l'Uruguay, gonflé du Tacuarembo et de la rivière Yi, coule dans la direclion normale du nord-est au sud-ouest; mais, arrivé près du fleuve dans lequel il va se perdre, il se rejette au sud et limite avee Uruguay une longue péninsule, dite Rincon de las Gallinas, ou « Recoin des Poules ». C'est un enclos naturel que dès les premiers temps de la colonisation les éleveurs apprécièrent pour y parquer leurs bestiaux, En aval du confluent, l'Uruguay a presque cessé d’être fleuve : il s'étale en un le où le courant se fait sentir à peine et que remontent facilement les voiliers, grâce à la brise marine; au passage le plus étroit, devant Higueritas, son lit a 2 kilomètres de largeur. La haute rive orientale donne une apparence pittoresque à cet estuaire, dans lequel refluent les eaux du Parani pendant les grandes crues; les petites rivières latérales s'y ouvrent en larges baies où peuvent pénétrer les navires. Dans le bas cours du fleuve, en amont de l'ilot Martin Garcia, le Paranä mêle déjà, même durant la saison des sécheresses, son cours à celui de l'Uruguay. Le Paranä con-

1 Martin de Moussy, Description de la Confédération Argentine.

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