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andalouses. Livrée aux architectes, Buenos Aires prend l'aspect composite et banal de la plupart des autres capitales. Les banques cherchent à e distinguer par le luxe des marbres et des métaux. Sauf la brique et le sable, le sol de Buenos Aires ne fournit aucun des matériaux qui servent à
sa construction et à son embellissement. Le granit, les schistes micacés viennent de l'île Martin Garcia ; les marbres sont de provenance italienne; les dalles des trottoirs et des cours sont apportées par les navires anglais:
la chaux a été préparée sur les bords des fleuves Uruguay et Paranä; les bois ordinaires ont été coupés en Norvège, au Canada; le Brésil et le Paraguay expédient les bois précieux d'ébénisterie; la France envoie les meubles, les bronzes, les cristaux.
Les principaux monuments se groupent non loin du rivage, à l'endroit même où Juan de Garay éleva les premières constructions. Le palais du gouvernement, la Casa Rosada, séparé de la douane par une promenade et un chemin de fer, est l'ancien fort des vice-rois, souvent restauré, puis entièrement reconstruit depuis la fin du seizième sièele. À côté, sur le pourtour de la place Mayo ou Victoria, se profilent les principaux édifices, palais du Congrès, hôtel de ville, Bourse, théâtre Colon et la cathédrale, précédée d’un grandiose péristyle à colonnes corinthiennes. Pendant le jour, la vie urbaine converge par ses lignes de véhicules vers ce point central. Là commence le large boulevard de Mayo, non encore terminé, qui doit se croiser au centre de la ville avec le boulevard Callao et tracer une grande croix à travers tout Buenos Aires, C’est aussi dans le voisinage immédiat de la place Mayo que se trouve la station où viennent aboutir la plupart des trains du réseau platéen; la rue, d'ailleurs aussi étroite que les autres, où se porte la foule des promeneurs et des oisifs, errant de magasin en magasin et de café en café, commence loul près de la place pour se diriger au nord vers la plaza San Martin : ce rendez-vous du « tout Buenos Aires », qui rappelle la rua do Ouvidor à Rio, est la calle Florida.
Toutes les nationalités ont leurs représentants à Buenos Aires, le grand creuset où se triture et se forme la nation argentine. Dans cette Babel de races et de langues, les natifs sont loin d’avoir la majorité, et, même eu
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BUENOS AIRES. 70ù 1892, ils ne constituaient pas la cinquième partie de la population : les laliens étaient deux fois plus nombreux; en certains quartiers on n'entend parler, pour ainsi dire, que le génois ou le napolitain', Ce sont des étrangers qui se pressent dans les conventillos ou maisons renfermant un grand nombre de petites chambres pauvrement meublées, manquant d'espace et de lumière. D'ailleurs la ville, même dans ses quartiers les mieux construits, n'est pas salubre. La natalité y dépasse celle des grandes cités d'Europe, mais sa mortalité prend aussi un des premiers rangs parmi les fortes agglomérations urbaines*,
Le système des égouts n'avait pas encore été commmencé lors des deux urandes épidémies de 1867 et de 1871, — choléra et fièvre jaune, — qui firent la première 15 000, la deuxième 26 000 victimes. Des spéculalions diverses ont arrêté l'achèvement de l'œuvre, qui a déjà coûté plus de 150 millions de franes à la cité; plus des quatre cinquièmes des ‘analisation souterraine,
maisons ne sont pas encore rattachées à la
dont le grand égout collecteur, long de 26 kilomètres, se déverse
dans l'estuaire à l'est de la cité, près du bourg de Quilmes. Quant i
l'eau pure, des machines la prennent de l'autre côté de Buenos Aires, à 1600 mètres de la côte de Belgrano, dans un parage de l'estuaire où l'eau est tout à fait douce, mais chargée de sédiments, Un tunnel de 6 kilomètres environ porte cette eau aux bassins de la Recoleta, situés immédiatement au nord de la ville: mais l'apport journalier, — 679000 hectolitres, —- ne suffit pas, puisque 10 000 maisons sur 40 000 sont encore dépourvues d'eau en 1895. Outre son aqueduc souterrain”, dérivé directement de l'estuaire, Buenos Aires possède des puits qu'alimentent des nappes profondes. Vers 1860, on fit les premiers forages artésiens, et l’on poussa mème jusqu'à la profondeur de 280 mètres ; mais l’eau fortement salée que fit surgir la sonde ne peut servir aux usages domestiques*. Depuis cette époque on se borne à rechercher la nappe 29 mètres
d'eau en communication avec le Paranä, qui se trouve de 95 à
! Population de Buenos Aires, par nationalités, en 1892 :
liens er Re ee TOOL ETAMIS Ste 23 000
\rgentins. . , . . . . 99 500 | Anglais . + . . . . . , , . , , 9 100
Espagnols... , . . . . , . . 68500 | Allemands. . . . . . , . . . . 7 500 Divers ou sans nationalité inscrite. . . + . . . 102 700
3 État civil de Buenos Aires, 1891 :
NAN Pa homer es A MOI ne led digue
25 591, soit 46,5 pour 4000.
