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EXPLORATION DE L'ARGENTINE

fit de la Patagonie un territoire complètement argentin. Les paléontologites et les géologues étudient méthodiquement les terrains pour le musée de La Plata et d’autres collections, les éleveurs de bétail et les « prospecteurs » de mines visitent les fonds herbeux et les gisements métallifères. L'ère de la géographie précise commence pour la Patagonie comme pour le reste de la république Argentine".

L'abondance des matériaux recueillis sur le relief et la géologie de l'Argentine, ainsi que sur son histoire naturelle et ses habitants, a déjà valu à

la littérature géographique plusieurs ouvrages de valeur, sans compter les innombrables publications dues à la réclame intéressée pour attirer les immigrants et faciliter les spéculations de terrains. Hermann Burmeister et Martin de Moussy furent les premiers en date dans ces travaux de géographie générale. Quelques centres d'études, l'institut de Buenos Aires, le musée de La Plata, l’université de Cérdoba, groupent les efforts individuels dans une œuvre commune. Cependant la république Argentine ne possède pas encore de carte topographique analogue aux travaux de précision que les diverses contrées de l'Europe occidentale ont déjà menés à bonne fin et que les États-Unis du Nord, le Mexique, le Säo Paulo ct le Minas brésiliens ont commencés. En 1889, la Société de Géographie buenos-airienne décida la construction d’une carte générale de la République, par États et lerritoires, qui depuis a paru en entier, mais à des époques diflérentes et

! Principaux voyages faits en Patagonie, depuis la guerre d'Indépendance, par ordre chronologique : 1827. Stokes (Santa Cruz).

1832 et suiv. Fitz Roy et Darwin (Santa Cruz, Chubut, rio Negro et Sierra Ventana). 1833. Descalzi (rio Negro).

1854 et suiv. Jones (Chubut).

1856. Fonck, Hess (Nahuel-Huapi).

1857, Bravard (sierra Ventana).

1862 et suiv. Guillermo Cox (cols andins).

1867. Gardiner (Santa Cruz, laco Argentino).

1869. Musters (base des Andes, rio Negro).

1872. Guerrico (rio Negro).

1874 et suiv. Moreno (rio Negro, Santa Cruz, Chubut, lac Argentino, etc.). 1876 et suiv. Moyano (rio Chico, laco Buenos Aires, Chubut). 1877. Rogers et Ibar (lac Argentino, cols andins); — Bcerbohm (San Julian, Gallegos). 1878 et suiv. Ramon Lista.

1879 et suiv. Wysoski (Chubut, rio Negro); — Lorentz (Neuquen). 1882, Roncagli (Gallegos, Santa Cruz).

1883. Rohde (Nahuel-Huapi, col de Bariloche) ; — Zeballos (rio Colorado, rio Negro). 1885 et suiv. Fontana (haut Chubut).

1886 et suiv. Càrlos Burmeister (Chubut, Santa Cruz); — Popper (Terre de Feu). 1887. Asahel Bell (haut Chubut).

1891. Siemiradzki (Colorado, Negro, Limay, Nahuel-Huapi); — Bodenbender (Neuquen). 1892, Machon et Roth (vallées andines, Senguel, Chubut).

seulement pour une faible partie d'après un levé direct des terrains : du moins cet atlas, dit de Seelstrang, d'après le compilateur principal,

de

soil contient-il une cartographie précieuse des documents publiés à cette

s à % ; ; par époque. En 1889, le gouvernement argentin fit exposer à Paris un plan

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N° 198, — PRINCIPAUX ITINÉRAIRES DE DÉCOUVERTE DANS LA PATAGONIE. , pre not de obs dep} éca tud {ra vin nal sl P dan

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relief du territoire de la République à l'échelle du 500000", et les travaux qui servirent de base à la figuration dece grand fragment de li sphère, d'une superficie de 72 mètres carrés, ont été utilisés depuis pour la construction d'une carte au millionième'. On a pris pour point de départ de la topographie argentine l'observatoire astronomique

1 Luis Brackebusch, Mapa de la Repüblica Argentina construida sobre los datos existentes y sus proprias observaciones, 1891.

des terrains : qu ateur principal, publiés à cette à Paris un plan.

0 000", et les ragment de là utilisés depuis a pris pour astronomique

bs datos existentes

EXPLORATION, FRONTIÈRES DE L'ARGENTINE. om

de Gérdoba, dont la position exacte a été déterminée avec le plus grand win', et l'on a pu s'appuyer, en outre, sur des points fixés avec rigueur par des recherches géodésiques : Rosario, Rio Cuarto, Mendoza, Santa F6, la Paz, Goya, Corrientes, San Luis, Villa Mercedes, Villa Maria, Tucuman, Salta, San Juan. D'année en année, de nouvelles études permettront de préciser le travail et de procéder à la réunion en une carte unique des nombreux documents locaux que possèdent chaque province et chaque cité de l'Argentine. Mais, dans les districts écartés, combien de points encore obscurs! On peut en juger par un exemple : la position de Tarija, que, depuis d'Orbigny, en 1839, on fixe diversement sur les cartes avec des éarts de 48 minutes en latitude et de 1 degré 43 minutes en longitude.

Le manque de cartes précises et le conflit des cartes juridiques et des traditions n'ont pas encore permis de fixer les limites entre toutes les provinces de la République. De mème, le tracé extérieur du territoire national n'est pas définitivement fixé, et cette question des frontières politiques, si peu importante dans un pays qui possède des terres incultes en surabondance pour une population encore très clairsemée, passionne cependant ls Argentins et maintes fois leur a mis la menace à la bouche ou l'épée à la main. Dans l'estuaire même, l'ilot de Martin Garcia, d'une si grande importance stratégique par sa position à l'entrée des deux fleuves qui se versent dans l'estuaire de la Plata, est attribué à la république Argentine, quoique géographiquement il fasse partie de la Bande Orientale; aussi at-on souvent combattu pour la possession de cette étroite roche sans valeur agricole ou industrielle. Du côté du Paraguay, la force a décidé, et le territoire des « Missions », qui se prolonge en enclave entre les deux fleuves Paranä et Uruguay, a été attribué aux Argentins. Mais s'ils ont le droit de se substituer aux Paraguayens comme possesseurs de cet ancien domaine des Jésuites, ne sont-ils pas aussi les héritiers de Francia et des Lopez dans les revendications des autres nfissions de la Compagnie, annexées par le Brésil à l'État de Santa Catharina? Ils demandent donc ce lambeau de pays, d’une superficie d'environ 30000 kilomètres carrés, et leur requête, adressée au président des États-Unis du Nord, attend une solution prochaine. De l'autre côté du Paraguay, une autre décision, en 1875, ordonna la remise du Chaco d'outre- Pilcomayo aux Paraguayens vaincus: mais, au nord extrême, les cartes

! Cuordonnées géographiques de l'observatoire de Cérdoba :

Latitude méridionale, 340 25”, 150 4”; longitude ouest de Greenwich, 640 42’ 5”. (L. Brackebusch, Petermann's Mitteilungen, 1892, Heft VIIL.)

argentines tracent encore, comme « limite de droit », la frontière seplet-

trionale de la province de Tarija, qui, par décret royal, avait été rattachée N° 429. — MARTIN GARCIA.

luest de Paris

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Quest de Greenwich

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