‹ Nouvelle géographie universelle [microforme]Chapitre 354 sur 401 · C.Perron · texte numérisé non relu

C.Perron

gation des campagnes. En amont de la digue, qui n’a pas moins de

2%) mètres et demi de largeur à la base, sur plus de 5 mètres au

sommet et 115 mètres de longueur, la masse liquide retenue aurait pu

former un lac navigable de 35 mètres en profondeur sur un espace de

159 kilomètres carrés, et sa contenance aurait été de 260 millions de

mètres cubes. C'était le plus grand lac artificiel qu'il y eût au monde. Mais, comme en tant d’autres endroits, les entrepreneurs avaient fait des

NIX

730 NOUVELLE GÉOGRAPINE UNIVERSELLE,

économies sur la qualité du ciment de ces murs babyloniens, et des fissures menaçantes se produisirent : il fallut limiter le niveau lacustre à 20 mètres, ce qui correspond à une quantité de 6 millions de mètres eubes, suffisant à l'irrigation d'au moins #1000 hectares ; en 1890, une seule pluie de six heures versa les trois quarts de cette masse liquide; par suite de la rupture d'un canal, la eité fut submergée et plusieurs centaines de maisons détruites; la plupart des habitants avaient pu s'enfuir avant le désastre.

Aux alentours, on visite le village de Pueblito, habité par des Indiens aujourd'hui métissés qui depuis la fondation sont toujours restés sous la dépendance immédiate de Cérdoba. Plus haut, dans l'intérieur de là monlagne, se trouve un autre village, Cosquin, fréquenté pendant là belle saison par des valétudinaires, phtisiques et autres : c'est'un lieu de villégiature et de traitement. D'autres bourgades sont également réputées comme sanatoires. Un chemin de fer qui, au sortir de Cérdoba, remonte par San Roque et Cosquin jusqu'aux sources du rio Primero, puis redescend à l'ouest vers les salines de la Rioja, traverse une région minière jadis importante, mais n'ayant plus qu'une valeur très amoindrie ; l'hôtel des monnaies de Côrdoba, où se frappaient les monnaies d’or avec le métal des montagnes voisines, est depuis longtemps fermé. Mème dans ce district minier, la principale agglomération urbaine, formée par San Pedro et Dolores, villes jumelles que sépare un ruisseau, dans le large détroit ouvert entre les deux massifs de Cérdoba et de San Luis, ne doit sa prospérité qu'à la culture des campagnes environnantes”,

La province de Buenos Aires, dans laquelle se trouve la capitale, ne représente pas même la dixième partie du territoire de la République: mais sa situation privilégiée lui donne une part de beaucoup supérieure

en population et en richesse. Pour l'excellence des terres et même pour la bonté du climat,' elle ne peut rivaliser avec d’autres provinces; mais elle possède l’avantage par excellence, celui d’un facile accès au

1 Ludwig Brackebusch, Petermann's Mitteilungen, 1893, Heft VII.

* Villes principales des provinces de San Luis et de Cérdoba, avec leur population approximative, d'après Latzina :

Sax Luis, * Rio Cuarto, , ". , , ,°, , , 12000 lab.

Villa Mercedes. . . . . . . : 7000 hab. | Bell-ville (Frayle Muerto), . . 5000 » San Luis, . . . . . . . . . 6000 » Villa Nueva et Villa Maria, . . 4000 » 4 Coupon, San Pedro et Dolores. . 4 . 3300 »

Côrdoba (municipe) en 1887.. 66247 hab.

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