NUEVA PALMIRA, COLONTA, HI
guerres civiles de l'Uruguay : l'un d'eux fut ce général Flores que les envahisseurs brésiliens mirent en 1865 à la tète de la République. La ville des bords du rio Negro où commence la navigation à vapeur, Mercedes, n'est qu'à une faible distance de l'embouchure’, Le village situé au confluent même, Soriano, n'a guère prospéré, quoique favorablement situé, au bord du fleuve qui dans cette partie de son cours se confond déjà avec l'estuaire; les premières maisons étaient fondées en 1624, près d’un siècle avant Montevideo, et l'on y voit encore la chapelle qu'y érigea Bernardo de Guzman pour grouper autour d'elle les Indiens Chana, qui avaient demandé la protection des Espagnols contre les Charrua. Un autre poste, que Sébastien Cabot avait établi à quelques kilomètres plus bas, près du village actuel de San Salvador, n’a pas laissé de traces.
Les bourgades d'Higueritas où Nueva Palmira et de Carmelo ou Las Vacas se succèdent en face des bouches du Paranä, à l'endroit où l'estuaire, large en amont de 10 kilomètres, se rétrécit à 2 kilomètres environ, limitant une rade excellente : des flottes entières trouveraient un abri dans ce bassin naturel, profond de 20 à 25 mètres; au sud, quelques îlots vaseux préparent le comblement de l'estuaire et vont se rattacher à l'ilot de Martin Garcia”. À l'extrémité d'un promontoire se montre la ville fameuse de Colonia del Sacramento, qui fait face à Buenos Aires par-dessus les eaux du golfe : parfois, avant les tempêtes, la ville et ses navires se voient de Colonia, renversés par le mirage. La cité n'est pas grande, quoiqu'elle possède, après Higueritas, le meilleur ancrage de l'estuaire de la Plata : les bâtiments y mouillent en toute saison, à l'abri d’un petit archipel d’ilots; aussi la station fut-elle ardemment disputée sitôt après sa fondation, en 1679, par le Portugais Manoel Lobo, qui en fit un poste de contrebande. Près de là, sur les bords du ruisseau Martin Chico, le grand navigateur Solis fut lué par les Charrua. De Colonia, bien nommée, ont essaimé de nombreuses colonies agricoles peuplées d'immigrants européens : l’une, Nueva Helvetia, eut, comme le dit son nom, des Suisses pour fondateurs, en 1862; Valdense a pour habitants des Vaudois protestants du Piémont; Cosmopolita reçoit surtout des Italiens. Dans le voisinage, près du village de Rosario, on a découvert des mines d’excellent graphite.
! Mouvement commercial de Mercedes en 1891 :
1545 navires, jaugeant 577 d99 tonnes.
? Mouvement de la navigation à Nueva Palmira en 1891 :
1985 navires, jaugeant 688 084 tonnes.
Bruit halte El
La ville de San José, bâtie sur la rivière du même nom, au nord-ouest de Montevideo, peut être considérée comme appartenant à la grande lan lieue de la capitale; des Asturiens la fondèrent à la fin du sitele dernier, Les républicains en avaient fait leur capitale en 1825 pendant leur guerre avec le Brésil, et depuis cette époque elle a été l'objectif de toutes les guerres civiles; cependant elle a prospéré, de même que Florida, située dans le même bassin fluvial, au bord de l'Arroyo Pintado, que traverse un beau viaduc de la voie ferrée du nord; les jardins, les bosquets, les maisonnettes entourées de fleurs ont mérité à cette ville le nom de « La Fleurie », Près de là, sur les bords de la rivière Santa Lucia, le village d'Ituzaingo rappelle la victoire décisive que les Argentins remportèrent en 1827 sur les impériaux du Brésil,
Montevideo, la capitale de l'Uruguay, n'en est pas la plus ancienne ville : un gouverneur de Buenos Aires, Zabala, bâtit les premières maisons pour prendre possession du rivage orienal de l'estuaire et devancer les envahisseurs portugais: mais pendant quelques années la nouvelle fondilion ne fut qu'un poste de soldats : les premiers colons arrivèrent de Galice et des Canaries en 1726 et se groupèrent autour du fortin : chaque bâtiment chargé de vins et autres denrées ne pouvait décharger sa marchandise S'il ne débarquait en même temps quelques familles de colons!, L'abolition du monopole commercial de Cadiz en 1778 et l'ouverture du port de Montevideo au commerce libre attirèrent presque soudain les étrangers, et à la fin du sièele la ville nouvelle occupait le premier rang parmi les cités maritimes de l'Amérique du Sud; la valeur de ses échanges était estimée à trente-cinq millions de francs. Puis vinrent les temps difficiles de la Révolution et de l'Indépendance : Montevideo fut de toutes les cités platéennes celle qui eut le plus à souffrir, mais elle se tira noblement de l'épreuve. Pendant neuf années, de 1842 à 1851, les Colorados on « Rouges », avec les Italiens de Garibaldi et les Basques français, défendirent vaillamment la « Nouvelle Troie ». Le général Oribe, lieutenant de Rosas, leva le siège après le désastre que subit son chef à Monte Caseros, et les Platéens eurent à proclamer le principe de la « liberté des fleuves » que défendait la capitale de l'Uruguay contre Buenos Aires. Depuis ce triomphe, Montevideo a grandi, sans égaler toutefois la cité de la rive opposée, chef-lieu politique d'une contrée plus étendue et centre d’un commerce plus considérable. D’après les évaluations approximatives, Montevideo serait, par ordre de population, la quatrième
® Muratori, Paraguai.
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