PROVINCES DU PARANÀ ET DES PLATEAUN
souvre le large estuaire parcouru par le chenal sinueux qui mène à la capitale de l'Argentine.
Si le Paranä est la grande voie fluviale qui met Buenos Aires et l’estuaire platéen en communication avec l'intérieur du continent, la voie terrestre par excellence est celle qui, sous le régime espagnol, rattachait ls deux littoraux du Pérou et de la Plata par les provinces argentines du nord, Jujuy, Salta, Tucuman.
Dans la province de Jujuy, limitrophe de la Bolivie, la première ville que l'on rencontre, en descendant de la République voisine par l’abra ou «col » de Cortaderas (3952 mètres), est une antique cité quichua, Humahuaca, construite à plus de 3000 mètres d'altitude sur le rio San Francisco naissant, au milieu de maigres champs plantés en pommes de krre, en orge, en quinoa; après la conquête, ses habitants, qui s'étaient très courageusement défendus, furent transportés en masse dans la Rioja. où ils perdirent toute individualité nationale, et remplacés par des Indiens soumis amenés de Famatina. En aval d'Humahuaca, le sentier qui suit là rive droite du courant, à la base des montagnes neigeuses de Chañi, traverse plusieurs rivières, puis dévale les pentes d’un énorme « volcan », cest-à-dire d'un talus d’éjection produit par une succession d’avalanches. En bas, s'ouvre la large plaine (1250 mètres), abondamment arrosée, où Sétale la ville de Jujuy, chef-lieu de la province du même nom. Bâtir par Velaseo en 1599, et conservant encore son aspect de vieille cité espagnole, elle s'entoure de jardins et de campagnes cultivées qui pénètrent dans les vallées latérales parcourues par les yaves affluents du rio Grande, l'une des branches maîtresses du Bermejo. Riche en productions agricoles sub-tropicales et tempérées, Jujuy doit sa principale importance au transit
! Villes principales et historiques des territoires des Missions et du Chaco et des trois provinces de Corrientes, Entre-Rios et Santa Fé, avec leur population approximative en 1893 :
Tennirome nes Missions (Mistoxes). Province n'Enrne-Rios Mens, 4 44 4,0, 6 5600 Mb, | Dirant, , , . , , : . , : 90000 In. Tenrirome pk Formosa. Gualeguayehü. . , , , . , . 15 000 » LATTES CRE RIRE 1000 hab. | Concordin, , . . . . , ,, 11500 »
Gualeguay. . , . , , ,,, 11000 »
Concepcion del Uruguay... . . 10000 »
NORD an ven pu 8000 »
TerniTomE pu CHaco, Resistencia. . , , , . , ,. 3 900 lab.
ProviNce DE COoRRIENTES.
Lorrientes, , , , , , . ., 19 000 hab. Province DE Santa Fé, (OR Re D 4150 » Rosario, . , , , . , , , , 75000 lab, DA po uv 35500 » Santa Fé,, , ,, Fist 18000 »
DID pen 2500 » Esperanza (2652 hab, en 1887). 3500 »
108 NOUVELLE GÉOGRAPHIE !'NIVERSELLE.
vers la Bolivie : elle lui envoie, par des caravanes de mules et de lamas, des fruits, du maïs, de la chicha et surtout du sel, extrait du haut lac desséché de Casabinda. Ses foires sont très fréquentées, et nombre de Boliviens s’y établissent pour commercer avec leurs compatriotes. Cette immigralion conserve à la ville le nombre de ses habitants, décimés par les pneumonies, les rhumatismes, les fièvres ou chuchu et autres maladies que causent les vents froids en hiver, et en été les émanations des canaux mal entretenus. Des sources thermales salines, dans un vallon rapproché. la quebrada de los Reyes, sont très fréquentées par les rhumatisants, On exploite aussi des puits de pétrole dans les environs.
En aval de Jujuy, la rivière, très inclinée, coupée de rapides, ne porte point bateau. Elle ne se calme qu'en aval de son grand coude, près de Ledesma, bourgade enrichie par la canne à sucre, comme son chef-lieu, la ville d'Oran, située à l’altitude de 310 mètres sur un gave voisin du confluent où le San Francisco, uni au Tarija, forme le Bermejo. De riches plantations entourent la cité, celle de l'Argentine dont les campagnes, ombragées de palmiers, présentent l'aspect le plus tropical; mais immédiatement au-dessus s'ouvrent des vallons tempérés où croissent les plantes de l’Europe, et plus haut, sur les pentes du Zenta, les pâturages s'élèvent
jusqu'à la ligne des neiges. Les immigrants sont encore peu nombreux
et les planteurs emploient toujours, pour cultiver la canne et fabriquer le sucre, des Indiens Matacos et Chiriguanos : en quelques usines, on les compte par centaines. La ville d'Oran dispose, pour le transport de ses denrées jusqu’à Buenos Aires, d’une voie navigable de 3000 kilomètres; néanmoins son trafic se fait par terre jusqu’à la ligne ferrée de Jujuy, en attendant qu’elle possède un embranchement. Le bourg de Rivadavia, situé au sud-est, sur le Teuco, au milieu du lacis des rivières et fausses rivières du Bermejo, est peuplé de nombreux Boliviens auxquels on à concédé des terrains — 500 hectares par propriétaire, — trop vastes pour que l'agriculture proprement dite ait pu acquérir une importance réelle : l'industrie est encore pastorale. Une route stratégique carrossable relie Rivadavia au poste de Puerto Bermeis sur le Paraguay.
