MENDOZA
at été secouée et renversée par le bouillonnement intérieur des hves. Brackebusch explique l'événement par la combustion des couches hitumineuses que recouvre le sol et par l'explosion des gaz. En reconstruiant la ville, les habitants prirent pour rue centrale l'Alameda, avenue de peupliers et d’ormes qui altirait la foule des promeneurs pendant ks belles soirées d'été. Gaiement peintes de couleurs vives, les maisons muvelles, élevées en adobes où « toubes », qui vibrent élastiquement us le choc, s'alignent le long des arbres rangés au bord d'un canal see fontaines et cascatelles. Située sur la grand'route de Buenos Aires à Yalparaiso, Mendoza est le principal lieu d'étape entre les deux républiques. Comme centre agricole, elle a aussi une importance de premier wdre, et une école d'agriculture y à été fondée à bon droit. Les campames environnantes, les mieux arrosées de l’Argentine, possèdent d'admibles invernadas, prairies artificielles d'embouche dont les luzernes D dexportent au Chili. La ville expédie sur l’autre versant des Andes des cuirs, des laines et du bétail sur pied. En 1887, 48000 hôtes à cornes, xpédiées de Mendoza, traversèrent le col de la Cumbre. Les viticulteurs de la contrée envoient leurs vins à Buenos Aires.
A l'ouest de Mendoza, la route et le chemin de fer, partis d’une altitude de 805 mètres, se dirigent au sud-ouest pour s'engager dans une brèche des avant-monts et gagnent les hauteurs en remontant la vallée du rio de Mendoza. On contourne le massif de los Paramillos, où se trouve, dominant la ville, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest, le bourg de Challao, lieu de villégiature et de bains; puis on pénètre dans la haute vallée d'Uspallata, bien disposée en apparence pour la fondation d'une dté. Mais l'altitude, déjà élevée, — 1900 mètres environ, — effraye les immigrants, et le poste d'Uspallata n'a d'importance que pour la douane, comme bureau d'exportation; les établissements miniers pour l'exploitalion du cuivre et autres métaux n'ont pas donné lieu à des travaux suivis. Au dernier sièele, les mines du Paramillo, dont les galeries s'ouvrent à des hauteurs diverses, de 2700 à 5184 mètres, étaient exploitées très activement : les captifs araucans, qu'on y envoyait mourir par milliers, y avaient fait d'énormes travaux d'exeavation', Le vent dit paramillero souffle sur ces hautes terres, avec une terrible violence. :
La voie ferrée dépasse Uspallata de 25 kilomètres et s'arrête provisoirement (1893) à 2000 mètres, en aval de Punta Vaeas, où cemmencent ks escarpements difficiles. Des casuchas, ou cases de refuge contre les
1 G. Avé-Lallemant, El Paramillo de Uspallata.
lourmentes et les avalanches, se succèdent de distance en distance sur la pente de la Gumbre : Fune d'elles se blottit au pied de Ta roche, non loin du « pont de linea », arche naturelle de conglomérat cimenté pr les dépôts calcaires de sources thermales (56* centigrades) qui bouillon: nent au fond d'une grotte et tombent en cascades dans le ruisseau de las Cuevas. La superbe arcade du pont, dont un -pied-droit laisse échapper l'eau jaillissante, se développe au-dessus du ravin à 20 mètres de hauteur, et de la voûte, d'une portée de 50 mètres, pendent de longues stalactites, Quoique li station n'ait pas encore d'établissement, quelques malades, surtout des Chiliens, viennent en été se baigner aux sources de Fnea, que l'on dit efficaces dans les cas de rhumatismes et de maladies du sang, Au sud de Mendoza, la route qui longe à distance la base des avantmonts, traverse San Vicente, que lon peut considérer comme un faubourg de la capitale, puis franchit la rivière du Lujan, que borde ville, riche aussi en eaux thermales fréquentées. Quelques plantations d'oliviers et de vignobles contrastent avec les prairies environnantes, À une centaine de kilomètres au sud, dans une vallée longitudinale que domine à l'ouest la pré-cordillère et que la Sierra de Tunuyan sépare à l'est des plaines basses, se montre San Cârlos, Quoique fort bien située, cette ville, principal lieu d'étape entre Mendoza et San Rafael, S'aceroit lentement. En 1868, les Indiens de la montagne, contournant le poste de San Rafael, tombèrent à limproviste sur San Carles, en massacrèrent li garnison, enlevèrent les femmes, pillèrent les maisons, puis disparurent, La ville ne s'est pas relevée de ce coup, et les colons, presque tous Chiliens, “ivent en des maisons éparses au milieu des champs et des prairies! Quant au bourg de San Rafael, placé à l'issue de la montagne, près des rives du rio Diamante, il sera probablement, dans un avenir peu éloigné, lune des principales cités de l'Argentine, grâce à la fécondité de ses cum pagnes, à ses rivières, aux passages relativement faeiles qui le font communiquer avec le Chili, La plupart de ses fondateurs étaient des fagitils d'autres provinces, bannis où criminels, que lon connaissait sous le nom à demi indien de quatyqueros où « chasseurs d'autruclres », et qui servirenl
de guides aux expéditions militaires entreprises dans les Andes?, En IN72,
Nan Rafael était assiégé, pour ainsi dire, par les fndiens. Les soldats
de la garnison n'osuient pas S'éloigner du fortin et gardaient leurs bes-
aux en deux enelos bien surveillés, Maintenant les prairies artificielles
1 Cârlos À, Villanneva, Bolelin del Instituto Geogräfico Argentino, tomo V, 1884. 2 Francisco tlost, Bolelin del Instituto Geogräfico Argentino, tomo 1H, 1881
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ries artificielles
USPALLATA, SAN RAFAEL. To
“tendent loin de La ville et les convois de mulets, chargés de four-
age pour les marchés du Chili, traversent les Andes aux cols Plan-
chon et Cruz de Piedra, La culture de la vigne à déjà commencé près de sn Rafael.