3 Débit journalier de l'aquedue en 1895 : 62000 mètres cubes, * Emilio Godoy, Boletin del nstitulo Geogréfico Argentino, tomo Y, 1884.
75 NOUVELLE GÉOGRAPITE UNIVERSELLE.
de profondeur moyenne et se mêle aux sables fluides sur une épaisseur de 25 mètres, En 1884, il existait déjà 190 de ces puits d'eau semi jaillissante, dont les plus abondants fournissaient 40 mètres eubes d'eau
par heure et qui ne se nuisaient nullement les uns aux autres : la nappe parait inépuisable!
Ville de commerce où passent les trois quarts du trafie de la République, Buenos Aires a dù chercher à se donner un port, On à d'abord repris l'embouchure du Riachuelo dans laquelle Mendoza avait mouillé ses navires, et l'on à dragué le chenal d'entrée, en le protégeant par des digues latérales. Une profondeur d'eau suffisante pour des navires d'une calaison de à mètres à été ainsi obtenue, et l'approfondissement projeté atteindra 6 mètres 40, Une autre œuvre plus considérable, commencée en ASS7, consiste à creuser devant tout le front de ln cité quatre bassins de 7 mètres, défendus par un brise-lames en granit et pourvus de hangars, de grues, de voies ferrées, Cet ensemble de travaux, qui a déjà coûté près de 200 millions, fera de Buenos Aires un port incomparablement supérieur à celui de Montevideo, pourtant beaucoup plus favorisé par a nature’, Au lieu de mouiller en plein estuaire, à 26 kilomètres de la ville, amarrés à des bouées, la plupart des gros navires entrent maintenant dans les trois bassins de Buenos Aires déjà terminés (1895) ou dans le port du Riachuelo, dit de la Boca ou « Embouchure », le « Gênes » de la Plata, à en juger par l'origine et le dialecte de la plupart des marins. Au sièele dernier, le ehenal n'ayant pas encore été balisé, les navires ne voguaient que de jour, précédés par
Maisons de Buenos Aires en mars 1892, » » reliées à l'égout. . . , * Mouvement de la navigation dans les ports et la rade de Buenos Aires en 1892 : Entrées , . , 3471 navires, jaugeant 2206950 tonnes. Sorties. , . , 2694 » Ù 1745400 »
Ensemble . 6165 navires, jaugeant 3952350 tonnes. Valeur des échanges en 1890 :
Importations, . . . . . . . . 258 000 000 francs. Exportations, . . . . . . . . . 222 000000 » Ensemble, . . . . . . . ., 480 000 000 francs. Exportation de Buenos Aires en 1892 : 389 175 000 francs. Lainess » . … , + à 327 289 balles.
Froment et maïs. . . . . 6411 000 sacs, Carcasses de moutons. , . 958 875
5 M. G. and E. T. Mulhall, Handbook of the river Plate.
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