DIAMANTE, ROSARIO
passage plus facile qu'en amont et en aval; aussi, dans toutes les guerres civiles les belligérants ont-ils ehereché à s'emparer de ce poste : Urquiza y lit passer à la nage son armée de vingt mille cavaliers, Diamante prépare de la chaux, et, comme Paranä, s'entoure de colonies « russes », Plus bas, sur un bayou latéral du Parant, en communication directe avec le grand fleuve pendant les erues, se montre le bourg de Victoria, ainsi nommé d'une « victoire » remportée en 17928 sur les Minuan, qui furent obligés de quitter l'entre-fleuve pour se réfugier de l'autre côté de l'Uruguay, à côté de Charma, Ramon Lista a trouvé dans les environs des tombelles remplies d'ossements de ces Indiens.
Rosario, la principale cité de la province de Santa F6 et la deuxième agglomération urbaine de la République, ne fut qu'un simple village pendant le premier siècle de son existence; les caboteurs y avaient une petite escale. Mais les dissensions civiles firent la fortune de Rosario : Buenos Aires s'étant séparée du reste de l'Argentine en 1854, le gouvernement installé à Parand décréta l'établissement d'un chemin de fer de Rosario à Cérdoba, et, sans attendre que cette œuvre fût commencée, accorda des exemptions de droits, — 18 pour 100, — aux navires étrangers qui remonteraient directement le fleuve Paranä, sans avoir touché à Buenos Aires ou à quelque autre port de la Plata, Rosario profita aussitôt de cette faveur, En toute saison, les navires calant 5 mètres peuvent y remonter et mouiller à proximité du rivage, tandis qu'à Buenos Aires les bâtiments devaient, il y a peu d'années, anerer à une grande distance au large; en outre, Rosario à l'avantage de se trouver au coude du fleuve, à l'endroit où, cessant de couler du nord au sud, il descend au sud-est, suivant l'axe de l'estuaire : c'est done le lieu de débarquement indiqué d'avance pour les voyages dans l'intérieur. Le commerce fluvial y a son escale la plus active", Le chemin de fer de Rosario à Cordoba, tronc de la ramure qui se développe vers les extrémités de la République, à fait de Rosario un port rival de Buenos Aires pour le commerce direct avec l'étranger, et même depuis que la capitale possède un chemin de ler côtier l'unissant à toutes les cités de l'Argentine, une grande partie de la navigation au long cours garde Rosario comme point d'attache; quatorze lignes de vapeurs transatlantiques l'ont pris pour port d'arrivée el viennent y charger du blé pour l'Europe, de l'alfalfa ou luzerne pour ls ports brésiliens, des métaux et des cuirs. L'aspect de la ville est essentiellement commercial : jetées bordées de navires, quais sillonnés
1 Commerce fluvial en 1892 : 562 295 600 francs.
de voies ferrées, magasins débordant de marchandises, omnibus sur rails dans chaque rue, rangées de poteaux télégraphiques et téléphoniques aux réseaux entre-croisés. Plus encore qu'à Buenos Aires la population 4 des origines cosmopolites”.
La voie ferrée de Santa Fé à Cérdoba ayant été construite par une compagnie anglaise, celle-ci reçut gratuitement les terres bordant le chemin sur une largeur de cinq kilomètres, à la condition de les peupler de colons, Elle ne se hâta point de remplir ses engagements; cependant en 1870
elle avait commencé la colonisation par l'établissement de vingl-cin(
familles. Bernstadt, Carcaraña, Cañada de Gomez, Tortugas, d'autres stations encore, se sont entourées de cultures, peuplées comme celles d'Esperanza de paysans italiens, français, suisses, allemands. La compagnie anglaise avait à cœur de faire prospérer surtout la colonie Cañada de Gomez, où elle avait installé des compatriotes ; mais ses protégés se dispersèrent et des Européens du continent les ont remplacés.
San Nicolas, escale rincipale du fleuve entre Rosario et Buenos Aires, est aussi l'une des grandes villes de la République et son port s'emplit de navires. Située à # ou 5 kilomètres en aval d’un ruisseau, l'arroyo del Medio, qui forme la frontière entre les deux provinces de Buenos Aires et de Santa Fé, San Nicolas fut proposée comme capitale de la Confédération*. Plus bas se succèdent d'autres escales importantes : Obligado, où, en 1845, le dictateur Rosas essaya de défendre le cours du Parani contre une escadre frauco-anglaise ; San Pedro, qui possède un bon port, bassin naturel d'environ 120 hectares, formé par une lagune profonde, latérale au fleuve, Baradero, qu'une colonie suisse, arrivée en 1856, à graduellement enrichie par la culture des pommes de terre et autres légumes pour le marché de Buenos Aires; Zarate, centre des colonies du della paranien, composé de centaines d'îles; des jardiniers italiens les habitent en des maisonnettes haut perchées sur pilotis. Campana, l'un des ports actifs du Paranä de las Palnias, possède un très grand établissement pour la préparation et l'expédition des viandes congelées, L'ilot rocheux de Martin Garcia, où se trouvent les établissements du lawaret et de la quarantaine, garde en sentinelle l'entrée du delta, au delà duquel
1 Mouvement commercial moyen de Rosario de ISSG6 à 1892 : 200 000 000 francs. Exportation en 1892 : 79 580 000 francs.
Navigation à Rosario de 1886 à 1892, année moyenne : 5 000 navires, jaugeant 1 500 000 tonnes, # Mouvement de la navigation à San Nicolas en 1892 : 425 000 tonnes. Valeur de l'exportation : 24805 890 francs,
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— VUE GÉNÉRALE
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Gravure de Bocher, d'après une photographie.