A l'ouest, les avant-monts argentins renferment des couches de charbon
qui appartiennent certainement à la formation carbonifère, et non pas au
sstème triasique, comme les divers combustibles trouvés dans les districts
de San Juan et de Mendoza : seul de l'Argentine, le petit bassin du Reta-
PONT DE L'INC\.
Dessin de Gotorbe, d'aprés une photographie
mio, dans le Nan Juan, oceupe un étagement analogue, Un chasseur de
huanacos, parcourant les Andes, vers les sourees du Diamante, trouva
quelques morceaux de charbon qu'il remit à un spéculateur de Mendoza,
Une compagnie financière se forma aussitôt, et Pon fit appel aux géologues
et aux chimistes de Buenos Aires pour connaitre la valeur de cette trou-
ville, Le combustible de San Rafael, vraie houille brûlant avec une
lamme pure, égale les charbons anglais de qualité moyenne, Les couches
explorées déjà sont nombreuses et Fune d'elles, dans la mine « Eloisa »,
na pas moins de quatre mètres d'épaisseur, Tout semble indiquer que les
gisements se poursuivent plus au sud jusque dans le territoire de Neuquen,
au-dessous des assises jurassiques. La même région contient des pétroles, des albâtres et des calcaires exploitables; en outre, les cendres du charbon fossile de San Rafael renferment une forte proportion de vanadium, dont les sels sont les meilleurs mordants pour la teinture d'aniline! Mais les belles couches houillères se trouvent à une grande altitude, de 2500 à 5200 mètres, et pendant l'hiver des lits de neige recouvrent les strates supérieures". Il serait done bien difficile d'exploiter ces charbons avee profit et on les garde en réserve, en attendant que le rio Diamante soit rendu navigable et que des chemins de fer aient escaladé ces mon-
lagnes”.
La province de San Luis, séparée de celle de Mendoza par le cours du Desaguadero et du Salado, occupe une partie du massif central et s'étend au loin dans les déserts du sud. C'est une des régions les moins peuplées de l’Argentine, quoique riche en gisements miniers et très fertile dans tous ses terrains irrigables, La province à l'avantage de se trouver, entre Cérdoba et Mendoza, sur le parcours de la voie maîtresse de l'Atlantique au Pacifique; mais, de tous les Argentins, ceux de San Luis ont eu le plus à souffrir de la guerre. Depuis la fin du seizième siècle jusqu'au milieu du dix-neuvième, pendant plus de 250 années, la ville fut le poste avancé des Espagnols contre les Pampéens, et avec de pareils ennemis la lutte, toute d'embûches et de surprises, était incessante : plus d’une Lois les
1 Juan Kyle, Revista del Museo de La Plata, 1895. 2 Rodolfo Hauthal, méme recueil, 5 Villes et bourgs historiques des provinces nord-occidentales de l'Argentine, avec leur population approximative, d'après Latzina :
Juur. Atamisqui … . . . . , . . . 1200 lab, AIN CS er EE ren AUS en 5 000 6 Caramanca.
Dedesma,: : : 4 à , …., , à 4 500 Catamarcn, , , . . . . . . 7 000 hab. Humahuaca, . . . . . . .. 600 Fuerte de Andalgalà . . . . . 3 000 SALTA, RO RE re 9 000 Salta . . . . . . . . . . . 18000 + | Tinogasta,, , , . . . . . . 2 000 (UT OMR er recu 2 500 La Kio.
Rivadavia.. . . . . . . . . 2 000 DARIDR mn ere 6 000 Tucumax. Chilecito, . . TO 4 000 Tucuman,,. . . . . . . . . 25000 hab. Sax Juax. MONLENOSs- 4 Le ut 4000 » San Juan,. . . . . . . . . 12000 SANTIAGO DEL EstEno. ODA TN rene à 1 600 Santiago. . . . . . . . . . 10000 hab, Mexvoza. HOPOLONEES nent 1500 » Mendoza. . . ,. . . . . . . 18000 hab. SaaViNA Ge 5 en eut 1500 » San Rafael. . . . . . . . . 3000 »
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