ARGENTINE
Par l'étendue du territoire aussi bien que par le nombre des habitants, h république Argentine est un des États principaux de l'Amérique méridionale. Le Brésil la dépasse pour la superficie; pour la population, elle le «de au même Brésil et peut-être à la Colombie; toutefois cette dernière république sera probablement distancée dans un avenir prochain, car, malgré les oscillations diverses de flux et de reflux, le mouvement d’immigration favorise le peuplement rapide des régions platéennes. Le fait géographique capital au point de vue des progrès de l'Argentine est sa proximité relative du continent européen. En dépit des apparences et du témoignage même de 1" carte, les rives de la Plata sont la partie des côtes sud-américaines qui, en exerçant la plus forte attraction sur l'Europe, en appelant ses navires et ses émigrants, se trouve de fait plus rapprochée que les rivages du nord, situés à ü:.2 distance kilométrique moindre de moitié, Tout naturellement ies Eutoñéuns se dirigent surtout vers la région du continent sud-américai qui correspond à leur contrée d'origine par les degrés de latitude, i::; conditions moyennes du climat, la végétation et le genre de vie*.
Les premiers Européens n'abordèrent dans les régions pli“ :.ses que dix-sept années après ia äécouverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb; en 1509, Vicente Pinzon et Diaz de Solis entraient dans l'estuaire de la Plata, et en 1521 Magalhäes, accompagné de Pivafetta, l'historie-
! Superficie, d'après Latzina et population approximative de in Pépullique Argeztine en 1893 : 2 894 257 kilomètres carrés; 4020 000 bägitants; 1,4 hab. pre kil, carré,
d84 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE.
graphe de la cireumnavigation, parcourait, entre la péninsule terminale du continent et la Terre de Feu, le détroit qui porte son nom. L'estuaire et le détroit suffisaient pour que les cartographes pussent déjà se représenter la véritable forme de la côte orientale du continent. Mais les âpres rivages de la Fuégie et de la Patagonie étaient trop peu hospitaliers pour qu'on s'occupât alors d'en explorer l'intérieur. Seulement les marins tentaient les golfes, les passages et les détroits pour faciliter la traversée de l'un à l'autre Océan. Ainsi Francisco de Hoces poussa en 1527 jusque dans le voisinage de la « Fin des Terres », mais nulle colonie ne S'éablit dans ces régions, tandis que les Espagnols cherchaient à s'établir solide-
ment dans les contrées qu'arrose le fleuve dit alors rio de Solis, d'après
son découvreur, Diaz de Solis y était revenu en 1516, mais pour trouver la mort sur les bords d'un ruisseau de la Bande Orientale, Sébastien Cabot, en 1528, pénétra beaucoup plus avant dans l’intérieur des terres, jusque dans le Paraguay, et fonda même un fort à l'endroit où s'élève le bourg appelé, de son nom italien, Gaboto, au confluent du ’aranä et du Carcaraña. Le premier il reconnut que l'estuaire de KSolis et l’un des deux grands fleuves qui s'y déversent pourraient devenir un excellent chemin d'accès pour les régions de | « Argent », c’est-à-dire la Bolivie et le Pérou : de là cette appellation bizarre de la Plata donnée à une contrée qui ne se distingue nullement par l'importance de ses gisements argentifères. Ce sont les Andes du Pérou et de la Bolivie qui constituent la véritable « Argentine ».
Mais la colonie fondée par Cabot ne put se maintenir; quelques années après, l'Espagnol Mendoza s'établissait sur la côte méridionale de l'estuaire, à l'endroit où s'élève aujourd'hui Buenos Aires. Les Indiens l'ayant forcé d'abandonner son campement, il transféra sa pelile troupe au fortin du Carcaraña, d'où ses lieutenants firent de nombreuses excursions dans les alentours. L'un d'eux, Ayolas, fonda sur la rive gauche du Paraguay le poste d’Asuneion, qui devint capitale de République, puis 1 remonta le fleuve jusque dans le Matto Grosso, et, s'enfonçant audacieusement dans les savanes de la plaine, les yungas des avant-monts et les forêts des Andes, il atteignit enfin le Pérou, le premier de tous les conquérants qui, par terre, eût traversé le continent dans toute sa largeur. C'était en 1937, et, sept années après, Irala accomplissait le même voyage : l'Espagne tenait désormais la voie de jonction entre les deux rivages de son immense domaine sud-américain, En 1542, Alvar Nuñez Tête-de-Vache avait fait un voyage non moins hardi en se rendant directement de la eûte brésilienne au Paraguay par la voie des rivières et des portages.
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HERNANDARIAS.
PRISE A
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Dessin de Th. Weber