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R10 DESEADO, LACS SAN MARTIN ET VIEDMA

ks particules salines'. Le bassin fluvial qui succède à ces courants dans

l'espace rétréci de la Patagonie méridionale, celui du rio Santa Cruz,

mule une masse liquide proportionnellement très forte, grâce à la largeur de son haut bassin dans le sens du nord au sud, et à l'abondance des

pluies tombées dans ces régions. Dans sa partie supérieure, quatre lacs «nsidérables longent la base orientale des Andes sur un espace d'environ

200 kilomètres, comme pour correspondre aux fjords du versant opposé. [n premier lae, découvert par Moreno en 1877 et nommé par lui San Mutin en mémoire du vainqueur de Chacabuco, se développe en ovale irégulier entre de fières montagnes, d'origine voleanique, d’où tombent ls glaces et les avalanches : à l'est de ce bassin, des mares et des hguets oceupent le fond d'une avenue profonde, que dominent d'autres wleans, notamment le Kochait ou 1 « Oiseau », à la pyramide aiguë. La bre volcanique agite encore cette région lacustre des Andes; Moreno vit

même une colonne d'eau s'élancer en vapeur du lac San Martin, et ce phéaomène lui parut être le jaillissement d'un geysir*. Du côté de l'ouest, un

œurant emporte le trop-plein des eaux lacustres où flottent constamment des glaçons, et l'épanche dans un autre lac, encore inexploré, qui s'ouvre à la base orientale du volcan Fitzroy et s'écoule à son tour dans le lac Viedma, nommé d'après Antonio de Viedma qui, le premier, en 1N72,

atteignit ses grèves.

Ce lac, le plus grand de tous dans ces régions sous-andines, déve-

loppe ses rivages en forme d'ovale sur une longueur d'environ 80 kilomètres, dans la direction du nord-ouest au sud-est. Le vent furieux, qui d'ordinaire descend des montagnes de l'ouest en suivant l'axe du bassin heustre, soulève des vagues énormes comme celles de l'Océan. Un puis-

«nt fleuve de glace, s'épanchant sur la rive occidentale, laisse tomber des

blocs eristallins, qui flottent en longues processions comme un convoi de

“ires et viennent s'échouer sur la rive orientale, où ils fondent en dépo-

«nt sables et pierres sur le lit du glacier. Des blocs erratiques sont épars

sur les grèves et même une de ces roches se dresse au milieu du lac en un superbe îlot, Des traces d'anciennes plages, sur le pourtour des rochers, prouvent que le niveau du lac était autrefois notablement supé-

rieur, Il a pu s’abaisser, grâce à la rivière Orr ou Leona qui serpente dans la direction du nord au sud dans une eluse de montagnes, puis va Sunir au lac Argentino vers son extrémité orientale. A l’est du bassin,

! Cârlos Ameghino, Boletin del Instituto Geogrdfico Argentino, tomo XI, 1890. ? Viaje à la Patagonia Austral.

644 NOUVELLE GÉOGRAPHIE UNIVERSELLE, un lit, resté à see, portait autrefois les eaux du rio Leona directement dans le rio Santa-Cruz!,

Le lac « Argentin », que Gardiner* découvrit en 1868 et que Feilberg visita cinq années plus tard, suivi en 1878 par Moreno, le premier naviga-

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