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maintenant il conserve une demi-indépendance; dans les temps géolo-
giques antérieurs il fut un fleuve complètement distinet. En dehors de
l'Uruguay, la Bande Orientale n’a que des ruisseaux côtiers et quelques
rivières qui, par la lagôa Mirim et le Säo Gonçalo, appartiennent au versant brésilien du Rio Grande. Toutes ces rivières, le Cebollati, le Tacuari, et le Yaguaron (Jaguaräo) qui forme la frontière, sont bordées de marécages dans leur cours inférieur et, suivant les saisons des sécheresses
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ou des pluies, se prolongent dans le lac amoindri ou s’étalent largement dans les terres inondées.
Presque entourée d'eau, la Bande Orientale jouit d'un climat maritime en comparaison de la région des pampas ; cependant les extrèmes y offrent encore un écart considérable, plus de 40 degrés à Montevideo. Cette ville, se trouvant à une latitude qui correspond à peu près à celle d'Alger, dans l'Ancien Monde, présente déjà l'alternance normale, printemps, été, automne et hiver; toutefois celui-ci est tellement doux, que les hahitants font seulement la différence entre la moitié chaude de l'année, qui commence en octobre, et la moitié fraiche, de mai à septembre, I arrive parfois, mais d'une manière tout à fait exceptionnelle, que le thermomètre descend au-dessous du point de glace, par l'effet du rayonnement qui se produit sous un ciel clair. Le mois le plus froid, celui de juillet, correspond pour la température au mois d'avril sous le climat de Paris', Dans l'intérieur des terres les chaleurs de l'été paraissent quelquefois presque intolérables, mais parce que des incendies dévorent la brousse, répandant au loin leur voile de fumée. Le plus grand inconvénient de la température uruguayenne provient de la différence qui se manifeste entre la fraîcheur du matin et la chaleur de la journée. Cette différence ne dépasse pas 6 degrés en moyenne, mais on l'a vue s'élever à 15 « à 18 degrés : pareil écart dans l'espace de 8 heures peut être fort
dangereux pour les nouveaux venus. C'est surtout au printemps, — septembre et octobre, — que les écarts du matin et du midi sont le plus
fortset que soufflent les vents les plus pres.
Dans la vallée de l'Uruguay, la marche des courants atmosphériques, déterminée par la forme du lit dans lequel ils se meuvent, se fait généralement du nord au sud ou dans la direction inverse. Mais sur la partie du littoral tournée franchement vers la mer le vent du sud-est, qui dans ces parages est l'alizé normal, souffle presque constamment pendant la saison chaude; il domine aussi durant la saison fraiche, mais alors fréquemment interrompu, soit par les vents du nord, soit par le pampero, qui provient du sud-ouest, Ce vent, le plus dangereux, mais celui qui renouvelle le mieux l'atmosphère, le « vivificateur par excellence », nettoie le ciel de toutes les vapeurs qu'avaient amassées les vents de terre, emporte les poussières et les brouillards, sèche îe sol humide, et, par les petites gelées qui le suivent de temps à autre, tue les insectes nuisibles à la végétation. Parfois aussi le vent alizé souffle en tempête comme le
1 Martin de Moussy, ouvrage cité; — Féris, Archives de médecine navale
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