‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 314 sur 401 · JURAMENTO · texte numérisé non relu

JURAMENTO

ction : on l'appelle rio Guachipas, puis rio del Pasaje, à l'endroit où \franchit la grande route de Tucuman à Salta; en aval, elle prend la fnomination de Juramento, en souvenir du serment que jura l’armée de kyrano, en remontant vers le haut Pérou, de conquérir la liberté des Buions américaines. Une fois sorti des monts, le Juramento n'a plus qu'à merser le Gran Chaco, d'abord dans la direction du nord au sud, puis du wd-ouest au sud-est. Mais, sur ce sol presque horizontal, il a peine à user son lit. Sous la latitude de Tucuman, il s'étale en bañados, marais,

nues » où « noyelles », aux lits fluviaux incertains, à demi obstrués par hvégétation. Par le travers de Santiago del Estero, le fleuve se reforme, pur se perdre encore en de nouveaux bañados, datant, dit la chronique, k l'année 1760, Les eaux se réunissent une deuxième fois, mais lentes {sans profondeur; pendant les crues, elles débordent au loin sur les kux rives. Alors elles sont presque douces, mais, lors des sécheresses, les deviennent légèrement salines, et c’est à bon droit que, dans son cours uérieur, le fleuve reçoit le nom de Salado. De même que le Nil égyptien, krivières lentes et sinueuses du Chaco, Pilcomayo, Bermejo, Juramento, prdent leur flot à mesure qu'elles s'éloignent des monts : l'évaporation à l'épanchement des eaux de crue appauvrissent le courant. Pendant la ion pluvieuse, le Juramento, qui reçoit des montagnes une masse liquide is considérable, la déverse à droite et à gauche dans la pampa, d’un até vers le Paranä, en un labyrinthe de bayous, de l’autre vers le ste du lac appelé mar Chiquita. La reconnaissance du Juramento, faite u 1805 par l'Américain Page, sur le Water Witch, et depuis par de nmbreux explorateurs, a mis hors de doute que le fleuve est navigable dns toute la partie continue de son courant, et qu'il serait facile de user un canal dans le sol meuble des bañados; mais les colons préfèrt expédier leurs produits par la voie ferrée tracée directement à travers hpline, de Rosario à Tucuman.

A l'exception d’une seule, les rivières qui parcourent la pampa, au sud lu Juramento, n’apportent pas leurs eaux au Paranä, car elles tarissent en nute; cependant on doit les considérer comme appartenant au système mranien, puisqu'elles se déversèrent autrefois dans le grand fleuve et quelles dirigent leur cours vers sa vallée, avançant ou reculant suivant les fluies et les sécheresses. Le rio Dulce est une de ces rivières inachevées. \ée dans les hautes montagnes de Salta, elle coule du nord au sud, recetnt par sa rive droite les gaves nombreux que lui verse la sierra d'Acon-

quija, puis elle décrit une grande courbe au sud-est pour contourner la

serra de Guazayan, et se développe parallèlement au Juramento, mais en

hésitant dans son cours à travers les plaines presque horizontales, Arrivé au nord des promontoires septentrionaux de la sterra cordovaise, le rio Dulce, déjà salin malgré son nom, commence à se ramifier, à s'eflilocher dans la campagne presque déserte : on constate l'existence d'au moins six lits différents, tous emplis pendant les crues, servant où ayant servi en diverses époques à l'écoulement de la rivière principale pendant {a saison des sécheresses, Avant 18925, le lit majeur, le plus oriental, arrosait les plantations de Loreto, d'Atamisqui, de Salavina; une obstruction

rejeta le courant vers l'ouest, dans une série de lagunes dite le Kaladillo,

dont les eaux sont tellement saturées de sel, que les nageurs y flottent comme dans la mer Morte ou le lac d'Ourmiah. Sans nul doute, les vastes salines qui se prolongent au sud-ouest entre le massif cordovais et la sierra de los Llanos, et dont la cuvette terminale sert encore d'égouttoir à toute la dépression d'entre-montagnes, reçurent à une époque antérieure les apports aqueux du rio Dulce; maintenant, le Saladillo se rejette vers l'est pour rejoindre le lit d'avant 1825, puis, graduellement affaibli, va se perdre dans un marais, dit de los Porrongos ou des « Citrouilles » d'après les cucurbitacées sauvages qui croissent sur ses bords. Des laguets d'eau libre, mais très salée, — environ 6 centièmes, — s'ouvrent çà et Là dans le marécage, qui se termine au sud, à 82 mètres d'altitude, par un véritable lac, la mar Chiquita ou la « Petite Mer », diversement dessinée sur les cartes et changeant en effet de forme suivant la quantité d’eau que lui apporte l'affluent, On ne peut guère y accéder que par ses rives du nord et de l’est que forment des dunes consolidées; à l'ouest, on se perdrait en des vasières avant d'arriver à la nappe d'eau continue". Sa plus grande profondeur, sur un lit d'argile dure, est de 54 mètres*.

Les rivières qui s'écoulent du massif de Côrdoba pour descendre à l'est dans la pampa ont été désignées par des numéros d'ordre. Le rio Primero ou le « Premier », qu'un réservoir transforme en lac au-dessus de Crdoba, tarit déjà presque en entier à son entrée dans la pampa; cependant, après les grandes pluies, son flot jaunâtre finit par atteindre li mar Chiquita. Le rio Segundo, qui coule au sud, parallèlement au Primero, disparait aussi en flaques bues par le soleil, Plus abondant, le rio Tercero maintient son cours à travers la pampa, mais en se transformant de gave d’eau pure en rivière salée. Vers le milieu du cours, il se trouve déjà fortement diminué lorsqu'il reçoit le flot d’un de ces égouts salins qui por-

1 Bodenbender, Petermann's Mitteilungen, 1895, Heft XI, 2 Jorge B. de Grumbkow, Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, 1890.

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