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N° 151: —- NEVADO DE SAN RAFAEL

Ps kil, Andes ont peu de sites aussi grandioses que ce col de la Suisse argentine, dominant un immense horizon de pâturages et de forêts, limités au nordest par la masse colossale du cerro Payen et au nord-ouest par le cône du Campanario que termine un diadème de rochers en forme de tours ruinées. Au sud, la vue s'étend sur un chaos de montagnes, qui, par del

1 Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, tome IX, 1887.

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ANDES ARGENTINO-CHILIENNES. 605

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A l'est du volean de Lonquimai et des autres monts ignivomes, Llaima, Riñihue, Quetrupillan, qui se succèdent au sud sur la crête principale ou dans le voisinage, la cordillère argentine reprend son allure régulière, à une altitude suffisante pour que les cimes se recouvrent de neiges en hiver : le Chapel-cé s'élève à 2440 mètres, et la partie de la chaîne dite cordillère de los Cipreses se maintient à 2000 mètres. Mais de profondes brèches s'ourent dans cette arète. Un seuil où se confondent les versants du Biobio chilien et du Limay patagon, n’a qu'un millier de mètres, et les charrettes venues de l’ouest peuvent y remonter; plus au sud, une colline en pente douce sépare un affluent du Limay et le lac chilien Picaullû (Lacar, lajara), situé à 700 ou 800 mètres de hauteur; un troisième passage, à l'extrémité occidentale du Nahuel-Huapi, n'a que 838 mètres : c'est le boquete de Perez Rosalez. Une deuxième cordillère argentine, se développant parallèlement à la première, est moins échancrée, mais aussi moins haute : ses pitons, dans les sierras de Catalin et de las Angosturas, s'élèvent à 1900 mètres. Cette partie du système orographique eut ses volcans actifs comme la grande chaîne située plus à l'ouest : le volcan d'Aluminé, le volcan de la Mesa, le cerro Chapel-cô sont des cônes d'andésite, et d'autres pitons par vingtaines se dressent des deux côtés de la rivière Collon-cura, ouvrant largement leurs cratères où croissent les hêtres et les myrtes'. Une de ces montagnes, près des sources du Biobio, a recouvert de cendres tout le territoire des alentours. Les traces des éruptions et celles des anciens glaciers se superposent : au-dessous des pierrailles volcaniques s'étendent les lits de boue glaciaire.

Au sud du Tronador, aux avalanches « tonnantes » qu'on voit pyramider entre le bassin du Nahuel-Huapi et le versant chilien, les montagnes Sabaissent, et, d'après Rohde, on pourrait se rendre des bords du Limay au fjord étroit et profond de Reloncavi sans traverser de chaîne proprement dite, mais seulement de petits plateaux coupés de ravins et de vallées : les seuls obstacles sur ce seuil, qui est peut-être l'ancien passage de Bariloche, suivi par les missionnaires jésuites, proviendraient de l'exubérance de la végétation; à l'endroit où le chemin descend aux eaux du Pacilique, il longe la rivière Puelo, entre le mont Ballena (1488 mètres) au nord et le mont Castillo (1504 mètres) au sud*.

! Josef Siemiradzki, Petermann's Mitteilungen, 1892, Heft IE. ? Jorge Rohde, Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, 1882.

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