GUYANE CONTESTÉE FRANCO-BRÉSILIENNE
UTE l'embouchure de l'Oyapok et celle du Mapa'; cependant une navigation me assez aclive se fait par goélettes, dites « lapouyes », du nom des ont Indiens. Ces embarcations, de 5 à 45 tonneaux, sont mème de construcca tion indigène : à cet égard les Guyanais indépendants sont plus indusde trieux que les habitants de la Guyane française. Leurs petits havres les N° 90. — MAPA ET BAIE DE CARAPAPORIS.
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Ds fluviaux, fermés de barres, ne livrent accès qu'à des navires d'un faible », lonnage, mais la nature leur à donné le meilleur mouillage de la côte is entre l'Orénoque et l'Amazone : le bassin profond du Carapaporis qui it s'ouvre à l’est de l’île Maraca et qui fut probablement à une époque peu à éloignée la bouche de l’Araguari. Ce lieu de refuge, ouvert dans les mers u dangereuses où gronde la pororoca, peut devenir l’une des rades les plus à © léquentées de l'Atlantique.
! Amapa dans les documents brésiliens.
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Les Counaniens n'exploitent point les alluvions aurifères des vallées, mais leurs grandes savanes leur permettent de posséder de vastes « ménageries » ou troupeaux de bétail; d’après Coudreau, on compterait 18 000 bœufs entre l'Oyapok et l’Araguari : l'élevage s'étend même en dehors du continent, dans l’île de Maraca, naguère complètement déserte, La pêche est très fructueuse : les lacs sont riches en pirarucüs, que l'on sèche pour les vendre sur les marchés de Cayenne et de Parä. Les pécheurs harponnent aussi les lamentins et les tortues, ils tuent les machoirans pour en extraire la colle de poisson, et les gens des bois recueillent le caoutchouc et autres gommes précieuses.
La population, d'origine brésilienne pour les deux tiers environ, parle généralement l'idiome portugais; toutefois le créole français de Cayenne, mélangé de termes indiens, est connu de tous. Des Portugais, des Martinicais et des créoles français constituent l’autre tiers avec les métis indiens qui naguère peuplaient seuls la contrée. Ceux-ci sont connus sous le nom collectif de Tapuyos ou Tapouyes, mot qui dans la « langue géntale » ou tupi du Brésil a le sens d’ « étranger », d”’ « ennemi », et qui a fini par s'appliquer indistinctement à tous les Indiens sédentaires des bords de l’Amazone, même aux métis de toute race que trahit la couleur de la peau’. La pression politique se fait sentir surtout du côté du Brésil, le poste de Pedro IT servant de point d'appui à une prise de possession graduelle du territoire; même le district de l'Apurema, avec ses grandes savanes et ses ménageries qui s'étendent au nord de l’Araguari, autour du Lago Novo, est devenu une simple dépendance administrative de Macapä. Les Brésiliens se sont avancés plus loin vers le Mapa, où ils ont fondé la colonie de Ferreira Gomes. Au contraire, du côté de la Guyane française, les terres en partie noyées que traversent l'Ouassa et le Cachipour, sont parmi les plus désertes du territoire contesté. Cependant le commerce de Counani et de Mapa se porte beaucoup plus vers Cayenne que vers Parä : la cause en est à la plus grande proximité de ce marché et au moindre danger qu'offrent les abords. De l'autre côté s'ouvre le golfe dangereux de la « mer douce », avec ses îles, ses courants, ses raz de marée et ses mascarets.
Les trois villages du nord, Rocaoua, Couripi et Ouassa, dans le bassin du mème nom, ne sont que de pauvres groupes de paillottes, autour desquelles errent les Indiens Palicour et Aroua; Cachipour n'abrite sous ses ranchos qu'une dizaine de familles. Les deux bourgs proprement dits
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GUYANE CONTESTÉE FRANCO-BRÉSILIENNE. #9 se montrent plus au sud : Counani, qui donna son nom à la république indépendante et en fut la capitale; Mapa, près duquel les Français avaient bâti leur fortin en 1856, et qui est l'établissement le moins éloigné du mouillage de Carapaporis. Quelques maisons de bois et de briques élèvent