‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 298 sur 401 · EXPLORATION DE L'ARGENTINE · texte numérisé non relu

EXPLORATION DE L'ARGENTINE

En 1575, Juan de Garay relevait Buenos Aires, où il réussissait à se maintenir, et le peuplement commençait, précédé par des explorations. En 1579, le pilote Sarmiento, un des hommes de mer les plus remarquables

qui aient vécu, avait fixé le véritable dessin des côtes magellaniques. Pendant les deux siècles qui suivirent, on arriva à connaître toute la région | comprise entre les rives platéennes et la muraille des Andes, mais au | nord et au sud des Indiens sauvages arrêtèrent et maintes fois refoulèrent les voyageurs et les colons : d’un côté, dans le Chaco, les Abipon, les | Mocovi, les Guaycurü, de l’autre dans la Patagonie, les tribus pampéennes défendaient leur indépendance avec une admirable énergie. Cependant les missionnaires jésuites avaient réussi à vivre en paix avec les indigènes, restés ennemis des traitants et des colons, et gouvernèrent le territoire des « Missions », qu'après leur départ il fallut découvrir à nouveau. Un Jésuite, Falkner, après avoir vécu plusieurs années au pied de la Sierra del Vulcan, parmi des Indiens de la race patagone, décrivit le premier l'intérieur des terres dans la partie méridionale des pampas, et son ouvrage, de même que, en 1772, les études de Forster, le compagnon de Cook, éveillant l'attention du gouvernement espagnol, fit reprendre les voyages d'exploration interrompus depuis près de deux siècles. En 1778, quatre ans après la publication du livre de Falkner, Juan de la Piedra visita la grande baie tempétueuse de San Matias, appelée aussi Bahia sin Fondo ou « Baie sans Fond », et y découvrit le vaste port de San José. De 1779 à 1784, les frères Viedma, et quelques années plus tard Malaspina, visitèrent ensuite, golfe par golfe, tout le littoral des côtes méridionales, mais leurs rapports restèrent enfouis dans les archives royales’. Des excursions dans l’intérieur avaient complété le relevé des côtes, et même, en 1782, Villarino avait remonté le cours du rio Negro jusqu’à la base des Andes; pendant la même année, Antonio de Viedma découvrit le lac qui porte son nom.

L'étude scientifigre des régions platéennes eut pour initiateur Félix de Azara qui, chargé officiellement de la délimitation des froniières entre les possessions espagnoles et portugaises sur les hauts fleuves, Uruguay, Paranä, Paraguay, ne se borna pas aux travaux de géodésie, mais s’occupa aussi de la nature des contrées et de leur histoire naturelle, D’autres officiers au service de l'Espagne, de Souillac et de la Cruz, franchissaient des cols de la cordillère des Andes et en fixaient la position. Mais déjà se préparait la guerre de l'Indépendance et ni les Espagnols de la mère

1 Woodbine Parish, Buenos Ayres and the provinces of the Rio de la Plata.

RS CAE De DER R UE A, ù

SDS fer M

plane En 9

patrie ni ceux du Nouveau Monde, politiquement émancipés, ne prirent une part très sérieuse aux explorations géographiques. Désormais, grâce à l'abolition du régime colonial, des étrangers pouvaient collaborer avec les nationaux. Ainsi d'Orbigny s'établit en 1826 à Carmen de Patagones, puis dans le Corrientes, pour y continuer ses recherches sur l « Homme Américain », et en 1855 se fit la mémorable expédition du Beagle ct de l’Adventure, racontée par Darwin dans un livre qui fait époque dans l’histoire des sciences. Un autre z0ologiste anglais, Dalton Hooker, accompagnant l'expédition des navires Erebus et Terror, étudia l'histoire naturelle de la Fuégie et décrivit la « flore antarctique ».

La géographie de l'Argentine proprement dite est maintenant connue dans ses grands traits : on n'a plus qu’à en étudier les détails. Ce travail complémentaire se fait tousles jours, grâce aux mineurs qui vont exploiter les gisements des montagnes, aux ingénieurs qui tracent les voies ferrées et régularisent le cours des rivières, aux géomètres arpenteurs qui divisent ‘? «ol en parcelles et mesurent la superficie des champs. Mais sur la zone des frontières il reste encore des territoires presque ignorés, soit parce que des Indiens hostiles en défendent les abords, soit parce que la cont: “e esi pénible ou dangereuse à parcourir. Ainsi la région du Chaco, où veillent les Toba, montre encore des espaces blancs d’itinéraires et ceux qu'on y a dessinés ne s'accordent pas sur tous les points. Au nord-ouest, où s'arrondissent les longues croupes des plateaux andins, surmontées de cônes neigeux, le réseau des cols et des passages présente des doutes que les cartographes ne résolvent pas tous de la même manière. Enfin l'étude du long triangle de la Patagonie a coûté de très grands efforts, et le fragment des Andes qui sépare le versant Atlantique des fjords occidentaux reste presque inconnu sur une partie considérable de son développement.

C'est par dizaines que l’on peut énumérer les voyageurs, naturalistes, géologues, et même simples curieux, qui ont contribué à l'exploration de la Patagonie. Les colonies chiliennes, séparées des plaines argentines par l'épaisseur des Andes, ont été le point de départ de nombreux chercheurs qui, à la suite des anciens missionnaires, ont tenté les seuils de passage entre les deux versants. Punta Arenas, le poste chilien du détroit de Magellan, a été un autre centre d’excursions et de voyages, et sur la côte orientale, les Argentins ont fondé divers établissements, agricoles, pastoaux et militaires, d'où sont partis les tracés d’itinéraires nouveaux. Descalzi, Cox, Gardiner, Moreno, Musters, Ramon Lista, Moyano, Fontana, Rogers, Popper, Vinciguerra, Ameghino, Roncagli, Cärlos Burmeister, et tant d'autres, sans parler des soldats envoyés contre les Indiens, ont

terr

dés, ne prirent ormais, grâce à aborer avec les ’atagones, puis il « Homme du Beagle «1 i fait époque lalton Hooker, tudia l'histoire

tenant connue ails. Ce travail vont exploiter s voies ferrées eurs qui divi- S. Mais sur a ignorés, soit | parce que la ion du Chaco, éraires et ceux u nord-ouest, + Surmontées te des doutes anière. Enfin ls efforts, et le s occidentaux veloppement, naturalistes, xploration de rgentines par x chercheurs s de passage u détroit de et sur la côte icoles, pasto- S nouveaux.

no, Fontana, Burmeister, Indiens, ont

Page 1