SAN-LUIS, VILLA MERCEDES
avaliers indiens dépassèrent même San Luis dans leurs incursions sur le krritoire colonisé; ils y pénétrèrent en conquérants ou en alliés de l’un
ou l'autre des partis aux prises dans les guerres civiles. Parmi les Hispano-
Américains, nulle population ne s'est jetée avec plus de passion dans les
«nflits militaires et les révolutions locales, et dans ces batailles la jeu-
nesse à été plus que décimée. Aussi la proportion des femmes l'emporte
de beaucoup sur celle des hommes. Normalement, la proportion devrait
ire renversée, puisque la province reçoit des colons étrangers, parmi
lesquels le sexe masculin se trouve toujours en majorité.
Fondée en 1997 par Martin de Loyola, un neveu du célèbre Ignace, San
Luis fut longtemps connue sous le nom de Punta de los Venados ou
«Pointe des Chevreuils », d’après le promontoire sur lequel se dressèrent
ls premières constructions; de là cette appellation de Puntanos que l'on
donne aux habitants. La ville est située à 762 mètres d'altitude sur les
pentes de la Punta, dont la cime se dresse à 7 kilomètres de distance :
de ce belvédère, on jouit sur les plaines et sur les montagnes d'une vue
dreulaire très étendue, limitée à l'ouest, au delà des campagnes de Men-
deza, par les montagnes neigeuses que domine le Tupungato; l'Aconcagua
reste caché par un autre géant des Cordillères, le cerro de Plata’, Le ruis-
seau du Chorillo alimente en amont un vaste réservoir contenant 12 mil-
lions de mètres cubes, qui répartit ses eaux dans les vergers et les vignes
, ; ; des alentours. Les lavages d’or que l’on exploite au nord, dans les ravins
les plus élevés de la montagne, près du pie de Tomolasta, ne donnent plus qu'une faible quantité de métal.
Villa Mercedes, fondée en 1856, sous le nom de Fuerte Constitucional,
{pris une importance imprévue, grâce à sa position dans une plaine fer-
lle qu'arrose le rio Quinto, à l'endroit où le chemin de fer interocéamique
contourne au sud la sierra de Cérdoba. Étape centrale entre le Paranä et
les Andes, Villa Mercedes est heureusement placée comme futur point de
convergence pour les voies ferrées majeures de Côrdoba, de Rosario, de
Buenos Aires, de Bahia Blanca, de San Rafael, de Mendoza. Bâtie sur un
krriloire récemment conquis sur les Indiens de la pampa, entourée de
luernières, la ville grandit aux dépens des bourgs situés plus au nord,
«ur l’ancienne « route du Chili », Achiras et San José del Morro.
Rio Cuarto, autre station très active du réseau argentin, est située,
comme son nom l'indique, sur la « quatrième » des rivières qui descendent
du versant oriental des monts cordovais; elle appartient à la province de
1 Hermann Burmeister, Reise durch la Plata.
728 NOUVELLE GÉOGRAPITE UNIVERSELLE,
Cérdoba, De mème que San Luis, elle défendait contre les Pampéens l'extrême frontière de l'Argentine colonisée; maintes fois elle fut assiégée : les femmes et les enfants s'enfermaient dans l'église fortitiée, tandis que les hommes combattaient dans les rues, La paix, qui à permis de creuser des canaux d'irrigation, à fait de Rio Cuarto la deuxième cité de la province. Les villes jumelles de Villa Maria et Villa Nueva, la pre
mière sur la rive gauche, la seconde sur la rive droite du rio Tercero, que
traverse un pont de fer, constituent un autre centre de commerce pour les colonies agricoles. La principale, dite Frayle Muerto, fondée par des Anglais en 1868, ne réussit pas, et les premiers colons se dispersèrent, Depuis, des cullivateurs d'autres nationalités y sont venus en grand nombre, et la contrée qui entoure Bell-ville, nom actuel de Frayle Muerto, est devenue une riche campagne où les prairies de luzerne alternent avec les champs de blé.
Cordoba, la capitale de la province et la deuxième cité de la République à l’ouest du Paranä, est une des villes anciennes de l'Amérique méridionale. Cabrera la fonda en 1573, sept années avant que ne s'élevàt Buenos Aires. Située sur la rive droite du rio Primero, à 400 mètres d'altitude moyenne, elle occupe le fond d'une vallée d'érosion entre de hautes berges latérales : à l'ouest, on aperçoit la brèche d'où s'échappent les eaux, entre deux escarpements. Siège de la domination des Jésuites pendant deux siècles, Cérdoba avait encore à une époque récente la physionomie morose d'une ville ecclésiastique ; mais depuis 1870 elle se rattache au réseau des chemins de fer, et, redevenue centre de commerce et d'industrie, rivalise d'influence avec Buenos Aires pour le progrès scientifique. L'université, qui s'était reconstituée après l'expulsion des Jésuites en 1767, et qui, dépourvue de livres, d'instruments, de collections, de professeurs, n'enseignait plus guère que le latin rituel et la philosophie scolastique, se renouvela en 1870, grâce à l'introduction d'études sérieuses et à l'arrivée de vrais savants, naturalistes allemands pour la plupart. Un observatoire astronomique, fondé à la mème époque, occupe un rang honorable parmi les établissements analogues, et, par la publication d'une uranométrie de l'hémisphère méridional, à déjà donné une œuvre capitale. Cordoba possède aussi un institut météorologique et diverses autres institutions utiles; elle est en outre le siège d’une académie des sciences. La carte dite de Scelstrang se prépare au bureau géographique de Gérdoba.
La ville était autrefois très exposée au ravage des torrents débordés. Un ruisseau latéral du Primero, issu d’un ravin presque toujours à sec, descendait parfois en avalanche de boue; un murallon, construit en 1671,
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