La ville de Salta, chef-lieu de la province de ce nom, s'étale dans la plaine de Lerma, qu'arrosent la rivière Arias et de nombreux tayareles : c’est ainsi qu’on désigne les canaux d'irrigation. Située à 30 ou #0 mètres au-dessous de Jujuy, mais plus au sud, Salta cultive les plantes de la zone tempérée et ses champs présentent un aspect européen. De mème
ï SALTA, TUCUMAN. 709
que Jujuy, Salta doit son activité au commerce avec le Chili, et nombre
les et de lamas, des de ses habitants, un dixième environ, sont d'origine bolivienne. Près
du haut lac desséombre de Boliviens
es. Cette immigra-
de la cité, Belgrano remporta en 1812 une première victoire sur les Espa-
gnols, et c’est en l'honneur de ce triomphe que le pays, voué à la Vierge dans la principale église de Salta, prit les couleurs, blanc et bleu, qui s'unissent dans le drapeau argentin. L'agriculture prospère dans la
s, décimés par les
et autres maladies
contrée, mais surtout à l’ouest et au sud, dans la haute vallée du Juramento, qu'habitent les Calchaqui christianisés, en maints endroits presque purs de race. Plusieurs gros villages se succèdent du nord au sud; Cachi, d’après lequel on désigne les plateaux et les nevados voisins; San José, Molinos, San Cärlos, Cafayate, qui utilisent avec économie les eaux pures de leurs gaves et produisent d'excellents vins et des blés très appréciés, el trigo de los Valles. Les mules, les bêtes à cornes calchaqui ont une grande réputation en Argentine et au Chili, et les gens du pays en font commerce avec Copiapé par-dessus les plateaux andins.
La ville dite Rosario de la Frontera, sur un affluent du Juramento, est la station principale du chemin de fer entre Salta et Tucuman. Elle a des
nations des canaux | vallon rapproché.
rhumatisants. On
rapides, ne porte nd coude, près de ime son chef-lieu, un gave voisin du ermejo. De riches À
it les campagnes,
pical; mais immé-
plantations de cannes à sucre et de tabac et produit une espèce de fromage,
oissent les plantes le tafi, connu dans toute l'Argentine. Dans la saison d’été les malades
âturages s'élèvent
re peu nombreux accourent à Rosario, attirés par des sources minérales que l’on dit très
ne et fabriquer le
efficaces : leur température dépasse 75 degrés centigrades. Les eaux thermales, sulfureuses et autres, abondent dans la contrée, mais les habitants
es usines, on les
ne les utilisent encore que partiellement. D'après Brackebusch", la chaleur des sources n’est point due à la volcanicité du sol, mais à l’action des
F le transport de le de 3000 kilola ligne ferrée de
pyrites de fer contenues en grande quantité dans les calcaires schisteux des
Le bourg de Riva- | montagnes environnantes et dégageant une très forte chaleur au contact
de l'eau; en outre, ces formations sont imprégnées de pétrole qui se distille dans les profondeurs et dont les gaz inflammables peuvent expliquer les tremblements de terre et même les jaillissements de flammes qui ont
lacis des rivières
Boliviens auxquels
re, — trop vastes
eu lieu.
une importance dique carrossable
Tucuman, la métropole du Nord, qui garde sous une forme légèrement modifiée l'ancien nom de Tuema donné à la province sous le régime des Incas, à cependant une origine espagnole; elle date de 1585, époque à laquelle les habitants d'une ville fondée à 50 kilomètres plus bas sur le Sali vinrent choisir un emplacement moins exposé aux inondations. Fort bien
1, s'étale dans la breux tayareles :
50 ou 40 mètres
es plantes de là
bpéen. De mème ! Boletin del Instituto Geogräfico Argentino, 1881
710 NOUVELLE GÉOGRAPIE UNIVERSELLE,
située, à 450 mètres d'altitude, dans une campagne fertile et richement cultivée qui descend en pente douce vers le Sali et se relève à l'ouest vers les pies superbes de lAconquija, Tucuman est une des cités historiques
de l'Argentine : Belgrano y battit les Espagnols, et le Congrès national y
proelama, en 1816, l'indépendance de la contrée ; on montre encore la salle du serment. Depuis, la ville eut aussi fréquemment son rôle dans les guerres civiles qui désolèrent le pays. Néanmoins elle à prospéré, et par sa population oceupe le quatrième rang dans la République; une immi-