PALERMO, BELGRANO, LA PLATA
deux chaloupes de sondeurs « comme des chiens de chasse courant devant leur maître"? » Les importations ne servent pas uniquement à la consommation de la cité et de l'arrière-pays : elles alimentent aussi une industrie considérable, fonderies, minoteries, distilleries, tanneries et autres, qu'a fait surgir un tarif de « protection », aux dépens des consommateurs, L'exportation comprend surtout les lainés, les viandes, le froment, le maïs.
Peu de villes sont mieux pourvues de théâtres, de salles de plaisir, de mails, de jeux de paume que le chef-lieu de l'Argentine; mais, sans compter quelques petits jardins, plusieurs promenades plantées d'arbres, elle n'a qu'un seul pare, Palermo, situé au bord de la mer, près des quartiers élégants, sur la route des villettes qui, même en dehors du municipe, appartiennent réellement à la banlieue buenos-airienne : Belgrano, San Iidro, San Fernando, las Conehas. Ce magnifique jardin publie, que décore une avenue de palmiers, possède de belles collections de plantes et d’animaux. C'est l’un des rares lieux d'étude existant à Buenos Aires, avec l'Université : celle-ci occupe l'emplacement de l'ancien collège des Jésuites. là se trouvent la Bibliothèque nationale, comprenant 60000 volumes, et le musée que fonda Rivadavia, en 1823, et que dirigea longtemps le naturaliste Hermann Burmeister : naguère les richesses n'étaient qu'enlassées dans un local trop exigu. On y remarque une très précieuse collecion paléontologique, et, entre autres objets remarquables, un météorite tombé en 1880 dans l’Entre-Rios et renfermant des matières charbon-
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neuses ,
La Plata, chef-lieu de la province de Buenos Aires, n'est pas une cité due à l'initiative individuelle. La loi ayant fédéralisé le municipe de Buenos Aires, le siège de l'administration provinciale devait être reporté en dehors de ses limites. On eût pu faire choix d’une agglomération déjà existante, mais on préféra créer en pleine zone de pâture une ville dotée dès son premier jour des avantages de confort, de luxe et d'hygiène indiqués par les hommes de l’art. La décision fut heureuse, car la région est salubre et près de là s'ouvre la « baie » ou ensenada de Barragan, la meilleure de tout le littoral. Les Espagnols avaient utilisé ce mouillage pendant deux siècles, et à diverses reprises on y fit des travaux d'aménagement
! Muratori, Paraguai.
? Henry A. Ward, Revista del Museo de La Plata, 1890-M,.
pour faciliter l'atterrissage des navires, Des voyageurs ont souvent di que La Plata avait surgi de terre comme une cité nord-américaine, en ajoutant qu'aux États-Unis les villes ne naissent pasen vertu de lois où de décrets, C'est une erreur : Washington, Indianapolis, naquirent, comme La Plata, par ordre du Congrès où d'une législature d'État ; quant aux cités industrielles, Pullman, Middlesborough, Birmingham, que fonda tel ou tel capitaliste, glles ne sont pas davantage le produit d'un groupes ment spontané des hommes, Le municipe dont La Plata occupe le centre, et qui comprend une étendue de 150 kilomètres carrés, possédait déjà deux bourgs : Tolosa, centre d'ateliers pour les chemins de fer, et Ensenada, sur le port de Barragan: ensemble la population du municipe atteignait près de 8000 habitants.
La croissance de La Plata fut très rapide, On en posa la première pierre en 882, et, dix-huit mois après, les principales administrations provinciales s'installaient en des palais resplendissants de boiseries, marbres et dorures., Les recensements, se succédant d'année en année, indiquaient un accroissement extraordinaire, quelquefois plus d'un millier d'habitants par mois, Puis vint la période de réaction; après l'achèvement des constructions officielles, quand les escouades d'ouvriers, les entrepreneurs et fournisseurs eurent à quitter les chantiers, et qu'une crise financière vint coïncider avec la cessation des travaux, on constala que l'état économique de l'Argentine ne comportait pas la coexistence de deux grandes cités à 50 kilomètres l'une de l’autre. Les fonctionnaires, tenus à la résidence auprès de leurs ministères respectifs, regrettèrent la capitale voisine, où le Lravail eût été plus facile et surtout plus agréable. Buenos Aires avec ses théâtres, ses lieux de plaisir, sa vie politique et sociale, exerce une forte attraction sur les habitants de la jeune cité, sans racines dans le sol, sans attaches dans le passé. On préfère l'imprévu, l'animation commerciale, la variété relative de Buenos Aires au carré géométrique de La Plata, à ses rues uniformes de 18 mètres, à ses avenues de 350 mètres, à ses allées diagonales, à son boulevard d'enceinte, à ses places quadrangulaires se suivant à intervalles égaux, à cette immense épure reportée de la planche de l'ingénieur sur le terrain. Néanmoins, des industries locales ne manqueront pas de naître, et la facilité croissante des communications finira par faire de Buenos Aires et de La Plata une seule et même cité comme un orbe elliptique à deux foyers.
La Plata a pris une certaine importance par ses écoles. Les principaux monuments consacrés à la science et à l’enseignement s'élèvent au milieu des ombrages du pare ou dans les alentours : la Faculté d'agronomie et
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