‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 310 sur 401 · VOLCANS DE LA PATAGONIE, PAMPAS ARGENTINES · texte numérisé non relu

VOLCANS DE LA PATAGONIE, PAMPAS ARGENTINES

projetée à une distance d'au moins 200 ou 250 kilomètres? On ne sait : mais il devait se trouver vers les sources du rio Santa: Cruz ou de ses hauts affluents, car le fleuve cessa de couler pendant quelque temps, puis ses eaux s'élevèrent soudain à une grande hauteur, quoique à cette saison, en mai, les courants patagoniens ne se trouvent pas en crue. Depuis cet événement, dit-on, le débit fluvial aurait été moindre qu'avant l'éruption. Sans doute, des amas de cendres avaient retenu le fleuve et formé un lac qui, lors de l'inondation, rompit partiellement sa digue. En 1895, une éruption du Calbuco, volcan chilien que l’on croyait éteint, projeta ses poussières jusqu'à l'embouchure du Chubut et au golfo Nuevo. Toutes les plantes semblaient recouvertes de neige. Les nuées de cendres avaient mis peu de temps à parcourir l'immense espace aérien, car elles “aient encore chaudes”.

Les plaines parfaitement unies ne se trouvent guère que dans l’Argenüine proprement dite, au nord du Colorado. Ces étendues horizontales occupent différents niveaux au-dessus de l'estuaire de la Plata, et présentent d’autres contrastes provenant de la nature du sol et du climat. Aussi ne les embrassa-t-on point sous le même nom géographique. La région du nord, comprise entre les avant-monts et la ligne d’eau du Paraguay et du Paranä, constitue le Chaco, dont la moitié septentrionale appartient à la république paraguayenne et qui doit son aspect particulier à des brousses épineuses, à des palmeraies, à des bois clairsemés ou touffus. D’autres plaines, situées plus au sud dans l'intérieur, des deux côtés du massif de Cérdoba, sont au contraire complètement nues et des nappes salines y étincellent sous les rayons solaires : anciens bassins lacustres ou lits de rivières desséchées, elles offrent des phénomènes qui rattachent leur histoire à l’hydrologie. Enfin les savanes qui s'étendent des montagnes cordovaises au bas Paranä et de l'estuaire de la Plata aux avant-monts de là Patagonie sont désignées sous le nom de pampas, emprunté à la langue des dominateurs quichua et servant sur les hauts plateaux et dans les Andes du Pérou et de la Bolivie à indiquer les espaces plainiers, terrasses ou fonds de bassins. Puis au sud, dans la Patagonie, la région des herbes se modifie par degrés pour se transformer en steppe rocheuse recouverte de brousse’.

Les pampas sont, de toute la république Argentine, la région la plus fréquemment décrite, parce qu'elle commence immédiatement au sortir des grandes villes, Buenos Aires, Rosario, Santa Fé, que la plupart des

1 Càrlos V. Burmeister, Revista del Museo de la Plata, tomo II, 1891. * F. Machon, Bibliothèque Universelle, nov. 1893, 1 3 W. II, Hudson, The Naturalist in la Plata.

colons.s'y sont établis et qu'il faut les traverser pour se rendre dans les provinces de l’intérieur. D'ailleurs la pampa ne se montre pas uniforme; elle se compose en réalité d'une terrasse qui s'incline doucement de 1000 à 200 mètres entre la base des montagnes cordovaises ei le rio Salado de Buenos Aires, et d’une plaine basse, s'abaissant de KO à 40 mètres, qui forme une zone en hémicyele le long du Paranä et de l'estuaire platéen jusqu'à la mer. La terrasse d'en haut est la steppe, la pampa centrale, qui resta toujours au-dessus du niveau des grandes inondations; la plaine d'en bas fut jadis recouverte par les crues fluviales : il faut y voir une nappe d’alluvions qu'apporta la large mer mouvante du Paranä, et que les vents ont graduellement desséchée en y déposant une couche de poussière analogue au læss, aux « terres jaunes » de la Chine. Aucune pierre re se mêle à ces lits superficiels de la pampa. Le fond rocheux qui se trouve au-dessous consiste en un grès très fin, d'origine miocène comme les assises tertiaires de la Patagonie.

Le système fluvial de la Plata, le plus vaste du Nouveau Monde après celui de l’Amazone, appartient à la fois à la Bolivie, au Brésil, au Paraguay, à l'Uruguay et à la république qui a reçu de l'estuaire ses noms d'Argentine ou la Plata. Ce dernier État possède à peu près la moitié du bassin, mais les États limitrophes fournissent de beaucoup la plus grosse part de la masse liquide. Au confluent des deux grands fleuves, Paraguay et Paranä, où les eaux unies, cessant de baigner une rive paraguayenne, pénètrent dans une région appartenant sur les deux bords à l'Argentine, le débit fluvial représente déjà une quantité plus considérable qu'à l'issue de son delta dans l'estuaire : en aval, les faibles apports des tributaires ne suffisent pas à compenser l'évaporation?.

Aux Tres Bocas, nom du delta intérieur que les deux fleuves forment en s’unissant, le rio Bermejo, — Vermejo ou le « Rouge », — le plus fort tributaire coulant en territoire argentin, a déjà rejoint l’axe fluvial. Cette rivière, remarquablement parallèle au Pilcomayo, grâce à l’inclinaison uniforme des plaines traversées, naît dans les massifs andins qui bastionnent à l’est le plateau de Jujuy : une des branches maîtresses, le Bermejo

1 Ch. Darwin, ouvrage cité; — Josef Siemiradzki, Petermann's Mitleilungen, Heft I. 3 J. J. Revy, Hydraulics of the Great Rivers.

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