‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 30 sur 401 · N° 15. — ÉTABLISSEMENTS PÉNIPENTIAIRES DU MARONI · texte numérisé non relu

N° 15. — ÉTABLISSEMENTS PÉNIPENTIAIRES DU MARONI

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S comédiens pour charmer les loisirs des futurs Guyanais. En souvenir u Canada, on leur donna des patins, mais on oublia de les approvijonner de vivres et de préparer des lieux de débarquement et des äbanes. Le chevalier de Turgot, nommé chef de l'expédition, avait négligé

la suivre, À bord même des navires, la contagion décima les malheu-

reux, et sur les bords du Kourou la famine vint s'ajouter au typhus, Quel fut le nombre des morts? Certainement plus de dix mille. Quelques centaines d'individus, échappés au désastre, obtinrent enfin de se faire ramener à Saint-Jean d’Angely, d'où ils étaient partis'. Quelques mots de critique sur le génie des colonisateurs avaient valu à Fréron six mois de séjour à la Bastille. Une caféterie, appartenant au gouvernement, marque l'endroit où périrent la plupart des infortunés.

A l’est, les terres de l'embouchure du Kourou ont aussi donné lieu à À des tentatives de colonisation : un petit groupe de condamnés les cultivent maintenant, mais le pénitentier de Kourou est une simple annexe des trois | îles du Salut, propriété de l'administration pénitentiaire, qui se montrent en face. Saint-Joseph et l'ile Royale constituent le « bagne » proprement M dit, où l'on enferme les condamnés réputés dangereux ou soumis à une M surveillance particulière. Les navires d’un fort tirant d’eau mouillent à} l'abri des îles du Salut*.

Cayenne, dont le nom paraît être celui d’un ancien chef, est un des plu! anciens établissements de la contrée, car dès l’année 1604 quelques Français, sous la conduite du gentihomme normand La Ravardière, commis à sionné par une compagnie commerciale de Rouen, débarquaient dans l'ile et en prenaient possession. Mais l'emplacement de la ville actuelle n’était pas encore fixé : les premiers immigrants et ceux qui leur succédèrent, notamment des juifs hollandais, s'étaient établis plus à l’est, au pied des à collines de Remire. Cayenne, où s'élevait le fortin de Saint-Louis, ne devint chef-lieu définitif qu'en 1877. La ville, relativement fort grande, À puisqu'elle contient le tiers de la population totale du territoire français, soit environ 10 000 habitants, étale le damier de ses rues et def ses places ombreuses sur un espace péninsulaire situé à l’ouest de l'ile,

à la base du monticule verdoyant du Céperou. Les édifices administri-B lifs et gouvernementaux, hôtels, casernes et prisons, occupent une grande À partie de la superficie urbaine, qu’entourent des pares et de magn-B fiques avenues de palmiers. Bien exposée à la brise, Cayenne jouirait nattrellement d’un climat salubre, si les canaux des environs n'étaient souvent engorgés; des conduites amènent d’une hauteur voisine lei nécessaire qu'alimente le ruisseau du Rorota. La population, noire en tr grande majorité, et composée principalement des familles d’affranchi

qui accoururent dans la ville après l'émancipation de 1848, comprenl@é

1 J, Mourié, la Guyane Française, * Détenus dans les îles du Salut en 1891 : 685.

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Dessin de T feber, d'aprè g aphi À É h. Weber, d'après une photographie de M. Fournereau, communiquée par la Société de Géographie.

PRISE DU CÉPEROU.

— VUE

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